Histoire des idées politiques après
1789
Redécouverte de plusieurs courants politiques : républicanisme, libéralisme, contre-
révolutionnaire, pensée conservatrice, romantisme, nationalisme, communisme et socialisme.
FUKUYAMA : n de l’histoire -> triomphe universel de la démocratie libérale.
FURET : « L‘Histoire est un éternel recommencement », Penser la Révolution française. La
révolution ne doit plus susciter de passion car c’est un objet mort.
1640-1660 : période de Grande Rébellion : sont pensés les grands concepts de souveraineté
citoyenneté et liberté.
Titre 1 : La Matrice Révolutionnaire
De La Pensée Politique Contemporaine
Section 1 : la pensée politique de la Révolution américaine
Traité de Paris : clôt la guerre de 7 ans de 1763, perdue par la France.
Adams : il voit dans la taxe du timbre une loi tyrannique -> machine fabriquée par le
parlement britannique pour anéantir les droits et libertés de l’Amérique.
Congrès de New York : il est essentiel à la liberté d’un peuple et au droit imprescriptible
des anglais qu’on ne les taxe qu’avec leur consentement personnel ou celui de leur
représentants.
10 mai 1775 : réunion des colonies pour protester contre les mesures du Parlement
mais elles manifestent le désir de trouver une loi diplomatique et rester dans l’empire
britannique.
Georges III ne cède pas et décrète que les colonies sont encore en état de rébellion.
Juin 1775 : Massachusetts demande l’autorisation de former un nouveau
gouvernement -> de nombreuses colonies deviennent indépendantes avec une
constitution écrite pour chacune.
§ 1 : John Adams, penseur du constitutionnalisme écrit
Ancien régime : idée de loi fondamentale, constitution coutumière d’un royaume.
Pouvoir constituant aux USA : le peuple rati e la constitution.
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, Constitutionnalisme : pacte originel, contrat social résultant d’un plan ré échi et d’une
libération sereine et collective.
Adams a participé à la rédaction de la constitution du Massachusetts. Il va écrire
Défense des constitutions américaines. Paru en 1787, avant la rédaction de la
constitution américaine pour répondre à Condorcet et Turbot qui disaient que les
américains avaient copié le modèle britannique. C’est un échantillon du genre de
lecture et de recherche qui ont produit les constitutions américaines.
Il écrit aussi Pensée sur le gouvernement, une sorte de guide de rédaction des
constitutions.
Il dit qu’il ne faut pas rejeter en bloc la constitution britannique mais retrouver la
forme et l’esprit originaire et en dégager les principes cardinaux.
République = gouvernement des lois donc des Hommes. Il faut que la loi règne et non
les Hommes.
Il fait de la souveraineté la base de son édi ce constitutionnel qui repose sur 3 principes
fondamentaux :
- Représentation : « La formation d’une assemblée représentative constitue la tache la
plus dif cile car il faudrait que cette assemblée soit en miniature un portrait exact du
peuple dans son ensemble. Elle devrait penser, sentir, agir, raisonner et agir comme
lui » : donc séparation des pouvoirs nécessaire
- Séparation des pouvoirs : Un corps unique ne saurait concentrer en son sein le
pouvoir exécutif, législatif et judiciaire. La séparation est la non-réunion de la totalité
de deux pouvoirs dans les mêmes mains, ce n’est pas forcément une séparation
fonctionnelle.
- Triple balance au sein du corps législatif : la séparation stricte des pouvoirs qui
verrait l’assemblée exercer la totalité du pouvoir législatif ou un autre corps exercer
entièrement le pouvoir exécutif entrainerait un affrontement inévitable. Il faut séparer
le pouvoir législatif entre l’assemblée et l’organe titulaire du pouvoir exécutif en lui
donnant un droit de véto législatif. Il propose la création d’un Sénat sur le modèle de
la chambre haute anglaise.
Adams à Louis XVI « le malheur, Sir, c’est que la France n’a point de Constitution ». Il lui
rappelle que des idées semblables avait déjà couté la tête à un roi en 1647.
Il va être second président des USA et se montrera partisan du libéralisme.
§ 2 : Thomas Paine : le sens commun et le républicanisme des
droits de l’Homme
Rights of Men. Va lui valoir le titre de citoyen français et lui permettre de siéger avec les
girondins dont Brissot et Condorcet.
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,Justice agraire, 1797 : lance un appel à la révolution dans l’État de civilisation
Politique redistributive, précurseur du revenu universel.
Ses idées sont tournées vers les pensées politiques.
Il écrit que « la cause de l’Amérique est dans une large mesure la cause de l’humanité
toute entière. »
Il confère à ces événements une « valeur universelle, qui touche à tous les principes
chers à tous les amis du genre humain. » : le genre humain est ainsi conçu comme une
universalité.
Il fait de la révolution américaine la cause du genre humain et des droits de l’homme.
Il critique la constitution d’Angleterre : « La constitution tant vantée de la Grande-
Bretagne est formée de vestiges méprisables de deux anciennes tyrannies : les restes de
la tyrannie monarchique en la personne du Roi, les restes de la tyrannie Aristocratique en
la personne des pères, combiné avec quelques matériaux de républicanisme en la
personne des membres des communes sur la vertu desquels repose la liberté
d’Angleterre. »
Il propose un gouvernement composé d’une assemblée unique et d’un président
dépourvu de véritable pouvoirs.
L’Amérique est en route vers la rupture du 4 juillet 1776 avec la déclaration
d’indépendance.
§ 3 : Thomas Jefferson, père de la déclaration d’indépendance
et défenseur de l’esprit républicain de 1776
Premiers mots de la déclaration d’indépendance : « Nous tenons pour évidentes pour
elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par
le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et
la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour
garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes
les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit
de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les
principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la
sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis
depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères,
et l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés
à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les
formes auxquelles ils sont accoutumés.»
Jefferson en a écrit le brouillon. Il sera 3ème président de l’Union américaine en 1801.
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, La déclaration comporte une ambition universalité : droit naturel qui dote les hommes
d’un droit inaliénable : vie, liberté, recherche du bonheur.
Les américains estiment que le peuple doit disposer d’un droit de contrôle des
gouvernements pour véri er qu’ils remplissent le mandat qui leur a été con é :
mé ance envers le pouvoir qui va les conduire à reconnaître le droit de résistance à
l’oppression.
Jefferson est favorable à une liberté absolue et illimitée en matière de religion et
de presse.
Il deviendra ambassadeur de la France et des USA en 1785. Enthousiasme pour la
révolution française : veut y voir un prolongement des principes de la révolution
américaine. Il a con ance en le peuple et ses vertus.
Il critique l’absence de déclaration de droits alors que toutes les constitutions fédérées
en avaient. -> rédaction des 10 premiers amendements.
Critique aussi la ré éligibilité in nie du président
Nécessité d’une révision périodique de la constitution.
Partisan d’un gouvernement frugal : la terre appartient à ceux qui la cultivent.
§ 4 : la constitution de 1787, Hamilton et les federalist pepper,
le renforcement de l’exécutif fédéral
Le 2nd congrès va adopter en 1777 les articles de la confédération : consacrent l’union
des républiques américaines entres elles.
Hamilton : critique les institutions. Son appel permet d’aboutir à la convention de
Philadelphie en 1787 d’où sortira la constitution américaine qui instaure un
gouvernement national fort fondé sur la souveraineté du peuple.
La constitution devra être rati ée par au moins 9 États sur 13 : pouvoir constituant.
§ 5 : le federalist, un guide pour comprendre les principes
fondateurs de la République américaine
Le débat sur la constitution permet de comprendre la nature du fédéralisme américain.
Critique sur le renforcement du pouvoir central au détriment des États fédérés et
tendance aristocratique voire monarchique du régime.
Anti-fédéralistes : croient que la république ne convient qu’aux petits États.
Hamilton Jay et Madison vont publier des lettres signées Publius : résumé de leurs
pensées constitutionnelles.
Federalist : montrer que la constitution proposée permet un renforcement du pouvoir et
de la liberté.
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Redécouverte de plusieurs courants politiques : républicanisme, libéralisme, contre-
révolutionnaire, pensée conservatrice, romantisme, nationalisme, communisme et socialisme.
FUKUYAMA : n de l’histoire -> triomphe universel de la démocratie libérale.
FURET : « L‘Histoire est un éternel recommencement », Penser la Révolution française. La
révolution ne doit plus susciter de passion car c’est un objet mort.
1640-1660 : période de Grande Rébellion : sont pensés les grands concepts de souveraineté
citoyenneté et liberté.
Titre 1 : La Matrice Révolutionnaire
De La Pensée Politique Contemporaine
Section 1 : la pensée politique de la Révolution américaine
Traité de Paris : clôt la guerre de 7 ans de 1763, perdue par la France.
Adams : il voit dans la taxe du timbre une loi tyrannique -> machine fabriquée par le
parlement britannique pour anéantir les droits et libertés de l’Amérique.
Congrès de New York : il est essentiel à la liberté d’un peuple et au droit imprescriptible
des anglais qu’on ne les taxe qu’avec leur consentement personnel ou celui de leur
représentants.
10 mai 1775 : réunion des colonies pour protester contre les mesures du Parlement
mais elles manifestent le désir de trouver une loi diplomatique et rester dans l’empire
britannique.
Georges III ne cède pas et décrète que les colonies sont encore en état de rébellion.
Juin 1775 : Massachusetts demande l’autorisation de former un nouveau
gouvernement -> de nombreuses colonies deviennent indépendantes avec une
constitution écrite pour chacune.
§ 1 : John Adams, penseur du constitutionnalisme écrit
Ancien régime : idée de loi fondamentale, constitution coutumière d’un royaume.
Pouvoir constituant aux USA : le peuple rati e la constitution.
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, Constitutionnalisme : pacte originel, contrat social résultant d’un plan ré échi et d’une
libération sereine et collective.
Adams a participé à la rédaction de la constitution du Massachusetts. Il va écrire
Défense des constitutions américaines. Paru en 1787, avant la rédaction de la
constitution américaine pour répondre à Condorcet et Turbot qui disaient que les
américains avaient copié le modèle britannique. C’est un échantillon du genre de
lecture et de recherche qui ont produit les constitutions américaines.
Il écrit aussi Pensée sur le gouvernement, une sorte de guide de rédaction des
constitutions.
Il dit qu’il ne faut pas rejeter en bloc la constitution britannique mais retrouver la
forme et l’esprit originaire et en dégager les principes cardinaux.
République = gouvernement des lois donc des Hommes. Il faut que la loi règne et non
les Hommes.
Il fait de la souveraineté la base de son édi ce constitutionnel qui repose sur 3 principes
fondamentaux :
- Représentation : « La formation d’une assemblée représentative constitue la tache la
plus dif cile car il faudrait que cette assemblée soit en miniature un portrait exact du
peuple dans son ensemble. Elle devrait penser, sentir, agir, raisonner et agir comme
lui » : donc séparation des pouvoirs nécessaire
- Séparation des pouvoirs : Un corps unique ne saurait concentrer en son sein le
pouvoir exécutif, législatif et judiciaire. La séparation est la non-réunion de la totalité
de deux pouvoirs dans les mêmes mains, ce n’est pas forcément une séparation
fonctionnelle.
- Triple balance au sein du corps législatif : la séparation stricte des pouvoirs qui
verrait l’assemblée exercer la totalité du pouvoir législatif ou un autre corps exercer
entièrement le pouvoir exécutif entrainerait un affrontement inévitable. Il faut séparer
le pouvoir législatif entre l’assemblée et l’organe titulaire du pouvoir exécutif en lui
donnant un droit de véto législatif. Il propose la création d’un Sénat sur le modèle de
la chambre haute anglaise.
Adams à Louis XVI « le malheur, Sir, c’est que la France n’a point de Constitution ». Il lui
rappelle que des idées semblables avait déjà couté la tête à un roi en 1647.
Il va être second président des USA et se montrera partisan du libéralisme.
§ 2 : Thomas Paine : le sens commun et le républicanisme des
droits de l’Homme
Rights of Men. Va lui valoir le titre de citoyen français et lui permettre de siéger avec les
girondins dont Brissot et Condorcet.
2 sur 41
fi fi fl
,Justice agraire, 1797 : lance un appel à la révolution dans l’État de civilisation
Politique redistributive, précurseur du revenu universel.
Ses idées sont tournées vers les pensées politiques.
Il écrit que « la cause de l’Amérique est dans une large mesure la cause de l’humanité
toute entière. »
Il confère à ces événements une « valeur universelle, qui touche à tous les principes
chers à tous les amis du genre humain. » : le genre humain est ainsi conçu comme une
universalité.
Il fait de la révolution américaine la cause du genre humain et des droits de l’homme.
Il critique la constitution d’Angleterre : « La constitution tant vantée de la Grande-
Bretagne est formée de vestiges méprisables de deux anciennes tyrannies : les restes de
la tyrannie monarchique en la personne du Roi, les restes de la tyrannie Aristocratique en
la personne des pères, combiné avec quelques matériaux de républicanisme en la
personne des membres des communes sur la vertu desquels repose la liberté
d’Angleterre. »
Il propose un gouvernement composé d’une assemblée unique et d’un président
dépourvu de véritable pouvoirs.
L’Amérique est en route vers la rupture du 4 juillet 1776 avec la déclaration
d’indépendance.
§ 3 : Thomas Jefferson, père de la déclaration d’indépendance
et défenseur de l’esprit républicain de 1776
Premiers mots de la déclaration d’indépendance : « Nous tenons pour évidentes pour
elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par
le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et
la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour
garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes
les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit
de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les
principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la
sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis
depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères,
et l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés
à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les
formes auxquelles ils sont accoutumés.»
Jefferson en a écrit le brouillon. Il sera 3ème président de l’Union américaine en 1801.
3 sur 41
, La déclaration comporte une ambition universalité : droit naturel qui dote les hommes
d’un droit inaliénable : vie, liberté, recherche du bonheur.
Les américains estiment que le peuple doit disposer d’un droit de contrôle des
gouvernements pour véri er qu’ils remplissent le mandat qui leur a été con é :
mé ance envers le pouvoir qui va les conduire à reconnaître le droit de résistance à
l’oppression.
Jefferson est favorable à une liberté absolue et illimitée en matière de religion et
de presse.
Il deviendra ambassadeur de la France et des USA en 1785. Enthousiasme pour la
révolution française : veut y voir un prolongement des principes de la révolution
américaine. Il a con ance en le peuple et ses vertus.
Il critique l’absence de déclaration de droits alors que toutes les constitutions fédérées
en avaient. -> rédaction des 10 premiers amendements.
Critique aussi la ré éligibilité in nie du président
Nécessité d’une révision périodique de la constitution.
Partisan d’un gouvernement frugal : la terre appartient à ceux qui la cultivent.
§ 4 : la constitution de 1787, Hamilton et les federalist pepper,
le renforcement de l’exécutif fédéral
Le 2nd congrès va adopter en 1777 les articles de la confédération : consacrent l’union
des républiques américaines entres elles.
Hamilton : critique les institutions. Son appel permet d’aboutir à la convention de
Philadelphie en 1787 d’où sortira la constitution américaine qui instaure un
gouvernement national fort fondé sur la souveraineté du peuple.
La constitution devra être rati ée par au moins 9 États sur 13 : pouvoir constituant.
§ 5 : le federalist, un guide pour comprendre les principes
fondateurs de la République américaine
Le débat sur la constitution permet de comprendre la nature du fédéralisme américain.
Critique sur le renforcement du pouvoir central au détriment des États fédérés et
tendance aristocratique voire monarchique du régime.
Anti-fédéralistes : croient que la république ne convient qu’aux petits États.
Hamilton Jay et Madison vont publier des lettres signées Publius : résumé de leurs
pensées constitutionnelles.
Federalist : montrer que la constitution proposée permet un renforcement du pouvoir et
de la liberté.
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