1871)
Chapitre 4 : La France et la construction de nouveaux États par la guerre et la
diplomatie
Définitions du chapitre :
Le Risorgimento : mot signifiant « Résurgence » en italien. Il désigne un mouvement
politique et social qui se donne pour objectif la renaissance d’une Italie libre et
indépendante.
La diplomatie : mise en œuvre de la politique étrangère d’un État par l’intermédiaire
d’alliances et de traités qui relèvent de la négociation internationale.
La guerre : une situation conflictuelle qui se manifeste généralement sous la forme d’un
conflit armé en vue de défendre un territoire, un droit ou une idée.
La nation : Communauté dont les membres se sentent unis par un territoire, une identité
historique et culturelle et une volonté politique commune.
États pontificaux : territoires de l’Italie centrale sur lesquels le pape a le statut de
souverain, depuis le Moyen Age.
Expédition des Mille : étape du Risorgimento, en 1860, Guiseppe Garibaldi et un groupe
de patriotes italiens conquièrent le Royaume des Deux-Siciles au sud de la péninsule
italienne.
Fédération : alliance politique d’États autonomes qui mettent en commun une partie de
leurs compétences.
II Risorgimento : journal créé par Cesare Balbo et Camillo Cavour en 1847 pour
défendre les idées libérales et le principe d’unité italienne.
Pouvoir temporel : pouvoir politique exercé par le pape en tant que souverain sur les
États pontificaux de l’Italie centrale.
Société nationale italienne : mouvement politique né en 1857 prônant l’unité autour de
la monarchie constitutionnelle du Piémont.
Confédération de l’Allemagne du Nord : alliance de 22 États allemands du Nord autour
de la Prusse, créée en 1867.
Dépêche d’Ems : lettre de Guillaume Ier à Bismarck rendue publique par celui-ci pour
créer une tension diplomatique et pousser la France à déclarer la guerre.
« Grande-Allemagne » : projet d’une vaste confédération associant l’Autriche, la Prusse
et tous les petits États allemands.
« Petit-Allemagne » : projet d’une confédération limité à la Prusse et aux seuls États
allemands excluant l’Autriche.
Révolution de Mars : nom de la révolution de 1848, ou « Printemps des peuples », dans
les États allemands.
, Contexte :
Après l’échec de la révolution de 1848, la construction de l’unité italienne est portée par
le comte Cavour et le roi Piémont-Sardaigne, Victor Emmanuel II, qui devient roi d’Italie
en 1861.
Pour que la France retrouve son rôle dans le concert des nations, Napoléon II adopte une
politique étrangère active et rencontre régulièrement les dirigeants européens.
Lorsqu’il devient empereur, Napoléon III affirme que « l’empire, c’est la paix ». Il
n’hésite pas à mobiliser l’armée pour défendre les intérêts de l’Italie contre l’Autriche en
1859, mais aussi de la France contre la Prusse en 1870.
Au cours du XIXe siècle, de nombreux peuples définissent les caractéristiques de leur
identité nationale et revendiquent le droit de constituer un État souverain. Comme en
Italie et en Allemagne entre 1848 et 1870.
Introduction :
Entre 1848 et 1871, la France soutient la construction des unités italiennes et allemandes
au nom du principe des nations. En Italie, le mouvement du Risorgimento est porté par le
Royaume de Piémont-Sardaigne, tandis qu’en Allemagne, la Prusse tente de s’imposer contre
l’Autriche.
Napoléon III apporte son soutien militaire à ses alliés mais il redoute une guerre
généralisée en Europe. C’est pourquoi il adopte une diplomatie prudente qui défend les intérêts
de la France tout en ménageant les autres puissances.
, Cours/Résumé 1 : La France et l’unité italienne (1848-1870)
A- Les espoirs d’unité au lendemain de 1848
1) Un territoire morcelé et dominé
Au milieu du XIXe siècle : L’Italie est divisée en plusieurs entités politiques :
- Le Royaume de Piémont-Sardaigne au Nord
- Le Royaumes des Deux-Siciles au Sud
- Les États pontificaux au centre
- Plusieurs duchés
- L’Empire d’Autriche domine le Nord de la péninsule italienne en
contrôlant la riche région de Lombardie-Vénétie.
2) L’échec des premières tentatives d’unité italienne
Pendant la domination napoléonienne et lors du Printemps des peuples :
Constitution d’un sentiment national italien
Naissance de revendications de liberté et d’unité nationale exprimées par le
Risorgimento
1849 : Échec des mouvements révolutionnaires qui conduit à la restauration
d’un ordre monarchique autoritaire, sous l’impulsion de l’Autriche et de la
Papauté.
3) Le Piémont, moteur de l’unité
Au début des années 1850 : les libéraux modérés et les partisans de l’unité
italienne comme Guiseppe Mazzini et Garibaldi, reportent leur espoir de
changements politiques sur le royaume de Piémont, seul État constitutionnel.
1852 : le roi Victor Emmanuel II confie la présidence du Conseil au comte de
Cavour, fondateur du journal II Risorgimento et partisan de l’unité italienne
construite autour de la monarchie modérée de Piémont.
À partir de 1857 : soutient de la Société nationale italienne