Introduction :
Yasmina Reza est une dramaturge française née en 1959 à Paris, qui s'inscrit dans le
mouvement du théâtre contemporain. Elle est reconnue pour ses pièces qui mêlent humour
et réflexion sur les relations humaines. Parmi ses œuvres les plus connues, on peut nommer
Conversations après un enterrement, La Traversée de l’hiver, et Le Dieu du carnage.
Je vais vous présenter un extrait de Art, une pièce écrite par Yasmina Reza en 1994. Serge,
l’un des personnages principaux, achète un tableau blanc coûteux, ce qui déclenche de vives
tensions entre lui et ses deux amis, Marc et Yvan. Ce tableau simple devient le symbole d’un
conflit sur la perception de l’art et des valeurs personnelles.
L’extrait que nous allons étudier est la scène d’exposition de la pièce : Serge présente
fièrement son tableau blanc à Marc. Ce moment est crucial car il installe immédiatement le
conflit central de l’œuvre. Serge défend son choix artistique, tandis que Marc exprime son
mépris pour cet achat jugé absurde.
lecture expressive du texte.
Après la lecture de ce texte, nous pouvons nous demander comment cette dispute
témoigne-t-elle un conflit de valeurs ?
Pour répondre à cette problématique, nous pouvons décomposer le texte en trois
mouvements.
Le premier mouvement, de la ligne 1 à 26, annonce la dispute.
Le deuxième mouvement, de la ligne 27 à 31, est un soliloque, un passage destiné au public.
Enfin, le troisième mouvement, à partir de la ligne 32 jusqu'à la fin, correspond à l'explosion
de la dispute.
Premier Mouvement : La mise en place de la dispute
1. Le malaise de Marc : Marc se sent immédiatement déstabilisé et mal à l’aise face à l’achat
de Serge, mais ce sentiment reste implicite au début.
Répétitions du verbe « regarder » : « Serge regarde le tableau, puis Marc regarde le
tableau, puis Serge regarde Marc qui regarde le tableau. » Ces répétitions créent une
dynamique de tension silencieuse, marquant un jeu de jugement mutuel.
Silences prolongés : La mention d’un « long temps où tous les sentiments se
traduisent sans mot » souligne le poids du non-dit, instaurant un malaise croissant.