Brief recit et succincte narration de la navigation faicte es ysles de Canada,
Hochelage et Saguenay et autres, avec particulieres meurs, langaige et cerimonies
des habitans d'icelles, fort delectable a veoir. Jacques Cartier, Paris, 1545. [Second
voyage.]
(...)
VIII. Comment nous arrivasmes a ladicte (die vernoemde) ville et de la reception que nous y
fut faicte, et comment le cappitaine (~Cartier) leur feist (aanbood) des presens, et aultres
choses comme sera veu en ce chapitre.
Apres que feusmes (~être, pas ant, 1mv) arrivez aupres d'icelle ville, se rendirent
(tegemoet komen) au devant de nous grand nombre des habitans d'icelle, qui a leur façon de
faire nous feirent (~faire, pas simp) bon racueil (goed ontvangst). Et par noz guydes et
conducteurs (begeleiders) feusmes menez au meilleu d'icelle ville, ou il y a une place entre les
maisons spacieuses d'ung gect de pierre (steenworp) en carré ou environ, lesquelz (~gidsen
+ begeleiders) nous feirent signe que nous arrestitions (~arrêter, subj imp, 1mv) audict lieu.
Et tout soudain (heel plots) s'assemblerent les filles et femmes de ladicte ville, dont l'une
partye estoient chargez d'enfans entre leurs bras, qui nous vindrent frotter (kwamen wrijven)
le visaige, bras et autres endroicts de dessus le corps ou ilz povoient (~pouvoir) toucher,
pleurant de joye de nous veoir, en nous faisant la meilleure chere (ontvangst) qu'il leur estoit
possible, nous faisans signes qu'il nous pleust (~plaire, subj → behagen) toucher a leursdictz
enfans. Apres lesquelles choses les hommes feirent rentrer les femmes et se assirent
(~s’assoir) sur la terre a l'entour de nous, comme sy eussions voulu (subj pqp → irrealis
verleden) iouer (hadden willen spelen) ung mystere. Et tout soudain revindrent plusieurs
femmes, qui apporterent chascun une natte carree en forme de tapisserie (vierkante mat in
de vorm van een tapijt), et les estendirent sur la terre au milieu de ladicte place et nous
feirent mettre sur icelles. Apres lesquelles choses ainsy faictes, fut apportee par neuf ou dix
hommes le roy et seigneur du pays, qu'ilz appellent en leur langaige Agouhanna, lequel estoit
assis sur une grande peau de cerf (hertenvel), et le vindrent poser dedans ladicte place sur
lesdictes nattes aupres (dichtbij) de nostre cappitaine, nous faisant signe que c'estoit leur roy
et seigneur. Cestuy Agouhanna estoit de l'aage environ conquante ans et n'estoit point (=pas)
Hochelage et Saguenay et autres, avec particulieres meurs, langaige et cerimonies
des habitans d'icelles, fort delectable a veoir. Jacques Cartier, Paris, 1545. [Second
voyage.]
(...)
VIII. Comment nous arrivasmes a ladicte (die vernoemde) ville et de la reception que nous y
fut faicte, et comment le cappitaine (~Cartier) leur feist (aanbood) des presens, et aultres
choses comme sera veu en ce chapitre.
Apres que feusmes (~être, pas ant, 1mv) arrivez aupres d'icelle ville, se rendirent
(tegemoet komen) au devant de nous grand nombre des habitans d'icelle, qui a leur façon de
faire nous feirent (~faire, pas simp) bon racueil (goed ontvangst). Et par noz guydes et
conducteurs (begeleiders) feusmes menez au meilleu d'icelle ville, ou il y a une place entre les
maisons spacieuses d'ung gect de pierre (steenworp) en carré ou environ, lesquelz (~gidsen
+ begeleiders) nous feirent signe que nous arrestitions (~arrêter, subj imp, 1mv) audict lieu.
Et tout soudain (heel plots) s'assemblerent les filles et femmes de ladicte ville, dont l'une
partye estoient chargez d'enfans entre leurs bras, qui nous vindrent frotter (kwamen wrijven)
le visaige, bras et autres endroicts de dessus le corps ou ilz povoient (~pouvoir) toucher,
pleurant de joye de nous veoir, en nous faisant la meilleure chere (ontvangst) qu'il leur estoit
possible, nous faisans signes qu'il nous pleust (~plaire, subj → behagen) toucher a leursdictz
enfans. Apres lesquelles choses les hommes feirent rentrer les femmes et se assirent
(~s’assoir) sur la terre a l'entour de nous, comme sy eussions voulu (subj pqp → irrealis
verleden) iouer (hadden willen spelen) ung mystere. Et tout soudain revindrent plusieurs
femmes, qui apporterent chascun une natte carree en forme de tapisserie (vierkante mat in
de vorm van een tapijt), et les estendirent sur la terre au milieu de ladicte place et nous
feirent mettre sur icelles. Apres lesquelles choses ainsy faictes, fut apportee par neuf ou dix
hommes le roy et seigneur du pays, qu'ilz appellent en leur langaige Agouhanna, lequel estoit
assis sur une grande peau de cerf (hertenvel), et le vindrent poser dedans ladicte place sur
lesdictes nattes aupres (dichtbij) de nostre cappitaine, nous faisant signe que c'estoit leur roy
et seigneur. Cestuy Agouhanna estoit de l'aage environ conquante ans et n'estoit point (=pas)