Les moyens de détruire la mendicité (bedelarij) en France, en rendant les mendians utiles à
l'État sans les rendre malheureux. Tirés des mémoires qui ont concouru pour le Prix accordé
en l'année 1777 par l'Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Chaalons-sur
Marne. Châlons-sur-Marne, 1780. [Synthese van de essais door Pierre Claude, abbé de
Malvaux.]
La mendicité (bedelarij) en France est presque aussi ancienne que la Monarchie.
Les causes qui l'ont produite (hebben laten ontstaan) et qui la perpétuent (voortduren) sont
trop nombreuses et trop connues pour être détaillées. Nous dirons seulement qu'elle
(~bedelarij) est une suite nécessaire (onvermijdbaar gevolg) des abus de la Loi féodale
(feodale wet ~ heren die eigen weten/rechten hebben); de la grande inégalité dans le partage
des richesses; du poids enorme des impôts (enorme belastingsdruk) dans les campagnes
(platteland); de cette multitude d'offices privilégiés qui déchargent (vrijstellen) le riche de la
taille (van belastingen) pour en grever le pauvre (waardoor armen belast worden), et plus
encore de l'arbitraire des tailles (willekeurig); de la perception trop compliquée des
impositions qui en absorbe une partie, foule (onderdrukken) la misere et l'industrie (armoede
en nijverheid) pour entretenir le faste et l'orgueil (pracht en praal te onderhouden); des
vexations fiscales (fiscale afpersing), source souterraine (onderhuidse bron) de rapine et de
ruine (van afpersing en ondergang); de ces frais exorbitans (buitensporige kosten) qui ne
permettent à l'humble citoyen (arme burger) l'entrée des temples de la justice (toegang tot
rechtspraak) qu'au péril même de sa fortune (tenzij als hij zijn hele fortuin ervoor riskeert);
de ces professions lucratives qui pour quelques hommes fortunés font des milliers de
pauvres (brengen duizende armen voort); de la mauvaise éducation du peuple (slechte
volksonderwijs); de la facilité qu'ont les mendians de trouver de quoi vivre sans travailler (ze
kunnen te gemakkelijk overleven zonder te werken); de la fainéantise (fiare + neant: lett niets
doen; luiheid) et du libertinage (losbandigheid); enfin d'un luxe dévorant (allesverslindende
luxe).
C'est en vain (tevergeefs) qu'on cherchera à détruire les effets si on laisse les causes
toujours subsister (ongemoeid laten). Le remede à ce fléau public (openbare plaag) est dans
la main du Législateur (de wetgever ~ de vorst). La destruction totale de la mendicité est
réservée (is voorbehouden) à la sagess de ses conseils (wijsheid van de raden → van de
wetgever). C'est un ouvrage digne (waardig werk) de la bienfaisance de Louis (~ Lodewijk XVI:
l'État sans les rendre malheureux. Tirés des mémoires qui ont concouru pour le Prix accordé
en l'année 1777 par l'Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Chaalons-sur
Marne. Châlons-sur-Marne, 1780. [Synthese van de essais door Pierre Claude, abbé de
Malvaux.]
La mendicité (bedelarij) en France est presque aussi ancienne que la Monarchie.
Les causes qui l'ont produite (hebben laten ontstaan) et qui la perpétuent (voortduren) sont
trop nombreuses et trop connues pour être détaillées. Nous dirons seulement qu'elle
(~bedelarij) est une suite nécessaire (onvermijdbaar gevolg) des abus de la Loi féodale
(feodale wet ~ heren die eigen weten/rechten hebben); de la grande inégalité dans le partage
des richesses; du poids enorme des impôts (enorme belastingsdruk) dans les campagnes
(platteland); de cette multitude d'offices privilégiés qui déchargent (vrijstellen) le riche de la
taille (van belastingen) pour en grever le pauvre (waardoor armen belast worden), et plus
encore de l'arbitraire des tailles (willekeurig); de la perception trop compliquée des
impositions qui en absorbe une partie, foule (onderdrukken) la misere et l'industrie (armoede
en nijverheid) pour entretenir le faste et l'orgueil (pracht en praal te onderhouden); des
vexations fiscales (fiscale afpersing), source souterraine (onderhuidse bron) de rapine et de
ruine (van afpersing en ondergang); de ces frais exorbitans (buitensporige kosten) qui ne
permettent à l'humble citoyen (arme burger) l'entrée des temples de la justice (toegang tot
rechtspraak) qu'au péril même de sa fortune (tenzij als hij zijn hele fortuin ervoor riskeert);
de ces professions lucratives qui pour quelques hommes fortunés font des milliers de
pauvres (brengen duizende armen voort); de la mauvaise éducation du peuple (slechte
volksonderwijs); de la facilité qu'ont les mendians de trouver de quoi vivre sans travailler (ze
kunnen te gemakkelijk overleven zonder te werken); de la fainéantise (fiare + neant: lett niets
doen; luiheid) et du libertinage (losbandigheid); enfin d'un luxe dévorant (allesverslindende
luxe).
C'est en vain (tevergeefs) qu'on cherchera à détruire les effets si on laisse les causes
toujours subsister (ongemoeid laten). Le remede à ce fléau public (openbare plaag) est dans
la main du Législateur (de wetgever ~ de vorst). La destruction totale de la mendicité est
réservée (is voorbehouden) à la sagess de ses conseils (wijsheid van de raden → van de
wetgever). C'est un ouvrage digne (waardig werk) de la bienfaisance de Louis (~ Lodewijk XVI: