Fiche générale : La Machine
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Indices pour une problématisation :
MARX en 15 thèses :
-11 thèses sur FEUERBACH
Il y a, dans la pensée marxienne, un souci d’efficacité politique : il ne s’agit pas que de penser mais de justifier une action
politique révolutionnaire, pour pousser au-delà de la Révolution française. Il y a, trois dimension de la pensée marxienne :
d’abord une théorie économique (inspirée de celle de Smith et de Ricardo surtout), une doctrine philosophique
(d’inspiration hégélienne), et une pensée proprement politique (inspirée, elle, du socialisme à la française de Proudhon,
Saint-Simon et de Fourrier)
La science économique est au fondement de son système : il propose une science complète de l’homme, sachant que la
science économique est pour lui la plus fondamentale.
Les 15 thèses :
-La valeur travail : il faut sortir du fétichisme de la marchandise, un objet n’a pas de valeur marchande
intrinsèque→naïveté que de croire cela.
Il y a 3 concepts pour analyser la marchandise :
la valeur d’usage : l’usage, l’utilité de la marchandise, qui détermine la demande
la valeur d’échange : le prix sur le marché, fixé selon l’offre et la demande
la valeur travail : qui représente la quantité de temps nécessaire pour produire un objet, des matières brutes
jusqu’à l’objet fini.
-la force productive et les rapports de production : le deuxième est l’ensemble des rapports juridiques et politiques
qui structurent une classe dans le système inégalitaire. Le premier rassemble les éléments mis en oeuvre par les
hommes pour produire leurs moyens d’existence (les moyens musculaires et nerveux, les moyens de production et
la nature elle-même)
Il y a, chez Marx, trois grandes classes :
1. la classe dominante : les propriétaires du capital (qui est constitué par les moyens de production privatisés)
2. La classe moyenne : constitué des travailleurs indépendants, artisans, petits propriétaires
3. la classe des dominés : les prolétaires (qui sont les travailleurs salariés) .
Fiche générale : La Machine 1
, -La plue-value : c’est le propre du système capitaliste, la recherche du profit pour lui-même, ou l’argent n’est plus un moyen
mais une fin. Sa recherche marque une rupture en ce qu’avant les producteurs consommaient leur propre production.
Cette plue-value (=l’argent qui fait des petits) vient de la relation entre salarié prolétaire et propriétaire des moyens de
production. C’est une relation inégalitaire fondée sur le contrat : inégalitaire car le prolétaire n’a de choix que de signer
ce contrat, car il est sinon dans l’incapacité de subvenir à ses besoins vitaux ou à ceux de sa famille. La plue-value est
la différence entre la valeur de ce qu’il produit, son prix sur le marché et son salaire (qui est au moment où écrit Marx)
d’environ 20%. C’est du temps où il travaille gratuitement, sans être payé, où il est esclave. Le principe du travail
salarié réside dans le droit de propriété privé : la possession de moyens de production justifie cet esclavage, qui est une
appropriation du corps de l’ouvrier, considéré comme un outil de production. Le capital n’est pas que un capital fixe ( bien
immobilier, machines..) c’est aussi un capital dynamique ( des vies).
-Le surtravail : extorsion cachée→ les ouvriers n’ont pas le choix que de se vendre, car sinon ils meurent de faim.
Interlude dans les 15 thèses :
Le machinisme : les machines modernes augmentent la production de manière exponentielle→ c’est un changement
d’ordre de grandeur tellement les gains sont importants. Il s’agit ici d’une démultiplication de la productivité
(=quantité produite x temps de travail par travailleur ). C’est en cela que l’industrialisation bouleverse l’ordre
économique de la société.
Il y a avait, ainsi que nous l’avons vu supra, trois classes initiales : la bourgeoisie industrielle, la classe moyenne et le
prolétariat.
L’accroissement de la productivité est responsable d’un phénomène de concentration (rassemblement dans des
grands complexes d’usine). Cela entraîne une baisse du coût unitaire des produits grâce à des économies d’échelle
(petites économies à plusieurs niveaux de la chaîne de production qui, prise dans leur ensemble, permettent de faire des
économies plus conséquentes.
Dans un marché concurrentiel, les biens produits par les grandes industries mettent à mal les petits producteurs qui,
au moyen-long terme ne peuvent plus du tout faire concurrence et se retirent. Ainsi la classe moyenne perd
progressivement en effectif, au contraire de la classe prolétarienne qui s’agrandit de plus en plus.
Ceux qui possèdent les plus grandes unités de production font de gros bénéfices et investissent dans des machines.
Ils licencient ensuite des ouvriers et rentabilisent leurs investissements en produisant plus et en payant moins
d’ouvriers. Le phénomène de concentration et ses conséquences expliquent la disparition progressive de la classe
moyenne, victime d’une importante paupérisation en même temps que l’enrichissement considérable des
industriels.
S’ensuit ce que l’on appelle la baisse tendancielle du taux de profit.
=Vendre un produit dans ce système capitaliste et concentré consiste à produire le moins coûteusement possible pour
vendre au prix le plus élevé : cela amène à baisser les salaire au minimum et à utiliser les machines les plus
performantes. Or les gens ne sont plus en capacité d’acheter. De la disparition de la classe moyenne et de cette
paupérisation découle une crise de surproduction qui est une crise de sous-consommation. Les entreprises ne
parviennent plus à écouler leurs stocks et risquent de faire faillite, ce qui les poussent à licencier massivement, ce qui
fait monter le taux de chômage.
Cela s’observe particulièrement bien sous la Monarchie de Juillet en France dans les années 1840 : le phénomène de
concentration appauvrit les classes agricoles et laborieuses, ce qui entraîne un exode rural massif. Cela amène ensuite les
industries de provinces à subir des crises de surproduction (incapacités à écouler les stocks) qui débouchent sur des
licenciements de masse (700.000 ouvriers de la métallurgie au chômage).
La seule issue que voit Marx à ce type de crise qui peut débouche sur une crise générale, est une révolution qui va
permettre aux ouvriers, au moyen d’une dictature provisoire du prolétariat, de redistribuer les moyens de production et
de les collectiviser. Si les travailleurs se partagent la possession de ces moyens de production, nous aboutirons à une
société sans classe.
=Il n’y a là aucune raison morale, seulement, le capitalisme, par les contradictions qui lui sont inhérentes contient en germe
et appelle un système nouveau. (=la dialectique)
Retour aux 15 thèses : les thèses philosophiques de MARX
-idéologie : ensemble des préjugés d’une société qui confortent l’ordre social.
Fiche générale : La Machine 2
, -le matérialisme historique : l’infrastructure détermine la superstructure. Les évolutions techniques entraînent la
transformation de l’économie. Les évolutions économiques ( comme vu plus haut) déterminent le social. Le social lui-même
détermine le politique (on passe d’une société agricole à une société tournée vers le commerce-le peuple de boutiquier-)Le
politique détermine l’idéologie (les conceptions religieuses, morales et philosophiques de la doxa)→la superstructure.
Les conditions matérielles d’existence déterminent les représentations qui habitent la conscience individuelle.
=lorsque j’emploi des concepts philosophique, c’est l’aboutissement de plein de conditions précédentes
-le matérialisme dialectique : remettre le “Système” qui marchait sur la tête, sur ses pieds. Le réel est constitué de
contradictions et tout changement est la résolution de ces contradictions. La réalité, c’est le devenir.
Nous passons avec Marx, d’un idéalisme dialectique (affirmation, négation puis négation de la négation) à un matérialisme
historique : la lutte des classe est le moteur de l’Histoire.
=dans la dialectique, c’est par la médiation du négatif que s’accomplit le positif. Le progrès s’accomplit par la guerre, par
la révolution⇒ l’antagonisme de classe qui traverse la société est dépassé.
-les thèses politiques de MARX :
-critique des socialistes utopiques (=du type de Thomas More, de Fourrier, de Saint-Simon).
Marx leur reproche la croyance en une anticipation possible du réel. C’est dans la vie, dans les conditions matérielles
d’existence qu’est déterminée la conscience et non l’inverse. Il y a, selon lui un fondement idéaliste aux utopies. Le
socialisme réel est tiré des conditions matérielles d’existences et les rapports de production. Nous ne pouvons en aucun cas
imaginer de quoi sera faite la société de demain dans les limites de concepts contemporains.
-critique des libertés formelles : Marx distingue les libertés formelles (qui sont politiques, comme le droit de suffrage,
d’être élu et les libertés civiles, qui consistent en un renoncement à faire ce qui peut nuire à autrui) et les libertés réelles
(droit au travail, à l’instruction, à la santé : où le citoyen a accès à des services qui lui permettent de faire le bien⇒ cela
requiert une liberté sociale. )
-critique des libertés fondamentales : plus particulièrement du concept bourgeois de “garantie de la propriété”.
-critique du contrat : marché de dupe →il y a une domination préalable dans la situation d’origine qui est entérinée par le
contrat.
-critique de l’État : il est au service des intérêts de la classe dominante, il n’est en aucun cas l’arbitre impartial que l’on peut
s’imaginer. Le communisme, c’est précisément l’absence d’État.
→ capitalisme en crise : dictature du prolétariat (pendant un temps déterminé) pour mettre en place un ordre économique
déterminé⇒ c’est une privation de liberté provisoire.
-Par-delà technophobie et technophilie
En son Éthique à Nicomaque, Aristote définit ainsi la “TECHNÊ” grecque : elle est “un savoir-produire accompagné de la
connaissance de règles”.
La technê est surtout un savoir-produire (qui relève de la poèsis = ordre de la production industrielle, artistique, agric…)
qui est moralement neutre et qui est accompagné de règles, ce qui permet de relier notre action à la production. La règle
est en somme le meilleur moyen d’atteindre notre but.
Un système technique est une réalité d’ordre sociale et civilisationnelle (= en terme anthropologique). Si la civilisation
est un cas particulier de culture marqué par une cité, par la ville, le système technique est l’organisation sociale qui
découle de son type d’organisation.
Les premières villes découlent du travail des métaux. Puis se développent des activités qui ne sont pas liées aux
besoins vitaux⇒ l’écriture, puis le travail proprement intellectuel. Puis ultimement la cité règle les litiges face à un
juge, devant lequel on débat.
Et bien le système technique, en propre, est l’organisation sociale qui découle de l’organisation des sociétés : la grande
révolution, dans cette perspective est la machine à vapeur de Watt. La machine ici se substitue à l’outil et aux engins. Bien
que les moulins à vent peuvent déjà être considérés comme des machines en ce qu’ils transforment une énergie en une autre,
et que le moulin, présent déjà chez les Romains, a été largement utilisé dans le cadre du monachisme, régit du fait d’une
règle stricte répartissant travail, prière et travail intellectuel, par un impératif d’efficacité.
Fiche générale : La Machine 3