VOEGELIN
◊ Voegelin pense le fondement du droit en amont de la norme juridique, dans une
expérience entre l'homme et son existence communautaire, c'est la science politique.
L'homme se caractérise par sa tension entre le divin et le monde, tension qui appelle à
une résolution, qui se transmet dans le politique
Contre la théorie pure du droit
Voegelin critique l'attachement à la légalité qui a pu laisser apparaître le IIIè
Reich, un esprit légaliste qui mène à l'irresponsabilité
Kelsen théorise la distinction entre l'être et le devoir-être
→ la nature repose sur un ensemble de causalité fondé sur une première cause (être),
si A est tel, B est tel. Mais selon Voegelin, es normes ne se fondent pas logiquement
mais par un rapport de 'devoir-être'. Si A est tel, B devrait être tel (devoir être). Ainsi
donner comme Kelsen un fondement causal à toutes les lois, c'est mélanger le « sein »
et le « sollen ». De même, cela emmène vers un impossible rationalisme politique qui
veut rendre scientifique et catégorisable une réalité politique qui y échappe. Pour
éviter ce fondement causal, qui donnerait lieu à un changement tout entier d'ordre
juridique s'il y a modification causale Voegelin crée une hiérarchie entre lois
principales et lois subordonnées
Ainsi, il réfute également l'idéologie, puisqu'elle est la tentative de fonder le
normatif sur le factuel, il réfute également la théorie pure du droit lorsqu'elle rattache le
phénomène à sa pure utilité : l'Etat application de la loi. C'est faire du politique un
mécanisme causal (Etat producteur de droits donc Etat de droit) ; et prendre le risque
d'une toute-puissance.
→ Voegelin critique ce modèle juridique qui est clos et s'autofonde, alors que l'Etat ne
se résume pas à sa constitution juridique
Le positivisme juridique d'un Kelsen exclue l'analyse, un discours métajuridique, voire
freine la réflexion → ce serait ne pas distinguer l'Etat d'un club de collectionneurs de
timbres, l'Etat n'est pas qu'un ordre juridique ou des comportements, il y a une matière
symbolique, humaine, historique etc.
Mais que serait-ce alors cette légitimité mise en péril par le légalisme ? Elle ne se
réfère pas à un système de légalité positive, formelle car elle renvoie plus à une
expérience existentielle qu'à un ensemble logique
Pour Voegelin, il faut donc chercher aux fondements du droit une « anthropologie
politique du droit »
Légalité et légitimité
Lorsque la démocratie, par exemple, est en danger, il y a une légitimité à
refuser la légalité démocratique (une élection dangereuse) qui pourrait tourner la
démocratie contre elle-même, ou l'Etat d'urgence pour éviter la fin de la démocratie.
Le légalisme n'est pas le seul danger, Voegelin s’oppose à la sacralisation de l'opinion
et de la liberté d'expression à une époque où les propagandes peuvent influencer
psychologiquement les individus → il faut désémotionaliser l'opinion publique, il faut
des correctifs à l'autodestruction démocratique liée à un « peuple corrompu »
Il y a un fétichisme de la légalité. La légalité d'une norme renvoie, au départ, à une
éthique générale de la société. Lorsque celle-ci a disparu, il y a un fétichisme autour
◊ Voegelin pense le fondement du droit en amont de la norme juridique, dans une
expérience entre l'homme et son existence communautaire, c'est la science politique.
L'homme se caractérise par sa tension entre le divin et le monde, tension qui appelle à
une résolution, qui se transmet dans le politique
Contre la théorie pure du droit
Voegelin critique l'attachement à la légalité qui a pu laisser apparaître le IIIè
Reich, un esprit légaliste qui mène à l'irresponsabilité
Kelsen théorise la distinction entre l'être et le devoir-être
→ la nature repose sur un ensemble de causalité fondé sur une première cause (être),
si A est tel, B est tel. Mais selon Voegelin, es normes ne se fondent pas logiquement
mais par un rapport de 'devoir-être'. Si A est tel, B devrait être tel (devoir être). Ainsi
donner comme Kelsen un fondement causal à toutes les lois, c'est mélanger le « sein »
et le « sollen ». De même, cela emmène vers un impossible rationalisme politique qui
veut rendre scientifique et catégorisable une réalité politique qui y échappe. Pour
éviter ce fondement causal, qui donnerait lieu à un changement tout entier d'ordre
juridique s'il y a modification causale Voegelin crée une hiérarchie entre lois
principales et lois subordonnées
Ainsi, il réfute également l'idéologie, puisqu'elle est la tentative de fonder le
normatif sur le factuel, il réfute également la théorie pure du droit lorsqu'elle rattache le
phénomène à sa pure utilité : l'Etat application de la loi. C'est faire du politique un
mécanisme causal (Etat producteur de droits donc Etat de droit) ; et prendre le risque
d'une toute-puissance.
→ Voegelin critique ce modèle juridique qui est clos et s'autofonde, alors que l'Etat ne
se résume pas à sa constitution juridique
Le positivisme juridique d'un Kelsen exclue l'analyse, un discours métajuridique, voire
freine la réflexion → ce serait ne pas distinguer l'Etat d'un club de collectionneurs de
timbres, l'Etat n'est pas qu'un ordre juridique ou des comportements, il y a une matière
symbolique, humaine, historique etc.
Mais que serait-ce alors cette légitimité mise en péril par le légalisme ? Elle ne se
réfère pas à un système de légalité positive, formelle car elle renvoie plus à une
expérience existentielle qu'à un ensemble logique
Pour Voegelin, il faut donc chercher aux fondements du droit une « anthropologie
politique du droit »
Légalité et légitimité
Lorsque la démocratie, par exemple, est en danger, il y a une légitimité à
refuser la légalité démocratique (une élection dangereuse) qui pourrait tourner la
démocratie contre elle-même, ou l'Etat d'urgence pour éviter la fin de la démocratie.
Le légalisme n'est pas le seul danger, Voegelin s’oppose à la sacralisation de l'opinion
et de la liberté d'expression à une époque où les propagandes peuvent influencer
psychologiquement les individus → il faut désémotionaliser l'opinion publique, il faut
des correctifs à l'autodestruction démocratique liée à un « peuple corrompu »
Il y a un fétichisme de la légalité. La légalité d'une norme renvoie, au départ, à une
éthique générale de la société. Lorsque celle-ci a disparu, il y a un fétichisme autour