NIETZSCHE ET LA POLITIQUES
I) Préjugés démocratiques et plébéisme
1 - le règne du dernier homme
« la vache tachetée » : c’est le nom du peuple de la ville dans Ainsi parlait
Zarathoustra, multiplicité désordonnée, bigarrure sans unité dont ces hommes sont fiers,
qui se considèrent comme la pointe du progrès, les derniers des hommes. Ils ont :
« inventé le bonheur », cherche l’entente avec le prochain, un travail sans fatigue, un refus
des risques, de la pauvreté, des souffrances, des chefs, des avis autres.
→ le dernier homme est le démocrate moderne, celui qui pense avoir atteint la fin de
l’histoire, s’être débarrassé de la médiocrité passée
Plus encore, il sait ce qu’est « le bien et le mal », il est la morale même, en excluant
tout autre, il n’a qu’à s’écouter pour savoir où est le bien. Ainsi il peut être satisfait de lui-
même, dans un égoïsme et un contentement sans fin
→ « ils ne l’appellent pas représailles, mais « triomphes de la justice » ; ce qu’ils laissent,
ce n’est pas leur ennemi, non, ils laissent l’ « injustice », l’ « impiété » »
Le dernier homme, homme qui est le bien, est engagé dans une lutte sans fin avec
ce qui est le Mal, l’Injustice, mots creux qu’il combat sans fin. Ainsi, Nietzsche trouve cela
rigolo. Aurait-on pu imaginer que des hommes se sentent porteur du sens de l’univers en
étant heureux de ses petites ambitions, replié sur soi, fragile et menteur ?
Le dernier homme, pourtant, est plein de souffrance : il ne peut effacer toutes les
souffrances, il se plaint de la méchanceté des choses, d’un monde mal fait, de complicités
sournoises contre son bien-être → et voilà les tumultes d’acrimonie qui font le débat
intellectuel et politique constant. Le dernier homme, si satisfait de lui, est insatisfait de
tout : c’est pourquoi il détruit tout ce qui semble s’opposer à sa satisfaction.
Ainsi, il se dit : que la vie serait plus agréable si tout le monde était égal, si personne ne
différait de moi
→ voilà la tâche toujours renouvelée, le projet sans fin du dernier homme
Parce que le dernier homme est le bien, il pense « contre » le monde, il se doit de
le changer pour en éradiquer l’injustice, l’inégalité qu’il perçoit : toutes ses haines sont
justifiées, légitimées, la justification de la crise est toujours impérative
Tout comme Tocqueville, Nietzsche pense que l’émergence de l’égalité, l’extension
de l’égalité rendent toujours plus vives les marques d’inégalité. Les hommes ne
s’éprouvent jamais comme véritablement égaux
→ car, les hommes se supposent égaux seulement selon l’opinion des autres. Or,
comment maîtriser cette image ? C’est encore une autre façon de ne pas se singulariser.
Il faut éteindre toutes les inégalités : l’homme ne doit pas être viril etc.
→ doit régner la pitié, sentiment de communion entre êtres égaux, commisération qui fait
se rejoindre les êtres en une volonté commune qui promeut la disparition de soi → la
« honteuse efféminisation sentimentale moderne » . Les hommes sont devenus si
semblables, qu’ils n’ont plus rien d’effrayant, il n’a plus de valeur en se singularisant
Le dernier homme s’entoure d’un état omniprésent et bienveillant, la « nouvelle
idole », pour assurer la protection, mais en faisant semblant d’être le moins visible
possible
I) Préjugés démocratiques et plébéisme
1 - le règne du dernier homme
« la vache tachetée » : c’est le nom du peuple de la ville dans Ainsi parlait
Zarathoustra, multiplicité désordonnée, bigarrure sans unité dont ces hommes sont fiers,
qui se considèrent comme la pointe du progrès, les derniers des hommes. Ils ont :
« inventé le bonheur », cherche l’entente avec le prochain, un travail sans fatigue, un refus
des risques, de la pauvreté, des souffrances, des chefs, des avis autres.
→ le dernier homme est le démocrate moderne, celui qui pense avoir atteint la fin de
l’histoire, s’être débarrassé de la médiocrité passée
Plus encore, il sait ce qu’est « le bien et le mal », il est la morale même, en excluant
tout autre, il n’a qu’à s’écouter pour savoir où est le bien. Ainsi il peut être satisfait de lui-
même, dans un égoïsme et un contentement sans fin
→ « ils ne l’appellent pas représailles, mais « triomphes de la justice » ; ce qu’ils laissent,
ce n’est pas leur ennemi, non, ils laissent l’ « injustice », l’ « impiété » »
Le dernier homme, homme qui est le bien, est engagé dans une lutte sans fin avec
ce qui est le Mal, l’Injustice, mots creux qu’il combat sans fin. Ainsi, Nietzsche trouve cela
rigolo. Aurait-on pu imaginer que des hommes se sentent porteur du sens de l’univers en
étant heureux de ses petites ambitions, replié sur soi, fragile et menteur ?
Le dernier homme, pourtant, est plein de souffrance : il ne peut effacer toutes les
souffrances, il se plaint de la méchanceté des choses, d’un monde mal fait, de complicités
sournoises contre son bien-être → et voilà les tumultes d’acrimonie qui font le débat
intellectuel et politique constant. Le dernier homme, si satisfait de lui, est insatisfait de
tout : c’est pourquoi il détruit tout ce qui semble s’opposer à sa satisfaction.
Ainsi, il se dit : que la vie serait plus agréable si tout le monde était égal, si personne ne
différait de moi
→ voilà la tâche toujours renouvelée, le projet sans fin du dernier homme
Parce que le dernier homme est le bien, il pense « contre » le monde, il se doit de
le changer pour en éradiquer l’injustice, l’inégalité qu’il perçoit : toutes ses haines sont
justifiées, légitimées, la justification de la crise est toujours impérative
Tout comme Tocqueville, Nietzsche pense que l’émergence de l’égalité, l’extension
de l’égalité rendent toujours plus vives les marques d’inégalité. Les hommes ne
s’éprouvent jamais comme véritablement égaux
→ car, les hommes se supposent égaux seulement selon l’opinion des autres. Or,
comment maîtriser cette image ? C’est encore une autre façon de ne pas se singulariser.
Il faut éteindre toutes les inégalités : l’homme ne doit pas être viril etc.
→ doit régner la pitié, sentiment de communion entre êtres égaux, commisération qui fait
se rejoindre les êtres en une volonté commune qui promeut la disparition de soi → la
« honteuse efféminisation sentimentale moderne » . Les hommes sont devenus si
semblables, qu’ils n’ont plus rien d’effrayant, il n’a plus de valeur en se singularisant
Le dernier homme s’entoure d’un état omniprésent et bienveillant, la « nouvelle
idole », pour assurer la protection, mais en faisant semblant d’être le moins visible
possible