Cours sur la liberté politique
Distinctions conceptuelles à maîtriser
A) Liberté naturelle – liberté civile.
La liberté naturelle est la liberté « sauvage ». Elle coïncide avec l’affirmation de la vie dans
son dynamisme naturel. Elle consiste à faire tout ce qui plaît (= licence ou liberté déréglée.),
sans entrave. Sa seule loi est la poursuite de la satisfaction. Ainsi si quelque chose « tente »,
suscite un attrait, et si l’être déterminé par cette impulsion a la force de se l’approprier, rien ne
l’arrête. La liberté naturelle n’est limitée que par les forces de l’individu. Dans l’état de nature,
le droit de chacun s’étend jusqu’où s’étend sa force (cf cours sur HOBBES). Mais la force
n’est jamais assez forte pour garantir un exercice effectif de la liberté car les forces des uns,
celles du muscle ou de la ruse, limitent celles des autres, les menacent et les réduisent
à l’impuissance. L’état de nature est donc un état de violence, de guerre de tous contre tous,
convertissant la fameuse liberté naturelle en son contraire. Elle se ramène en réalité à
une impuissance généralisée.
*
La liberté civile est une liberté réglée par la loi ; elle est donc limitée par la loi mais, paradoxe,
la loi est moins ce qui supprime la liberté que ce qui en garantit l’exercice effectif en la mettant
à l’abri du danger que représentent les libertés naturelles. En renonçant par le contrat social à
la liberté naturelle, en aliénant celle-ci, le citoyen ne renonce pas à la liberté, il met, au contraire,
en place l’artifice lui permettant de jouir d’une liberté effective. Loin que la loi civile soit le
tombeau de la liberté, elle en est la condition. Il s’agit de renoncer à une liberté fictive pour
une liberté réelle, celle qui n’a d’effectivité qu’avec la loi la protégeant des empiétements que
ne manqueraient de se permettre des libertés naturelles.
La liberté advient donc avec la loi civile ou périt avec elle clame haut et fort Rousseau :
« Il n’y a donc point de liberté sans Lois, ni là où quelqu’un est au-dessus des Lois[…] Un
peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs et non pas des maîtres ; il obéit aux Lois,
mais il n’obéit qu’aux Lois et c’est par la force des Lois qu’il n’obéit pas aux hommes. »
Rousseau. Lettres de la Montagne.1764.
B) Hétéronomie et autonomie.
S’il faut se protéger de la menace que chacun représente pour chacun, cela signifie que la
liberté politique est une liberté-indépendance. Liberté par rapport aux autres : en
anglais freedom from. Il s’agit de se mettre à l’abri de l’arbitraire des autres volontés.
Rappelons ce qui a été vu dans la réflexion sur l’Etat : la servitude consiste toujours pour une
volonté humaine à être soumise au pouvoir d’une autre volonté, à son bon plaisir. Il s’ensuit
que « les hommes ont inventé l’Etat pour ne pas obéir aux hommes » (Georges Burdeau), pour
affranchir les rapports d’autorité et d’obéissance de ce qu’il y a d’humiliant pour un homme
d’avoir à se soumettre à un autre homme.
Conséquence : la liberté va de pair avec l’autonomie.
Distinctions conceptuelles à maîtriser
A) Liberté naturelle – liberté civile.
La liberté naturelle est la liberté « sauvage ». Elle coïncide avec l’affirmation de la vie dans
son dynamisme naturel. Elle consiste à faire tout ce qui plaît (= licence ou liberté déréglée.),
sans entrave. Sa seule loi est la poursuite de la satisfaction. Ainsi si quelque chose « tente »,
suscite un attrait, et si l’être déterminé par cette impulsion a la force de se l’approprier, rien ne
l’arrête. La liberté naturelle n’est limitée que par les forces de l’individu. Dans l’état de nature,
le droit de chacun s’étend jusqu’où s’étend sa force (cf cours sur HOBBES). Mais la force
n’est jamais assez forte pour garantir un exercice effectif de la liberté car les forces des uns,
celles du muscle ou de la ruse, limitent celles des autres, les menacent et les réduisent
à l’impuissance. L’état de nature est donc un état de violence, de guerre de tous contre tous,
convertissant la fameuse liberté naturelle en son contraire. Elle se ramène en réalité à
une impuissance généralisée.
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La liberté civile est une liberté réglée par la loi ; elle est donc limitée par la loi mais, paradoxe,
la loi est moins ce qui supprime la liberté que ce qui en garantit l’exercice effectif en la mettant
à l’abri du danger que représentent les libertés naturelles. En renonçant par le contrat social à
la liberté naturelle, en aliénant celle-ci, le citoyen ne renonce pas à la liberté, il met, au contraire,
en place l’artifice lui permettant de jouir d’une liberté effective. Loin que la loi civile soit le
tombeau de la liberté, elle en est la condition. Il s’agit de renoncer à une liberté fictive pour
une liberté réelle, celle qui n’a d’effectivité qu’avec la loi la protégeant des empiétements que
ne manqueraient de se permettre des libertés naturelles.
La liberté advient donc avec la loi civile ou périt avec elle clame haut et fort Rousseau :
« Il n’y a donc point de liberté sans Lois, ni là où quelqu’un est au-dessus des Lois[…] Un
peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs et non pas des maîtres ; il obéit aux Lois,
mais il n’obéit qu’aux Lois et c’est par la force des Lois qu’il n’obéit pas aux hommes. »
Rousseau. Lettres de la Montagne.1764.
B) Hétéronomie et autonomie.
S’il faut se protéger de la menace que chacun représente pour chacun, cela signifie que la
liberté politique est une liberté-indépendance. Liberté par rapport aux autres : en
anglais freedom from. Il s’agit de se mettre à l’abri de l’arbitraire des autres volontés.
Rappelons ce qui a été vu dans la réflexion sur l’Etat : la servitude consiste toujours pour une
volonté humaine à être soumise au pouvoir d’une autre volonté, à son bon plaisir. Il s’ensuit
que « les hommes ont inventé l’Etat pour ne pas obéir aux hommes » (Georges Burdeau), pour
affranchir les rapports d’autorité et d’obéissance de ce qu’il y a d’humiliant pour un homme
d’avoir à se soumettre à un autre homme.
Conséquence : la liberté va de pair avec l’autonomie.