HPP 1 - Synthèse
Histoire de la pensée politique I & II (Université Libre de Bruxelles)
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Histoire de la pensée politique I
I. Objet et problèmes d’une histoire de la pensée politique
1. La connaissance historique, en vue de quelle fin ?
L’histoire n’est pas la chronologie ou la frise temporelle, l’histoire tente de dégager des
logiques historiques, càd des processus temporels qui ont une certaine unité. Ces logiques
constituent un déroulement qu’on peut saisir dans ce qu’il a de plus essentiel et secondaire
et qui ne rassemble pas en lui tous les évènements mais qui, ensemble, forment une
histoire.
L’étude de l’histoire n’a d’intérêt que si elle décrit des trajectoires sur l’arrière-fond des
possibilités auxquelles ces trajectoires sont confrontées.
A savoir qu’une trajectoire est un choix qui s’opère parmi les possibilités dont certaines sont
réalisées et d’autres non.
Qu’est-ce qu’étudier l’histoire ? :
C’est restituer, non pas uniquement un ensemble de faits, mais de la façon dont ces
faits correspondent à des choix parmi des possibilités, donc c’est restituer le passé
comme un espace de possibilités.
Qu’est-ce que faire de la politique ? :
C’est se demander « que pouvons-nous faire et quelles sont nos possibilités ? ». Mais
il faut également se poser la question des choix qui ont été fait dans le passé et qui
nous ont amené là où nous sommes.
Ces choix passés ont constitué un tournant mais ne vont pas de soi. Certains étaient
nécessaires mais d’autres sont corrigeables.
L’histoire nous permet de voir le présent mais elle permet également d’avoir un regard sur
des possibilités historiques qui n’ont pas eu lieu.
L’histoire :
Pour Hegel, l’histoire est un progrès continu et la connaissance de l’histoire est la
connaissance du progrès général, du sens global, des étapes de l’humanité vers la
liberté.
Pour Foucault, l’histoire n’est que l’espace d’une dispersion, une discontinuité
radicale. Une histoire dépourvue de centre, qui n’aurait pas la forme d’un
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développement et où la fin ne serait jamais inscrite dans l’origine. Cependant, elle
permet le dépaysement et une façon de nous décentrer.
La pensée :
C’est la façon dont nous découvrons des problèmes et dont nous apportons des
solutions donc une histoire de la pensée est une histoire de la façon dont la pensée
est confrontée à des problèmes et découvre des vérités pour les résoudre.
L’histoire de la pensée politique pourrait être une histoire des idées politiques. Les idées
sont les croyances, les imaginations, les idéologies... Si on fait une histoire des idées
politiques, on n’en fait pas une histoire linéaire. On va en faire une histoire discontinue.
Cependant, va-t-on avoir affaire à une histoire des idées politiques ou une histoire politique
des idées ?
Dans une histoire des idées politiques, on fait l’histoire des conceptions que l’homme
s’est fait de la politique.
Dans une histoire politique des idées, les idées sont étudiées comme des armes
stratégiques dans les batailles politiques. On accorde moins d’attention à
l’argumentation des idées mais on en accorde plus à la fonction politique des idées, la
façon dont les idées reflètent des objectifs politiques. La politique est alors vue
comme une guerre entre adversaires. L’histoire politique des idées est une histoire
des stratégies politiques qui étudie les idées comme des éléments à l’intérieur des
stratégies menées par des acteurs qui ont des objectifs précis et qui s’adressent à un
public précis, une classe sociale précise.
A. L’histoire, un savoir historiquement situé
On ne peut pas commencer par le commencement absolu car il n’existe pas. On détermine
le passé par rapport à notre présent, pris dans une incertitude qui est que nous ne savons
pas quel est notre futur. Le passé est interprété par le prisme de nos évidences présentes, au
risque de l’anachronisme et des illusions rétrospectives.
Une histoire qui se dit universelle, ne l’est pas. Elle n’est qu’une juxtaposition d’histoire
locales. Elle ne choisit que des régions, des époques, des groupes d’individus et des individus
dans ces groupes et les fait ressortir comme des figures discontinues sur un continu.
Une histoire vraiment totale se neutraliserait elle-même. Ce qui rend l’histoire possible, c’est
qu’un sous-ensemble d'événements se trouve, pour une période donnée, avoir
approximativement la même signification pour un contingent d’individus qui n’ont pas
nécessairement vécu ces événements.
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