LANGUE ET CULTURE DE LA FRANCOPHONIE
LES GRANDES ETAPES DE LA CIVILISATION FRANÇAISE
CHAPITRE 1 : LES FACTEURS AVANT-COUREURS DE LA
CIVILISATION FRANÇAISE
1.1 Les Gaulois (La Gaule indépendante)
Les premiers habitants de la Gaule étaient des Celtes, des envahisseurs venant d’Europe
centrale. Les Celtes sont en fait une soixantaine de peuples. Les deux classes sociales
principales étaient les chevaliers et les druides. Leur art est expressif. Leur littérature était
orale et transmise par les bardes. Les Gaulois maîtrisaient des techniques intéressantes
dont l’usage se perdra. C’était une civilisation agraire avec des villages (pas de villes). La
population est unie par le lien religieux. Ils entretiennent des contacts commerciaux avec
les Grecs et les Etrusques.
1.2 La romanisation
Les Romains s’établissent en Gaule méridionale (du sud). César assure la conquête de la
Gaule. En 52, il bat Vercingétorix à Alésia. La Gaule entière devient province romaine.
L’occupation romaine prend la forme d’un protectorat. Les Gaulois s’enrôlent dans l’armée
romaine. Ils sont soudés grâce à la religion impériale.
Le style artistique des gallo-romains est libéré de tout conformisme ; il s’agit d’un art
vivant. Les Gaulois ont adopté la plupart des dieux romains, tout en gardant le culte des
anciennes divinités. A la fin de l’empire, le christianisme se répand. L’Empereur
Constantin admet le christianisme vers 313. Le début du monachisme et de
l’évangélisation des campagnes se situe au 4e siècle.
Le latin s’est implanté et a éliminé la langue celtique. Or le latin s’est avéré un important
instrument d’unité. Les Gaulois assurent aussi la transmission de la culture gréco-latine.
La Gaule doit aux Romains la civilisation urbaine. Les villes sont reliées par une
infrastructure routière impressionnante pour l’époque, les fameuses voies romaines. Les
Gaulois ont abandonné l’idiome celtique et le druidisme celtique. Ils ont toutefois
conservé l’esprit gaulois, fait de raillerie et de spiritualité.
Bref, l’histoire de France commence par une romanisation qui consacre la perte de son
indépendance et la disparition de sa culture personnelle ; la soumission à Rome. La
référence à Rome est une constante dans l’histoire de France.
1.3 Le haut moyen âge jusqu’au premier roi de France
L’Empire romain est divisé en deux en 395. 476 est la date retenue communément pour
marquer la fin du monde antique et le début du moyen âge.
On distingue 3 périodes au moyen âge :
Une lente préparation, le Haut moyen Age (4e – 11e siècle)
Une période d’épanouissement (12e – 13e siècle)
Le déclin (14e – 15e siècle)
En Gaule, les premières invasions se produisent vers 406. Elles sont le fait des barbares,
poussés par les Huns. Bientôt toute la Gaule se couvre de royaumes barbares. Les
populations locales subissent des pillages. Deux sociétés coexistent, chacun est jugé selon
ses lois particulières. Les Germains sont gagnés à l’hérésie de l’arianisme, la doctrine qui
nie la divinité de Jésus. Une nouvelle domination barbare va supplanter les autres : les
Francs.
,Les Francs n’ont rien à opposer à la culture gallo-romaine. Sous l’influence du clergé gallo-
romain, Clovis et son peuple se convertirent à la foi chrétienne, d’observance romaine
orthodoxe. Clovis est baptisé à Reims. A la mort de Clovis, son royaume comprend à peu
près l’étendue de la France d’aujourd’hui. Des forces centrifuges sont à l’œuvre, qui minent
le royaume franc. Il y a des entités régionales de plus en plus distinctes. Les chefs
régionaux s’appellent les Maires du Palais. Dagobert est encore un roi fort, mais les Rois
dits « fainéants » abandonnent leur pouvoir aux Maires du Palais. Cependant, Charles
Martel rétablit l’unité et arrête les Arabes à Poitiers (732).
La société mérovingienne est d’abord une société en voie de ruralisation. Il y a un déclin
des villes. A la campagne, il y a une véritable fusion des Germains et des Gallo-
Romains. Il s’agit ensuite d’une société guerrière. L’homme libre se définit avant tout
comme un soldat. Il y a une insécurité permanente. Les plus faibles se placent sous la
protection des plus forts. C’est ensuite une société en voie de christianisation. L’Eglise
représente un élément de stabilité et d’unité. Les évêques se font les chefs et les
défenseurs de leur diocèse. Dès le 6e siècle, ils fondent les paroisses rurales. Les
tombeaux des Saints attirent les pèlerins. Les monastères jouent un rôle important.
L’abbaye royale de Saint-Denis (près de Paris) est agrandie. On applique les prescriptions
de saint Benoît. Selon sa Règle, les moines partagent leur temps entre les exercices
religieux et le travail manuel.
Vers 800, l’Occident fait son unité sous la dynastie des Carolingiens. Charlemagne crée
un Empire « romain », en fait franc et chrétien, où se développe une
Renaissance « carolingienne ». Charlemagne est un grand administrateur. Autour de
l’empereur gravite une aristocratie d’empire. Beaucoup plus large est le cercle des vassaux
de l’empire. L’empereur donne l’impulsion à une renaissance intellectuelle, notamment en
ouvrant des écoles. Le but est avant tout d’élever le niveau moral et intellectuel du clergé.
Charlemagne est un chef de guerre rigoureux et prévoyant. Le roi des Francs peut
prétendre relever le titre impérial abandonné depuis 476 en Occident, mais il s’agit d’un
empire rénové, chrétien. La capitale est Aix-la-Chapelle. Charlemagne a son importance
dans la conscience nationale des Français, dans les chansons de geste, où il est célébré
comme un héros légendaire. Les rois de France nomment Charlemagne leur
« progéniteur ».
Après sa mort, l’empire perd de sa puissance. Il est partagé par le traité de Verdun en 843,
entre trois rois qui se trouvent à la tête de trois royaumes complètement indépendants : la
Francie occidentale, la Francie orientale, et la Francie médiane. C’est le début d’une longue
suite de conflits. On doit compter avec l’invasion des Vikings.
La dynastie carolingienne s’éteint en 987. La dynastie capétienne, fondée par Hugues
Capet, la remplace. Les grands du royaume de la Francie occidentale se sentent assez forts
pour choisir eux-mêmes le roi, faisant jouer le principe de l’élection. Les évêques et les
nobles choisissent Hugues Capet pour roi. Il est le premier roi français.
En conclusion, la France est arrivée très tôt à constituer son unité nationale et
administrative. Elle est une dignité religieuse et sacerdotale. Les rois sont sacrés à Reims
(la cérémonie du Sacre) et ils sont les serviteurs et les mandataires de Dieu. On leur
attribue le pouvoir magique de guérir les écrouelles. L’Eglise catholique de France mérite de
jouir d’une certaine indépendance par rapport au Saint Siège (le gallicanisme).
,CHAPITRE 2 : LE MOYEN AGE FRANÇAIS : DE L’AN MIL A LA FIN
DU 15E SIECLE
2.1 Les grandes lignes de l’histoire
2.1.1 Un nouveau départ pour la civilisation
La fin du 10e siècle est le point de départ de la civilisation française. C’est une période de
développement dans tous les domaines. C’est la fin de l’ère des invasions. Les trois
dernières vagues d’invasions se situent aux 9e et 10e siècles, avec les Sarrasins
(musulmans), les Vikings, et les Hongrois.
Les villes sont dépeuplées et la vie est concentrée dans les campagnes. La féodalité est le
nouveau cadre social. Les traits spécifiques sont :
L’idée des ordres, institués par Dieu
o Le clergé, la chevalerie, les paysans
Le caractère personnel des rapports de pouvoir
Le morcellement du pouvoir
L’idée d’une caste privilégiée l’inégalité de droits
Le clergé a une fonction liturgique, mais aussi des fonctions juridiques, culturelles et
pédagogiques. L’Eglise s’était féodalisée. Les évêques et les abbés étaient des seigneurs
féodaux. Une réforme monastique née à Cluny se caractérise par deux traits principaux :
une indépendance totale à l’égard des pouvoirs locaux, laïques ou ecclésiastiques, et la
remise à l’honneur de la prière et de la célébration liturgique. L’Eglise prend des mesures
pour adoucir et humaniser une société dominée par la violence des guerriers. La « Paix de
Dieu » est un mouvement qui préconise l’interdiction de s’attaquer aux paysans, aux clercs
et aux marchands. Les « trêves de Dieu » ont pour but de christianiser le temps en
interdisant la violence. La réforme grégorienne permet de reformer les mœurs et le
comportement de ses membres.
La chevalerie était d’abord composée de combattants à cheval. Un jeune homme pénètre
dans le monde des guerriers adultes par un rite d’initiation, appelé l’adoubement. Le
chevalier, en tant que vassal, est au service d’un suzerain. Le vassal rend hommage au
suzerain. Le suzerain accorde à son vassal un fief (souvent une terre) sur lequel le vassal
exerce des droits seigneuriaux et sa protection. Une des caractéristiques est son
caractère personnel. Une pyramide féodale va se développer, car un suzerain peut être
vassal d’un suzerain plus puissant. Le pouvoir est très morcelé. Le lien entre la chevalerie et
l’Eglise est clairement marqué lors de l’adoubement. Il y a une tendance à la formation d’une
noblesse. Emerge aussi l’idée d’une caste privilégiée.
Il y a deux groupes de paysans. Les paysans libres sont des roturiers. Les serfs sont des
esclaves, attachés à un territoire qu’ils n’ont pas le droit de quitter. Au 13e siècle les serfs
sont progressivement libérés. Les conditions de vie des paysans s’améliorent dès le 11e
siècle.
La bourgeoisie (habitants des bourgs) ne figure pas dans l’ensemble des ordres prévus par
l’idéologie féodale. Ils sont des commerçants et habitent dans les villes qui se développent.
2.2 L’épanouissement du moyen âge : 12e & 13e siècle
Le Nord de la France vit une croissance économique. La monarchie française affiche une
puissance grandissante, grâce à l’élaboration d’un Etat centralisé. La réforme religieuse est
particulièrement vivace avec des centres de rayonnement comme Cluny. La France acquiert
un prestige linguistique et littéraire.
, 2.2.1 Le développement de l’économie
L’agriculture est améliorée. De nouvelles terres sont mises en culture. Les anciennes
terres sont mieux cultivées. Des cultures plus lucratives (vin, lin) se développent.
On assiste au développement de la construction en pierre, qui remplace le bois. L’industrie
textile, fournie en laine, prend son essor. On libère progressivement les serfs.
Les villes se développent par les privilèges. Par rapport aux hiérarchies verticales de la
féodalité, la ville développe des liens horizontaux entre égaux, qui se manifestent à travers
les confréries religieuses et les corporations de marchands et d’artisans. Les ordres
mendiants évangélisent la société. On ouvre des marchés d’échanges et on bat de la
monnaie.
2.2.2 Politique : le renforcement du pouvoir du roi
La monarchie s’impose toujours davantage face aux vassaux du Roi. Les rois accroissent
progressivement leur pouvoir et agrandissent le domaine royal. Un des vassaux puissants du
roi est le duc de Normandie, qui devient roi d’Angleterre en 1066. Le vassal devient plus
puissant que son seigneur. Les Plantagenêt, la famille du normand, sont la principale famille
rivale des Capétiens.
L’abbé Suger est le principal théoricien de la monarchie et conseiller des rois de France.
Philippe Auguste réussit à ôter aux Anglais les fiefs qu’ils possédaient en France. Il
remporte une victoire sur le roi d’Angleterre à Bouvines. Il se fait le protecteur des villes et
fait construire une importante muraille autour de la ville.
Louis IX est connu pour avoir acquis un grand prestige religieux et moral. Il est surnommé
Saint Louis. Il a créé le Parlement. C’est un roi justicier : il arbitre lui-même les cas difficiles.
Il va accentuer la centralisation monarchique. Il signa le traité de Paris avec l’Angleterre pour
faire cesser le conflit avec les Plantagenêt.
Les croisades sont des expéditions militaires entreprises du 11e au 13e siècle pour élargir
le domaine de la chrétienté. Certains croisés se fixèrent dans les nouveaux Etats. Ils se
firent bâtisseurs et législateurs. Ainsi apparaissent des principautés chrétiennes. Sous
l’influence du commerce, les goûts changent. Le raffinement de la civilisation orientale
influence les chevaliers. Les croisades ont aussi des répercussions politiques majeures :
les chevaliers sont désormais unis contre un ennemi commun.
2.2.3 La culture
Le 13e siècle est une grande époque de rayonnement de la civilisation française, qui inclut
un idéal de personnalité (le chevalier), l’art (le gothique), la littérature et le plan de la
pensée. La vie de la chevalerie est marquée surtout par la rudesse guerrière. L’idéal de la
courtoisie se développe. C’est une conception nouvelle des relations de l’homme et de la
femme. Né dans le Midi de la France, avec les troubadours, cet idéal est transporté dans le
Nord. Les frontières entre science, philosophie et religion sont assez floues. On accorde une
place importante à l’imagination, comme en témoigne la vogue des sommes
encyclopédiques (bestiaires, lapidaires). La réalité visible n’est que le signe ou le symbole
d’une vérité plus grande. Les écoles urbaines détrônent les écoles monastiques à partir du
12e siècle. L’université de Paris (quartier Latin) s’affirme comme la capitale intellectuelle de
la Chrétienté, par la scolastique (synthèse de l’argumentation logique avec le respect de la
théologie et des philosophes anciens). L’université a des maîtres prestigieux comme Albert
le Grand et Thomas d’Aquin.
En conclusion, l’Eglise contrôle les fidèles. L’ordre gothique régit les monuments. Les
universités institutionnalisent le mouvement scolaire et scientifique. Les corporations
surveillent la vie économique. On assiste à un processus d’exclusion des marginaux : les
juifs et l’hérésie cathare.
LES GRANDES ETAPES DE LA CIVILISATION FRANÇAISE
CHAPITRE 1 : LES FACTEURS AVANT-COUREURS DE LA
CIVILISATION FRANÇAISE
1.1 Les Gaulois (La Gaule indépendante)
Les premiers habitants de la Gaule étaient des Celtes, des envahisseurs venant d’Europe
centrale. Les Celtes sont en fait une soixantaine de peuples. Les deux classes sociales
principales étaient les chevaliers et les druides. Leur art est expressif. Leur littérature était
orale et transmise par les bardes. Les Gaulois maîtrisaient des techniques intéressantes
dont l’usage se perdra. C’était une civilisation agraire avec des villages (pas de villes). La
population est unie par le lien religieux. Ils entretiennent des contacts commerciaux avec
les Grecs et les Etrusques.
1.2 La romanisation
Les Romains s’établissent en Gaule méridionale (du sud). César assure la conquête de la
Gaule. En 52, il bat Vercingétorix à Alésia. La Gaule entière devient province romaine.
L’occupation romaine prend la forme d’un protectorat. Les Gaulois s’enrôlent dans l’armée
romaine. Ils sont soudés grâce à la religion impériale.
Le style artistique des gallo-romains est libéré de tout conformisme ; il s’agit d’un art
vivant. Les Gaulois ont adopté la plupart des dieux romains, tout en gardant le culte des
anciennes divinités. A la fin de l’empire, le christianisme se répand. L’Empereur
Constantin admet le christianisme vers 313. Le début du monachisme et de
l’évangélisation des campagnes se situe au 4e siècle.
Le latin s’est implanté et a éliminé la langue celtique. Or le latin s’est avéré un important
instrument d’unité. Les Gaulois assurent aussi la transmission de la culture gréco-latine.
La Gaule doit aux Romains la civilisation urbaine. Les villes sont reliées par une
infrastructure routière impressionnante pour l’époque, les fameuses voies romaines. Les
Gaulois ont abandonné l’idiome celtique et le druidisme celtique. Ils ont toutefois
conservé l’esprit gaulois, fait de raillerie et de spiritualité.
Bref, l’histoire de France commence par une romanisation qui consacre la perte de son
indépendance et la disparition de sa culture personnelle ; la soumission à Rome. La
référence à Rome est une constante dans l’histoire de France.
1.3 Le haut moyen âge jusqu’au premier roi de France
L’Empire romain est divisé en deux en 395. 476 est la date retenue communément pour
marquer la fin du monde antique et le début du moyen âge.
On distingue 3 périodes au moyen âge :
Une lente préparation, le Haut moyen Age (4e – 11e siècle)
Une période d’épanouissement (12e – 13e siècle)
Le déclin (14e – 15e siècle)
En Gaule, les premières invasions se produisent vers 406. Elles sont le fait des barbares,
poussés par les Huns. Bientôt toute la Gaule se couvre de royaumes barbares. Les
populations locales subissent des pillages. Deux sociétés coexistent, chacun est jugé selon
ses lois particulières. Les Germains sont gagnés à l’hérésie de l’arianisme, la doctrine qui
nie la divinité de Jésus. Une nouvelle domination barbare va supplanter les autres : les
Francs.
,Les Francs n’ont rien à opposer à la culture gallo-romaine. Sous l’influence du clergé gallo-
romain, Clovis et son peuple se convertirent à la foi chrétienne, d’observance romaine
orthodoxe. Clovis est baptisé à Reims. A la mort de Clovis, son royaume comprend à peu
près l’étendue de la France d’aujourd’hui. Des forces centrifuges sont à l’œuvre, qui minent
le royaume franc. Il y a des entités régionales de plus en plus distinctes. Les chefs
régionaux s’appellent les Maires du Palais. Dagobert est encore un roi fort, mais les Rois
dits « fainéants » abandonnent leur pouvoir aux Maires du Palais. Cependant, Charles
Martel rétablit l’unité et arrête les Arabes à Poitiers (732).
La société mérovingienne est d’abord une société en voie de ruralisation. Il y a un déclin
des villes. A la campagne, il y a une véritable fusion des Germains et des Gallo-
Romains. Il s’agit ensuite d’une société guerrière. L’homme libre se définit avant tout
comme un soldat. Il y a une insécurité permanente. Les plus faibles se placent sous la
protection des plus forts. C’est ensuite une société en voie de christianisation. L’Eglise
représente un élément de stabilité et d’unité. Les évêques se font les chefs et les
défenseurs de leur diocèse. Dès le 6e siècle, ils fondent les paroisses rurales. Les
tombeaux des Saints attirent les pèlerins. Les monastères jouent un rôle important.
L’abbaye royale de Saint-Denis (près de Paris) est agrandie. On applique les prescriptions
de saint Benoît. Selon sa Règle, les moines partagent leur temps entre les exercices
religieux et le travail manuel.
Vers 800, l’Occident fait son unité sous la dynastie des Carolingiens. Charlemagne crée
un Empire « romain », en fait franc et chrétien, où se développe une
Renaissance « carolingienne ». Charlemagne est un grand administrateur. Autour de
l’empereur gravite une aristocratie d’empire. Beaucoup plus large est le cercle des vassaux
de l’empire. L’empereur donne l’impulsion à une renaissance intellectuelle, notamment en
ouvrant des écoles. Le but est avant tout d’élever le niveau moral et intellectuel du clergé.
Charlemagne est un chef de guerre rigoureux et prévoyant. Le roi des Francs peut
prétendre relever le titre impérial abandonné depuis 476 en Occident, mais il s’agit d’un
empire rénové, chrétien. La capitale est Aix-la-Chapelle. Charlemagne a son importance
dans la conscience nationale des Français, dans les chansons de geste, où il est célébré
comme un héros légendaire. Les rois de France nomment Charlemagne leur
« progéniteur ».
Après sa mort, l’empire perd de sa puissance. Il est partagé par le traité de Verdun en 843,
entre trois rois qui se trouvent à la tête de trois royaumes complètement indépendants : la
Francie occidentale, la Francie orientale, et la Francie médiane. C’est le début d’une longue
suite de conflits. On doit compter avec l’invasion des Vikings.
La dynastie carolingienne s’éteint en 987. La dynastie capétienne, fondée par Hugues
Capet, la remplace. Les grands du royaume de la Francie occidentale se sentent assez forts
pour choisir eux-mêmes le roi, faisant jouer le principe de l’élection. Les évêques et les
nobles choisissent Hugues Capet pour roi. Il est le premier roi français.
En conclusion, la France est arrivée très tôt à constituer son unité nationale et
administrative. Elle est une dignité religieuse et sacerdotale. Les rois sont sacrés à Reims
(la cérémonie du Sacre) et ils sont les serviteurs et les mandataires de Dieu. On leur
attribue le pouvoir magique de guérir les écrouelles. L’Eglise catholique de France mérite de
jouir d’une certaine indépendance par rapport au Saint Siège (le gallicanisme).
,CHAPITRE 2 : LE MOYEN AGE FRANÇAIS : DE L’AN MIL A LA FIN
DU 15E SIECLE
2.1 Les grandes lignes de l’histoire
2.1.1 Un nouveau départ pour la civilisation
La fin du 10e siècle est le point de départ de la civilisation française. C’est une période de
développement dans tous les domaines. C’est la fin de l’ère des invasions. Les trois
dernières vagues d’invasions se situent aux 9e et 10e siècles, avec les Sarrasins
(musulmans), les Vikings, et les Hongrois.
Les villes sont dépeuplées et la vie est concentrée dans les campagnes. La féodalité est le
nouveau cadre social. Les traits spécifiques sont :
L’idée des ordres, institués par Dieu
o Le clergé, la chevalerie, les paysans
Le caractère personnel des rapports de pouvoir
Le morcellement du pouvoir
L’idée d’une caste privilégiée l’inégalité de droits
Le clergé a une fonction liturgique, mais aussi des fonctions juridiques, culturelles et
pédagogiques. L’Eglise s’était féodalisée. Les évêques et les abbés étaient des seigneurs
féodaux. Une réforme monastique née à Cluny se caractérise par deux traits principaux :
une indépendance totale à l’égard des pouvoirs locaux, laïques ou ecclésiastiques, et la
remise à l’honneur de la prière et de la célébration liturgique. L’Eglise prend des mesures
pour adoucir et humaniser une société dominée par la violence des guerriers. La « Paix de
Dieu » est un mouvement qui préconise l’interdiction de s’attaquer aux paysans, aux clercs
et aux marchands. Les « trêves de Dieu » ont pour but de christianiser le temps en
interdisant la violence. La réforme grégorienne permet de reformer les mœurs et le
comportement de ses membres.
La chevalerie était d’abord composée de combattants à cheval. Un jeune homme pénètre
dans le monde des guerriers adultes par un rite d’initiation, appelé l’adoubement. Le
chevalier, en tant que vassal, est au service d’un suzerain. Le vassal rend hommage au
suzerain. Le suzerain accorde à son vassal un fief (souvent une terre) sur lequel le vassal
exerce des droits seigneuriaux et sa protection. Une des caractéristiques est son
caractère personnel. Une pyramide féodale va se développer, car un suzerain peut être
vassal d’un suzerain plus puissant. Le pouvoir est très morcelé. Le lien entre la chevalerie et
l’Eglise est clairement marqué lors de l’adoubement. Il y a une tendance à la formation d’une
noblesse. Emerge aussi l’idée d’une caste privilégiée.
Il y a deux groupes de paysans. Les paysans libres sont des roturiers. Les serfs sont des
esclaves, attachés à un territoire qu’ils n’ont pas le droit de quitter. Au 13e siècle les serfs
sont progressivement libérés. Les conditions de vie des paysans s’améliorent dès le 11e
siècle.
La bourgeoisie (habitants des bourgs) ne figure pas dans l’ensemble des ordres prévus par
l’idéologie féodale. Ils sont des commerçants et habitent dans les villes qui se développent.
2.2 L’épanouissement du moyen âge : 12e & 13e siècle
Le Nord de la France vit une croissance économique. La monarchie française affiche une
puissance grandissante, grâce à l’élaboration d’un Etat centralisé. La réforme religieuse est
particulièrement vivace avec des centres de rayonnement comme Cluny. La France acquiert
un prestige linguistique et littéraire.
, 2.2.1 Le développement de l’économie
L’agriculture est améliorée. De nouvelles terres sont mises en culture. Les anciennes
terres sont mieux cultivées. Des cultures plus lucratives (vin, lin) se développent.
On assiste au développement de la construction en pierre, qui remplace le bois. L’industrie
textile, fournie en laine, prend son essor. On libère progressivement les serfs.
Les villes se développent par les privilèges. Par rapport aux hiérarchies verticales de la
féodalité, la ville développe des liens horizontaux entre égaux, qui se manifestent à travers
les confréries religieuses et les corporations de marchands et d’artisans. Les ordres
mendiants évangélisent la société. On ouvre des marchés d’échanges et on bat de la
monnaie.
2.2.2 Politique : le renforcement du pouvoir du roi
La monarchie s’impose toujours davantage face aux vassaux du Roi. Les rois accroissent
progressivement leur pouvoir et agrandissent le domaine royal. Un des vassaux puissants du
roi est le duc de Normandie, qui devient roi d’Angleterre en 1066. Le vassal devient plus
puissant que son seigneur. Les Plantagenêt, la famille du normand, sont la principale famille
rivale des Capétiens.
L’abbé Suger est le principal théoricien de la monarchie et conseiller des rois de France.
Philippe Auguste réussit à ôter aux Anglais les fiefs qu’ils possédaient en France. Il
remporte une victoire sur le roi d’Angleterre à Bouvines. Il se fait le protecteur des villes et
fait construire une importante muraille autour de la ville.
Louis IX est connu pour avoir acquis un grand prestige religieux et moral. Il est surnommé
Saint Louis. Il a créé le Parlement. C’est un roi justicier : il arbitre lui-même les cas difficiles.
Il va accentuer la centralisation monarchique. Il signa le traité de Paris avec l’Angleterre pour
faire cesser le conflit avec les Plantagenêt.
Les croisades sont des expéditions militaires entreprises du 11e au 13e siècle pour élargir
le domaine de la chrétienté. Certains croisés se fixèrent dans les nouveaux Etats. Ils se
firent bâtisseurs et législateurs. Ainsi apparaissent des principautés chrétiennes. Sous
l’influence du commerce, les goûts changent. Le raffinement de la civilisation orientale
influence les chevaliers. Les croisades ont aussi des répercussions politiques majeures :
les chevaliers sont désormais unis contre un ennemi commun.
2.2.3 La culture
Le 13e siècle est une grande époque de rayonnement de la civilisation française, qui inclut
un idéal de personnalité (le chevalier), l’art (le gothique), la littérature et le plan de la
pensée. La vie de la chevalerie est marquée surtout par la rudesse guerrière. L’idéal de la
courtoisie se développe. C’est une conception nouvelle des relations de l’homme et de la
femme. Né dans le Midi de la France, avec les troubadours, cet idéal est transporté dans le
Nord. Les frontières entre science, philosophie et religion sont assez floues. On accorde une
place importante à l’imagination, comme en témoigne la vogue des sommes
encyclopédiques (bestiaires, lapidaires). La réalité visible n’est que le signe ou le symbole
d’une vérité plus grande. Les écoles urbaines détrônent les écoles monastiques à partir du
12e siècle. L’université de Paris (quartier Latin) s’affirme comme la capitale intellectuelle de
la Chrétienté, par la scolastique (synthèse de l’argumentation logique avec le respect de la
théologie et des philosophes anciens). L’université a des maîtres prestigieux comme Albert
le Grand et Thomas d’Aquin.
En conclusion, l’Eglise contrôle les fidèles. L’ordre gothique régit les monuments. Les
universités institutionnalisent le mouvement scolaire et scientifique. Les corporations
surveillent la vie économique. On assiste à un processus d’exclusion des marginaux : les
juifs et l’hérésie cathare.