Mathieu Kassovitz:La Haine
Une émeute éclate dans la cité des Muguets, à la suite d'une bavure
policière.
Au petit matin, trois copains se retrouvent.
Il y a là Vinz, un apôtre de la haine comme méthode de survie, très
fier d'avoir récupéré le pistolet perdu par un policier, Saïd, un petit
délinquant, et Hubert, un jeune boxeur impliqué dans l'action
associative pacifiste, désolé de voir la salle d'entraînement qu'il a
créée complètement ravagée par les émeutiers.
Pour récupérer 500 francs, le trio arrive à Paris, chez un
cocaïnomane. A leur sortie de l'immeuble, ils sont interpellés par des
inspecteurs de police.
Vinz parvient à prendre la fuite, pendant que ses amis subissent un
interrogatoire humiliant dans un commissariat.
Un peu plus tard, traînant sur un quai de gare, les trois banlieusards
rebroussent chemin et errent dans Paris...
Abdel Ichah, seize ans, est entre (between) la vie et la mort après avoir été passé
à tabac par un inspecteur de police lors d’un interrogatoire. Une émeute oppose
les jeunes d’une cité HLM aux forces de l’ordre. Pour trois d’entre eux, ces heures
vont marquer un tournant dans leur vie...
L’histoire se déroule (takes place) dans la cité des Muguets à Chanteloup-les-
Vignes (Yvelines), le lendemain d’une nuit d’émeutes consécutive à la tentative
d’assassinat du jeune Abdel.
, Vinz, Hubert et Saïd sont trois résidents de la cité qui vivent au quotidien la
misère du quartier et les bavures de la police. On suit heure par heure le récit de
leur journée.
Dès le départ, le spectateur apprende les points de vue des différents
protagonistes : le film commence par les extraits d’un journal télévisé présentant
les émeutiers (rioters) comme des « casseurs », puis on voit en gros plan le visage
aux yeux clos de Saïd, avant que n’apparaisse en face de lui le cortège de CRS
détaillé par un travelling.
Kassovitz décrit le monde vu par ces jeunes que l’on traite partout de racailles, et
qui cultivent en retour une rancœur (a resentment) ineffable vis-à-vis du reste de la
société. D’où le personnage de Vinz, jeune homme juif (Jewish) au tempérament
rebelle qui récupère le pistolet laissé par l’un des policiers. L’arme à feu devient
alors le point de bascule qui renverse la hiérarchie établie entre le quartier et la
police. Elle représente l’autorité, la violence légitime capable de contrôler le temps
et l’espace : ce n’est pas un hasard si les transitions horaires sont marquées par des
bruits de coup de feu, dans une structure sonore très travaillée. La satisfaction du
meurtre apparaît finalement comme une illusion, et Vinz n’arrive guère (barely
manages) à tirer qu’avec ses doigts nus (bare, naked). Jusqu’à ce qu’un autre que
lui ne se charge d’allumer l’étincelle.
Hubert est un personnage rassurant et profondément sympathique, qui
parvient de justesse à éviter que Vinz ne se serve de son arme en le
confrontant à l’impasse où le mène son projet. Mais cette idée d’élévation par
la vertu se révèle être elle aussi un fantasme, quand une nouvelle bavure est
commise sous ses yeux. C’est alors Hubert qui pointe le pistolet vers les
forces de l’ordre, menant à son terme le projet de Vinz.
Mathieu Kassovitz nous montre à travers ces trois
protagonistes un éventail complet du mélange culturel
Une émeute éclate dans la cité des Muguets, à la suite d'une bavure
policière.
Au petit matin, trois copains se retrouvent.
Il y a là Vinz, un apôtre de la haine comme méthode de survie, très
fier d'avoir récupéré le pistolet perdu par un policier, Saïd, un petit
délinquant, et Hubert, un jeune boxeur impliqué dans l'action
associative pacifiste, désolé de voir la salle d'entraînement qu'il a
créée complètement ravagée par les émeutiers.
Pour récupérer 500 francs, le trio arrive à Paris, chez un
cocaïnomane. A leur sortie de l'immeuble, ils sont interpellés par des
inspecteurs de police.
Vinz parvient à prendre la fuite, pendant que ses amis subissent un
interrogatoire humiliant dans un commissariat.
Un peu plus tard, traînant sur un quai de gare, les trois banlieusards
rebroussent chemin et errent dans Paris...
Abdel Ichah, seize ans, est entre (between) la vie et la mort après avoir été passé
à tabac par un inspecteur de police lors d’un interrogatoire. Une émeute oppose
les jeunes d’une cité HLM aux forces de l’ordre. Pour trois d’entre eux, ces heures
vont marquer un tournant dans leur vie...
L’histoire se déroule (takes place) dans la cité des Muguets à Chanteloup-les-
Vignes (Yvelines), le lendemain d’une nuit d’émeutes consécutive à la tentative
d’assassinat du jeune Abdel.
, Vinz, Hubert et Saïd sont trois résidents de la cité qui vivent au quotidien la
misère du quartier et les bavures de la police. On suit heure par heure le récit de
leur journée.
Dès le départ, le spectateur apprende les points de vue des différents
protagonistes : le film commence par les extraits d’un journal télévisé présentant
les émeutiers (rioters) comme des « casseurs », puis on voit en gros plan le visage
aux yeux clos de Saïd, avant que n’apparaisse en face de lui le cortège de CRS
détaillé par un travelling.
Kassovitz décrit le monde vu par ces jeunes que l’on traite partout de racailles, et
qui cultivent en retour une rancœur (a resentment) ineffable vis-à-vis du reste de la
société. D’où le personnage de Vinz, jeune homme juif (Jewish) au tempérament
rebelle qui récupère le pistolet laissé par l’un des policiers. L’arme à feu devient
alors le point de bascule qui renverse la hiérarchie établie entre le quartier et la
police. Elle représente l’autorité, la violence légitime capable de contrôler le temps
et l’espace : ce n’est pas un hasard si les transitions horaires sont marquées par des
bruits de coup de feu, dans une structure sonore très travaillée. La satisfaction du
meurtre apparaît finalement comme une illusion, et Vinz n’arrive guère (barely
manages) à tirer qu’avec ses doigts nus (bare, naked). Jusqu’à ce qu’un autre que
lui ne se charge d’allumer l’étincelle.
Hubert est un personnage rassurant et profondément sympathique, qui
parvient de justesse à éviter que Vinz ne se serve de son arme en le
confrontant à l’impasse où le mène son projet. Mais cette idée d’élévation par
la vertu se révèle être elle aussi un fantasme, quand une nouvelle bavure est
commise sous ses yeux. C’est alors Hubert qui pointe le pistolet vers les
forces de l’ordre, menant à son terme le projet de Vinz.
Mathieu Kassovitz nous montre à travers ces trois
protagonistes un éventail complet du mélange culturel