Introduction :
Arthur Rimbaud est un poète français du XIXe siècle, dont l’œuvre, bien que brève, a
profondément marqué la poésie moderne. Son style novateur, sa rupture avec les codes
traditionnels et sa vie hors du commun en font une figure mythique de la littérature.
Les Cahiers de Douai est un ensemble de vingt-deux poèmes écrits par Arthur Rimbaud alors
adolescent. Aux poèmes amoureux se mêlent des poèmes à visée politique et satirique. On y
trouve un mélange entre tradition poétique et modernisation du langage et des thèmes.
À la Musique est un poème satirique dans lequel Rimbaud se moque d’un concert bourgeois.
À travers une description ironique, il critique la société provinciale et son conformisme. Ce
texte révèle déjà l'esprit rebelle du jeune poète.
lecture expressive du texte.
Après la lecture de ce texte, nous pouvons nous demander comment Rimbaud transforme-t-
il une scène de vie provinciale en un spectacle de satire ?
Pour répondre à cette problématique, nous pouvons décomposer le texte en trois
mouvements :
Le premier, de la ligne 1 à 4, fait la description d’une scène provinciale.
Le deuxième de la ligne 5 à 24, dresse des portraits satiriques de la population provinciale.
Le troisième, de la ligne 25 à 36, donne l’autoportrait d’un marginal en émoi.
Mouvement 1 : Une scène provinciale ironisée
Dans ce premier mouvement, Rimbaud décrit une scène banale de la vie provinciale, mais
avec un regard critique et satirique.
1. Un ancrage spatio-temporel réaliste et autobiographique
o Compléments circonstanciels : « Place de la Gare, à Charleville », « jeudis
soirs » ancrent le poème dans une réalité précise, presque autobiographique.
o Indication temporelle : « les jeudis soirs » renforce l’aspect répétitif et
routinier de la scène décrite, accentuant son caractère figé.
2. Une nature domestiquée et artificielle
o « mesquines pelouses » : la nature est réduite à une forme ridicule, soumise à
l’ordre bourgeois ; l’adjectif péjoratif critique le manque de grandeur ou
d’authenticité.
o Antiphrase ironique : « Mesquines pelouses » : critique d’un espace trop
restreint, reflet d’une vie étriquée.
3. Une critique des bourgeois