FACULTE DES ARTS, LETTRES ET SCIENCES HUMAINES
DEPARTEMENT DE PSYCHOLOGIE
UE PSY 112 : OBJET ET CONCEPTS FONDAMENTAUX DE LA PSYCHOLOGIE
1ère année de Licence en Psychologie. Année académique 2019-2020
ENSEIGNANTS :
1-TSALA TSALA Jacques Philippe, (PR)
2- NDJE NDJE Mireille, Chargée de Cours (CC) ;
3- EBOULE BOULE Justin, (Vac).
1. LA PSYCHANALYSE 1.1. Définition :
Selon Freud lui-même cité par Lagache (1967), le terme psychanalyse désigne trois chose :
1- Une méthode d’investigation de processus mentaux à peu près inaccessibles à toute
méthode ;
2- Une technique de traitement des désordres névrotiques, basée sur cette méthode
d’investigation ;
3- Un corps de savoir psychologique dont l’accumulation tend à la formation d’une nouvelle
discipline scientifique (1922).
Pour Sillamy (2010), la psychanalyse est une méthode de traitement des troubles mentaux
reposant sur l’investigation psychologique profonde, devenue « science de l’inconscient ».
1.2. Les différentes méthodes de la psychanalyse :
Freud, pour traiter ses malades a essayé successivement l’hypnose, la suggestion (« vous
pouvez vous rappeler votre passé ») et enfin la méthode de libre association (« dites tout ce
qui vous passe par l’esprit »), qui se révèle la meilleure parce qu’elle respecte la personne
humaine. Le sujet collabore ainsi à son traitement. La découverte de son inconscient ne se fait
pas par effraction, mais après un long cheminement volontaire, au cours duquel il apprend à
contrôler ses émotions. Ce n’est qu’après avoir abandonné ses résistances qu’il arrive à
comprendre les motivations de son comportement et qu’il peut devenir le maître de sa
conduite. Pendant les séances, le psychanalyste laisse le patient s’exprimer sans restriction ; il
interprète ses résistances et ses attitudes à son égard (résistance).
,1.3. la révolution freudienne
en 1896, Sigmund Freud invente la psychanalyse. Pulsion, inconscient, refoulement, sexualité
infantile, inhibition... ces mots qui nous sont aujourd’hui familiers, Freud ne les a pas créés.
Simplement, il a révolutionné leur signification.
La vision de l’homme n’est plus la même avant et après Freud. Ce bouleversement tient en un
terme : l’inconscient.
Avent Freud, la conscience de l’homme était le centre de ses idées, de ses sentiments, de la
volonté, bref, la base de la raison humaine.
Freud découvre que c’est l’inconscient qui gouverne le fonctionnement de la pensée.
L’homme doit, depuis Freud, renoncer en toute humilité à maîtriser ses actes ou ses paroles, et
renoncer à l’idée d’être autonome et sans faille.
Un siècle après son invention, la psychanalyse est-elle toujours aussi neuve et insolite ? Oui.
Si la découverte freudienne est restée d’actualité, c’est bien parce qu’elle propose un
traitement original de la souffrance humaine.
1.4. Avant Freud : une longue histoire
L’antiquité décrit et classe les maladies de l’âme (Hippocrate, considéré comme le plus grand
médecin de l’Antiquité, Galien, médecin Grec). Elle les traite par la parole ou par des potions.
Le XVIIe siècle considère que ceux dits « fous » sont dangereux pour la société ; on les
enferme dans les hôpitaux généraux. Le XIXe siècle invente la psychiatrie moderne, cherche
des causes biologiques et neurologiques aux maladies mentales ; c’est de cette époque que
date le mot « asile ».
Mais certaines maladies ne peuvent s’expliquer par la seule défaillance des organes. C’est le
cas de l’hystérie. Ses manifestations spectaculaires (crises nerveuses, évanouissements,
troubles de la vision, insensibilité de certaines parties du corps, paralysies, somnambulisme...)
sont connues depuis la plus haute Antiquité. On croyait l’hystérie (en Grec usteron, «utérus»)
réservée aux femmes, et celles qui étaient atteintes étaient considérées comme possédées par
le diable (on les brûlait comme sorcières) ou simulatrices. Pourtant, en 1885, Freud vient à
Paris, car Charcot, à la différence des psychiatres allemands, s’intéresse à cette maladie
énigmatique.
Chef de file de l’école française de neuropathologie, Charcot dirige depuis 1870 le quartier
des convulsionnaires (hystériques et épileptiques) de la Salpêtrière, à Paris. Il considère
, l’hystérie comme une véritable maladie, et non comme une simulation. Durant ses
consultations, il accorde une grande importance à l’observation minutieuse des symptômes.
De plus, il jouit d’une réputation sulfureuse parce qu’il étudie et soigne également l’hystérie
par l’hypnose.
1.4.1. Un point sur l’hypnose :
Au XVIIIe siècle, de nombreux guérisseurs pratiquent le « magnétisme animal ». Il mène à
l’hypnose (du grec hypnos, «sommeil») parce qu’on croit alors qu’un fluide magnétique sort
des yeux et qu’en endormant les malades on rétablit l’équilibre de leur santé. Ces expériences
seront rapidement condamnées pour des raisons morales. Franz Antone Mesmer (1734-1815),
un magnétiseur allemand qui pratique des guérisons collectives, est expulsé de France en
1784. C’est un écossais, James Braid (1795-1860), qui propose le terme d’hypnotisme en
1840. Charcot à Paris, mais aussi Ambroise Liébault à Nancy s’y intéressent également. Freud
rencontre ces derniers en 1889. Liébault soutient que le pouvoir de l’hypnose tient à la
suggestion que le praticien exerce sur le patient. C’est pourquoi, à la différence de Charcot, il
insiste sur l’aspect psychologique de l’hypnose. Il soigne par suggestion verbale, au sens où
les mots agissent sur les maux.
1.4.2. De l’hypnose à l’association libre.
Revenu à vienne auprès de ses malades, Freud insiste sur le fait que ses patients doivent se
souvenir par eux-mêmes de ce qui a provoqué leur souffrance. Dès ses premières cures, Freud
abandonne même ces incitations et n’oriente plus le cours de la pensée du patient. Il
systématise l’association libre : le patient est sommé de dire tout ce qui lui passe par la tête.
L’hypnose n’aura été pour Freud qu’un moyen et pas une fin en soi. Elle lui a permis de
rendre compte de l’importance de l’influence du thérapeute sur le patient.
1.5. Qui était Freud ?
Sigmund Freud est né en 1856 à Freiberg, en Moravie. Sa famille, des commerçants juifs, est
touchée économiquement. A l’âge de cinq ans, Freud part avec ses parents pour Vienne où il
passera pratiquement toute sa vie. Il grandit dans une famille nombreuse dont il restera
longtemps le seul garçon.
1.5.1. Formation scientifique :