Introduction :
Nathalie Sarraute est une figure majeure du théâtre contemporain qui s'inscrit dans le
mouvement du Nouveau Roman. Elle est connue pour ses œuvres qui explorent les subtilités
de la communication humaine, souvent à travers des dialogues fragmentés et chargés de
non-dits. Une de ses œuvre les plus connues est Tropismes publiée en 1939.
Dans Pour un oui ou pour un non, une pièce écrite en 1981, elle se penche sur les relations
complexes et les malentendus entre deux amis. Cette pièce est caractéristique de l’écriture
de Sarraute, qui s’intéresse à ce qui se cache derrière les mots.
L’extrait que nous allons étudié est un passage tiré de la pièce « Pour un Oui ou pour un non
» de Nathalie Sarraute. H.1 cherche à confronter H.2, suspectant chez lui une jalousie envers
son bonheur familial, tandis que H.2 rejette cette idée et déconstruit les cadres
conventionnels du bonheur.
lecture expressive du texte.
Après la lecture de ce texte, nous pouvons nous demander comment Nathalie Sarraute, à
travers ce dialogue, soulève-t-elle une réflexion sur le bonheur.
Pour répondre à cette problématique, nous pouvons structurer le texte en trois mouvements
: le premier, de la ligne 1 à 16, présente la représentation sociale du bonheur ; le deuxième,
de la ligne 16 à 38, met en lumière le débat sur le regard d’autrui ; et enfin, le troisième, à
partir de la ligne 39 jusqu'à la fin, cherche à définir ce qu’est le bonheur.
Mouvement N1 : Une représentation sociale du bonheur (début à l.16) :
1. la présentation du bonheur de H1:
Complément circonstanciel de manière et de lieu (exemple : « Bien carré dans ton
fauteuil… ») : sert à décrire une image de stabilité, de confort et d’ordre. Cette image
renforce l’idée d’un bonheur familier et figé, symbolisant la paternité accomplie,
immobile et immuable dans le temps.
Imparfait : « l’image de la paternité comblée » : reflète un bonheur du passé, comme
une vision figée, un souvenir stable de la paternité idéalisée de H.1.
Formule brève et définitive (« ça se voit, c’est tout ») : insiste sur le fait que le
bonheur de H.1 est évident et naturel, qu’il ne mérite pas d’être expliqué davantage.
2. Le rejet de l’image du bonheur et la critique sous-jacente de H2 :
double négation (« Non, ce n’est pas tout. Absolument pas. ») est utilisée pour
rejeter l’image de bonheur présentée par H.1. Elle sert à signaler qu’il y a quelque