Introduction :
Arthur Rimbaud est un poète français du XIXe siècle, dont l’œuvre, bien que brève, a
profondément marqué la poésie moderne. Son style novateur, sa rupture avec les codes
traditionnels et sa vie hors du commun en font une figure mythique de la littérature.
Les Cahiers de Douai est un ensemble de vingt-deux poèmes écrits par Arthur Rimbaud alors
adolescent. Aux poèmes amoureux se mêlent des poèmes à visée politique et satirique. On y
trouve un mélange entre tradition poétique et modernisation du langage et des thèmes.
Ma Bohème est le dernier poème de ce recueil. C’est un sonnet en alexandrins dans lequel
Rimbaud raconte ses fugues et son désir de liberté. À travers des images poétiques, un ton
léger et une certaine fantaisie, il transforme son errance en véritable aventure poétique.
lecture expressive du texte.
Après la lecture de ce texte, nous pouvons nous demander comment le sentiment de liberté
dans le texte favorise-t-il la création poétique de Rimbaud ?
Pour répondre à cette problématique, nous pouvons décomposer le texte en quatre
mouvements :
Le premier, de la ligne 1 à 4, Rimbaud dresse le portrait d’un poète vagabond.
Le deuxième de la ligne 5 à 8, évoque une écriture elle-même errante.
Le troisième, de la ligne 10 à 11, offre une communion du poète avec la nature.
Le quatrième, de la ligne 12 à 13, exprime le bonheur de la création poétique.
Mouvement 1 : Image d’un poète vagabond
Dans ce premier mouvement, Rimbaud se présente comme un poète errant, un vagabond en
quête de poésie. Le ton est à la fois enthousiaste et engagé, et cette errance devient le
moyen d’une quête artistique et créative.
1. Une évocation de l'errance et de la révolte
o Verbe « je m’en allais » : ce verbe à l’imparfait et la répétition marquent un
déplacement continu, une errance sans fin. Cela instaure un récit de fuite et
de mouvement.
o « Poings dans mes poches crevées » : l’image des poings fermés dans des
poches « crevées » évoque la pauvreté et l'isolement. Cela renforce l’idée
d’une révolte silencieuse et d’une situation matérielle difficile, créant une
forme de tension.
o Allitération en « p » : cette répétition sonore donne du rythme au vers et
renforce l’aspect sonore de l’errance. Cela soutient l’image de la pauvreté
tout en donnant de la musicalité au poème.