Introduction :
Honoré de Balzac est un écrivain français du XIXe siècle, figure majeure du réalisme littéraire.
Son œuvre monumentale, La Comédie humaine, dresse un vaste panorama de la société
française de son temps. Son style détaillé, sa profondeur psychologique et sa critique sociale
font de lui un observateur acéré des comportements humains.
La Peau de chagrin est un roman publié en 1831, mêlant réalisme, fantastique et
philosophie. À travers l’histoire de Raphaël de Valentin, jeune homme désespéré qui obtient
un talisman exauçant tous ses désirs au prix de sa propre vie, Balzac interroge les tensions
entre volonté, destin et désir.
Le passage de la découverte de la peau se distingue par son atmosphère mystérieuse et
symbolique. L’objet magique, offert dans une boutique étrange, devient une allégorie du
pouvoir destructeur du désir humain et du temps qui s’écoule. Balzac y combine une
narration réaliste et des éléments fantastiques pour ouvrir une réflexion profonde sur la
condition humaine.
lecture expressive du texte.
Après la lecture de ce texte, nous pouvons nous demander en quoi la découverte de la peau
de chagrin, permet-t-elle à Balzac de confronter deux points de vue au service d’une critique
sociale ?
Pour répondre à cette problématique, nous pouvons décomposer le texte en trois
mouvements :
Le premier, de la ligne 1 à 8, donne à voir la leçon de philosophie de l’antiquaire.
Le deuxième de la ligne 9 à 15, présente le choix désabusé de Raphaël : rejet de la sagesse et
société.
Le troisième, de la ligne 15 à la fin, montre le désir de Raphaël : une décadence suicidaire.
Mouvement 1 : La leçon de philosophie de l’antiquaire.
Dans ce premier mouvement, Balzac met en scène un discours philosophique porté par
l’antiquaire. Ce dernier expose une vision du monde fondée sur la modération, la sagesse et
la critique des excès, qu’ils soient liés au désir ou au pouvoir.
1. Une présentation solennelle et dramatique de la peau
« Ceci, dit-il d’une voix éclatante » : le démonstratif associé au gérondif dramatise la
scène. L’antiquaire donne une dimension théâtrale à la présentation de l’objet.
« Est le pouvoir et le vouloir réunis » : construction antithétique et substantivation de
deux verbes forts. Il s’agit d’un présent de vérité générale, qui confère à l’objet un
caractère universel et symbolique.