Introduction :
Honoré de Balzac est un écrivain français du XIXe siècle, figure majeure du réalisme littéraire.
Son œuvre monumentale, La Comédie humaine, dresse un vaste panorama de la société
française de son temps. Son style détaillé, sa profondeur psychologique et sa critique sociale
font de lui un observateur acéré des comportements humains.
La Peau de chagrin est un roman publié en 1831, mêlant réalisme, fantastique et philosophie.
À travers l’histoire de Raphaël de Valentin, jeune homme désespéré qui obtient un talisman
exauçant tous ses désirs au prix de sa propre vie, Balzac interroge les tensions entre volonté,
destin et désir.
Le passage que nous allons étudié est extrait de la troisième partie du roman : l’agonie. Il met
en scène l’ultime affrontement entre amour et mort, alors que Raphaël, consumé par un
désir incontrôlable, voit le talisman se réduire à néant. À travers cette scène tragique et
violente, Balzac montre comment le désir peut devenir destructeur, en mêlant des éléments
réalistes et fantastiques dans une ambiance sombre et étouffante.
lecture expressive du texte.
Après la lecture de ce texte, nous pouvons nous demander comment, à travers ce
dénouement tragique, Balzac illustre-t-il sa théorie du désir ?
Pour répondre à cette problématique, nous pouvons décomposer le texte en trois
mouvements :
Le premier, de la ligne 1 à 9, présente la révélation de la peau de chagrin et le réveil du désir.
Le deuxième de la ligne 10 à 25, montre la puissance incontrôlable du désir.
Le troisième, de la ligne 26 à 30, donne à voir la mort de Raphael.
Mouvement 1 : Une révélation tragique et un désir renaissant
Dans ce premier mouvement, Raphaël révèle à Pauline le pouvoir destructeur de la peau de
chagrin. Mais cette prise de conscience ne suffit pas à contenir le retour brutal du désir
amoureux, réveillé par la présence de la jeune femme.
1. Mise en scène fantastique et théâtralisée de la révélation
Comparaison poétique : « Le lambeau de la Peau de chagrin, fragile et petit comme
la feuille d’une pervenche » : cette image délicate et végétale renforce l’aspect
surnaturel et symbolique de l’objet. On passe d’un talisman puissant à un résidu
presque naturel, ce qui souligne l’épuisement vital de Raphaël. La comparaison
insiste sur la fragilité extrême de la peau, et donc de sa vie, rendant l’instant solennel
et tragique.
Discours direct explicatif : « Ceci est un talisman… » : Balzac emploie ici une forme
de théâtre dans le roman. Raphaël, comme un personnage dramatique, fait une
déclaration solennelle à Pauline. L’usage des démonstratifs donne une portée