mondiale dans le film.
Le film ‘Un long dimanche de fiançailles’ (2004) se déroule dans le présent
(en 1920) et, en utilisant les flashbacks, pendant la Première Guerre
mondiale qui a eu lieu entre 1914 et 1918. Le film décrit l'histoire de
Mathilde, une jeune française, qui cherche la vérité sur ce qui est arrivé à
son fiancé, Manech, pendant la guerre, sans jamais perdre haleine. J’ai
l’intention d’examiner comment Jean-Pierre Jeunet dénonce l’horreur et
l’absurdité de la Première Guerre mondiale à travers quatre aspects clés:
la vie dans les tranchées, les mutilés volontaires, l’assaut, et l’attitude des
commandants.
Tout d’abord, Jeunet montre que la vie quotidienne dans les tranchées
était une véritable épreuve. Dès la première scène du film, l’univers des
tranchées est représenté comme un enfer sur terre. On voit des soldats
frigorifiés, couverts de boue, grelottant sous des couvertures fines, dans
un paysage dévasté. La scène est tournée en plongée sur les hommes qui
marchent dans la boue donne une vue d’ensemble qui accentue leur
vulnérabilité. Les couleurs sont ternes, dominées par les gris et les bruns,
contrastant fortement avec la lumière chaleureuse et constante dans les
scènes à la maison d’avant guerre. Ce contraste visuel symbolise la
brutalité du front par opposition à la chaleur de la vie civile. Ainsi, dès le
début, le spectateur comprend la brutalité physique et morale à laquelle
les soldats faisaient face.
Ensuite, Jeunet explore les mutilations volontaires. Les cinq soldats
condamnés à mort se sont tous blessés, chacun à sa manière, pour
échapper à l’horreur du front, à part Bashoche. Six-Sous, par exemple, se
brûle volontairement la main avec une mitrailleuse. Ce geste désespéré
souligne jusqu’où certains hommes étaient prêts à aller pour fuir l’enfer
des tranchées. L’ironie tragique est que même un soldat comme
Bastoche, qui s’est blessé accidentellement en essayant de tuer des rats,
est puni. Cela révèle un système militaire inhumain, où la souffrance
psychologique est ignorée.
Par ailleurs, Jeunet met en scène l’absurdité et la violence des combats à
travers l’assaut final. Dans une scène poignante, le capitaine Favourier
crie “Pour la France ! En avant!”, alors que les soldats franchissent le
parapet sous les tirs ennemis. Les images sont saisissantes: explosions,
tirs, cadavres piétinés, cris de douleur. La caméra panoramique sur le No
Man’s Land souligne l’étendue de la destruction. Le bruit assourdissant
renforce le sentiment de chaos. Il va de soi que cette scène symbolise non
, seulement la brutalité mais aussi l’absurdité du sacrifice de toute une
génération.
Enfin, Jeunet critique ouvertement la hiérarchie militaire à travers le
personnage du commandant Lavrouye. Ce dernier incarne l’indifférence
glaciale des officiers face au sort des soldats. Dans une scène marquante,
on le voit dans son bain, détruisant un document important, illustrant son
mépris total pour la vie humaine. Pire encore, il empêche la grâce
présidentielle des cinq condamnés en cachant la note. Son assassinat par
Tina, à travers un miroir brisé qui reflète sa propre image, est hautement
symbolique: il est tué par une sorte de justice qui l'a rattrapé. Ce moment
cinématographique puissant ferme la boucle sur le thème de la
responsabilité.
En conclusion, ‘Un long dimanche de fiançailles’ propose une
représentation saisissante, humaine et dénonciatrice de la Première
Guerre mondiale. À travers les tranchées, les mutilations, les batailles
sanglantes et l’hypocrisie des hauts gradés, Jeunet montre non seulement
la violence de la guerre mais aussi son absurdité. Ce film est une œuvre
de mémoire, mais aussi un cri contre l’inhumanité de la guerre.