Nathalie Sarraute, une figure majeure du théâtre contemporain qui s'inscrit dans le
mouvement du Nouveau Roman. Elle est connue pour ses œuvres qui explorent les subtilités
de la communication humaine, souvent à travers des dialogues fragmentés et chargés de
non-dits. Une de ses œuvre les plus connues est Tropismes publiée en 1939.
Dans Pour un oui ou pour un non, une pièce écrite en 1981, elle se penche sur les relations
complexes et les malentendus entre deux amis. Cette pièce est caractéristique de l’écriture
de Sarraute, qui s’intéresse à ce qui se cache derrière les mots.
L'extrait que nous allons étudier se situe dans cette pièce. Ce passage est crucial, car il révèle
l’incompréhension croissante entre les deux personnages. H.1, en dépit de ses tentatives
d'expliquer son point de vue, provoque une réaction de rejet chez H.2, qui se sent
constamment mis à distance, comme s’il était réduit à un simple « poète » qu’on place entre
guillemets.
lecture expressive du texte
Après la lecture de ce texte, nous pouvons nous demander comment cet extrait conflictuel
met-il en relief le poids du langage dans les relations humaines ?
Pour répondre à cette problématique, nous pouvons structurer le texte en deux
mouvements : le premier, de la ligne 1 à 22, explore l’implicite du tropisme. Le deuxième, de
la ligne 23 à 45, présente une anecdote accusatrice.
Mouvement 1 : L’implicite du tropisme :
1. L’émergence du tropisme et son impact émotionnel : l'émergence d’un tropisme, un
geste ou une attitude répétée de H1, bien que discrète au départ, prend peu à peu une
ampleur émotionnelle importante pour H2.
Exclamation « Mon Dieu ! » et l’antithèse entre la simplicité de « ces guillemets » et
l’intensité de la réaction de H2 révèlent l’effet disproportionné que peut avoir un
détail anodin, comme l’utilisation des guillemets, sur ses émotions. Le tropisme, bien
que perçu comme mineur, ravive des souvenirs et des sentiments enfouis.
Hyperbole : l'hyperbole « tout resurgit » accentue le caractère démesuré de cette
réaction, montrant que même les plus petites actions peuvent susciter de grandes
répercussions émotionnelles.
2. L’incompréhension et la dénégation de H1 : H.1, face à la vision et aux désirs de H.2, fait
son recours à la dénégation pour minimiser et rejeter les idées de son interlocuteur.
L’anadiplose (« … ces guillemets » puis « Quels guillemets ? ») attire l’attention de H1
sur le point précis qui dérange H2, tout en soulignant son incompréhension.
La question rhétorique : « Moi, je me moque de la poésie ? Je parle avec mépris des
poètes ? » met en évidence son refus d'accepter qu’il puisse avoir un comportement