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Dissertation

Les Caractères : CAPES - Dissertations et cours sur La Bruyère

Note
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Vendu
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Pages
40
Qualité
Très Satisfaisant
Publié le
02-07-2025
Écrit en
2024/2025

Je partage mes notes de cours et dissertations avec plans détaillés sur les Caractères de La Bruyère (agrégation et capes lettres modernes).












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Publié le
2 juillet 2025
Nombre de pages
40
Écrit en
2024/2025
Type
Dissertation
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Inconnu
Qualité
Très satisfaisant

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Les Caractères de La Bruyère : cours


Paradoxe d’une œuvre copieuse qui, comme les Essais de Montaigne, s’accroit par ajouts, par addition,
jusqu’à supplanter les Caractères de Théophraste. Fragments avec un style coupé, elliptique, dense, bref.
Parfois, on retrouve le style gnomique de la sentence et de la maxime.
Le moraliste n’est pas un grand lui-même, c’est un savant, un érudit, autrement dit c’est un observateur
critique, à la fois dedans et dehors, un peu marginal. C’est un peu la position de La Fontaine à la cour, un
point de vue critique de spectateur.
Théâtres d’anatomie : la dissection est un spectacle qui n’est pas réservé aux apprentis médecin, mais qui
peut donner lieu à une représentation où le public de cour voit disséqué le corps humain dans une dimension
spectaculaire. Il y a ici quelque chose du théâtre d’anatomie, le dévoilement de la vérité derrière les
apparences jusqu’à voir le cœur de l’homme creux et plein d’ordure.
Le peintre doit essayer de peindre d’après nature : peindre les hommes en général, et les peindre de manière
fidèle dans leur propre changement.
Le paradoxe : tirer l’éternel du transitoire, trouver ce qui est dans la nature humaine universel malgré les
nuances du siècle et de la mode (un coup on est libertin, un coup on est dévot).
Préface du Discours de réception à l’Académie française de 1693 : « tout écrivain est peintre »
Variété extrême et hétérogénéité du genre des remarques : maximes, sentences, réfléxions, pastiches,
harangues, exhortations, dialogues, portraits ou éthopées.
Le portrait est distinctif, renvoyant à un individu particulier. Au XVIIe, la vogue des portraits a été très
marquée par la littérature précieuse. Le portrait participe rhétoriquement au genre de l’éloge.
L’histoire peut nous donner des portraits de scélérats, de factieux, et le portrait sera à charge.
Autrement dit, ces peintures produites par un observateur vont pouvoir être modalisées selon ce regard qui
est un regard critique et qui se situe dans une tradition morale.


La Bruyère et Molière


Ouvrage de référence : Patrick Dandrey, Molière ou l’esthétique du ridicule, 1992
Molière est un auteur mondain, auteur de cour, et parle du côté du public mondain contre les savants, les
pédants ennuyeux.
Ce modèle du galant et du pédant, du mondain et du savant, informe puissamment le classicisme. Le
classicisme c’est une littérature savante, héritière de l’humanisme, mais qui pratique un art caché. Ce sont
des auteurs savants qui, pour plaire à un public mondain, un public d’ignorants, des femmes qui ne vont pas
au collège, se font modernes en dissimulant le savoir.
La comédie moderne au XVIIe c’est la modernisation de la comédie antique.
La comédie au XVIIe siècle : qui en est l’inventeur ? Qui invente la grande comédie de mœurs et de
caractères ? Ce n’est pas Molière, mais Corneille qui, dans les années 1630, invente cette comédie
représentant des contemporains de la haute société.




1

,Le Misanthrope de Molière saisira ses personnages parmi les gens de cour : Alceste est en procès avec un autre
courtisan ; il est question d’assister au lever du roi… Nous sommes parmi les courtisans. Toutefois, ce n’est
pas une intrigue politique, mais une intrigue amoureuse.


Quand on pense à la comédie, on oppose Plaute et Térence, entre une comédie de la vis comica (Plaute) qui
est une comédie qui tend à la farce, le rire qui prend aux entrailles, et puis la comedia sus sostena (Térence), la
comédie fine, de mœurs. Molière fait la synthèse comique entre Plaute et Térence, entre Tabarin et Pierre
Corneille.
Molière y adjoint les procédés de la farce, du gros comique, de la répétition, du gestus, de la gestuelle, etc. Le
génie comique de Molière, c’est l’alliance du comique de caractère qui peint les hommes, et la comédie
bouffonne, commedia dell’arte, la farce, y compris la farce française. Ce qui articule cette synthèse, c’est le
ridicule.
Le ridicule, c’est un principe de disconvenance, un écart par rapport à la norme, alors que le classicisme est
normatif, il y a une communion dans des normes partagées. Il y a une exigence de ressemblance, de
vraisemblance, et puis il y a cette peinture du ridicule qui vient faire tache, qui vient abîmer l’harmonie du
naturel, et qui suscite le rire, un geste de défiance, parfois même de cruauté. On est pas loin du caractère qui
stigmatise. La tragédie est beaucoup plus fédératrice, le pathétique est fédérateur.
Le comique dépend de normes sociales qui varient d’un pays à l’autre. Le comique n’est pas si fédérateur
que ça.


C’est au nom de la raison que La Bruyère veut nous instruire avec ses Caractères : il veut rendre l’homme
raisonnable.
Lucrèce, De natura rerum : c’est un poème philosophique qui commence son chant II par ces vers : suave mari
magno, il décrit la posture d’un observateur sur une falaise, er dans la mer il y a des bateaux qui font naufrage,
qui représentent les vicissitudes de la vie mondaine, les dangers du monde. La posture du moraliste est une
posture de retrait loin des vicissitudes du monde.
Suave mari magno : Très doux sentiment de quiétude, de délectation que l'on éprouve lorsqu'on se sent à l'abri
de l'agitation, d'un ennui, d'un danger.
Dans la Préface de Tartuffe, Molière explique que le ridicule blesse, et qu’être moqué est plus blessant que
d’être frontalement insulté.
Il y a une opposition entre la raison, le naturel, la norme sociale et cette disconvenance d’un défaut qui nous
rend risible et nous met au ban de la société.
L’ironie et la raillerie sont des notions esthétiques propres à l’esthétique mondaine. La raillerie est utile, la
bonne raillerie est un instrument de correction morale qui permet de corriger les mœurs en riant. Ce castigat
ridendo mores, phrase de Jean Baptiste de Santeul, cette vertu correctrice des mœurs, on la trouve chez Pascal,
chez Molière, et on voit que La Bruyère s’inscrit dans cette tradition-là.
Ce ridicule suppose une comédie vraisemblable, ressemblante, articulée sur le naturel, la vérité du
personnage pour précisément que nous nous identifions à lui.
Toute la finesse de Molière est de ne pas tomber dans la caricature. Synthèse équilibriste entre ressemblance
du caractère et caricature.
Patrick Dandrey distingue la chimère et la marotte : chez Molière, les personnages chimériques qui vivent
dans leur monde, dans l’illusion, totalement irréels, dans un univers bien à eux, qui les coupent de la réalité
du monde par égocentrisme (ex : Monsieur Jourdain).

2

,Les personnages à marotte sont obsédés par une seule chose, comme Harpagon et la cassette.
Le chapitre V « De la Société et de la Conversation » est très moliéresque. Par exemple, l’amateur de tulipes
dans le chapitre « De la mode » est un personnage à marotte.
L’esthétique du ridicule est offerte comme un miroir aux honnêtes gens pour grossir le trait jusqu’à la
caricature, c’est le principe même de l’esthétique comique de La Bruyère. Il est plus facile de faire la leçon
aux hommes en les faisant rire.


La métaphore du théâtre du monde
Le theatrum mundi est un lieu commun moral, venant de la morale stoïcienne du Manuel d’Epictète :
« Souviens-toi que tu joues dans une pièce qu’a choisie le metteur en scène ». Cette grande morale stoïcienne
va être réinterprétée par le christianisme. Dans la perspective chrétienne, la scène est vue par un grand
spectateur qui est Dieu.
La métaphore théâtrale est omniprésente. La comédie humaine se donne à voir comme un spectacle ; La
Bruyère actualsie le lieu commun millénaire de la comédie humaine.
En référence à Térence, Corneille et Molière, les pseudonymes grecs des personnages ne renvoient pas à
Théophraste, mais renvoient aux comédies de Térence notamment. L’éloge de Térence est faite dans le
chapitre « Des Ouvrages de l’esprit ».
Le monde comme théâtre est une métaphore filée des Caractères.
La question du masque et de l’hypocrite : « hypocrite » vient du grec hypokritès, un acteur. Les acteurs antiques
jouaient sous le masque. Nous sommes tous en train de jouer un personnage. Le moraliste est donc un
metteur en scène qui propose une galerie comique dans une esthétique du ridicule.
La Bruyère est bergsonien avant l’heure, puisqu’il définit le rire comme une mécanique plaquée sur le vivant.
Le sot est automate, il est machine, il est ressort. C’est du burlesque mécanique. Il y a une sorte de psittacisme
chez les courtisans : ils agissent toujours sur le même modèle de comportement, sans naturel.
Le narrateur qui nous parle dans Les Caractères est un spectateur qui se place au point de perspective dont
nous parle Pascal. C’est un Spectateur-Juge. L’énonciateur moraliste est un guide qui fait voir un tableau.
On institue le monde comme un spectacle pour en désigner les traits saillants.
La Bruyère, au nom de la fixité immuable de la nature humaine, fait l’anatomie de l’homme en général, et
pas seulement de l’homme de son siècle.
« De la cour », 83
La cour n’est jamais dénuée d’un certain nombre de gens en qui l’usage du monde, la politesse ou la
fortune tiennent lieu d’esprit, et suppléent au mérite. Ils savent entrer et sortir ; ils se tirent de la
conversation en ne s’y mêlant point ; ils plaisent à force de se taire, et se rendent importants par un
silence longtemps soutenu, ou tout au plus par quelques monosyllabes ; ils payent de mines, d’une
inflexion de voix, d’un geste et d’un sourire : ils n’ont pas, si je l’ose dire, deux pouces de
profondeur ; si vous les enfoncez, vous rencontrez le tuf.


Ce sont des hommes qui s’effritent, il n’y a rien de solide, ils sont pulvérulents.
Nous avons dans Les Caractères des embryons de saynètes mais aucune n’est développée. Ce sont des
embryons d’interactions entre les personnages. Par exemple, dans « De la Société et de la Conversation »,
82, Nicandre veut se remarier avec Elise mais on n’entend pas la voix d’Elise.




3

, Il y a une limite de la mimesis, limite à la comédie de la ressemblance. Il s’agit plutôt de la mimésis d’une
idée qu’une véritable ressemblance.
La poésie dramatique a toujours été estimée la plus instructive : les théâtres ont été des écoles publiques.
Grand lieu commun du théâtre comme lieu d’instruction.


Qu’est-ce que le burlesque ? C’est un mot inventé par Scarron pour désigner au sens strict la parodie
d’épopée. C’est un monde à l’envers, une subversion linguistique. Le burlesque est du côté du bouffon, du
mélange des tons, qui rabaisse ce qui est grand, surcharge de l’expression, bigarrure, rupture de l’unité de
temps. Il n’y a donc pas plus anti classique que le burlesque. Le burlesque est un genre comique qui œuvre
avec les armes lourdes de la parodie, de la satire, de la caricature, ce qui le rapproche de la commedia dell’arte
et de la farce française.
La Bruyère refuse le style bas. Son burlesque concerne l’invention. C’est un burlesque du grossissement
jusqu’à l’inflation, de la dégradation jusqu’à la distorsion. On est dans le procédé de la caricature.


Etude du livre V : De la société de la conversation
Dictionnaire universel de Furetière, article « Converser » : « Vivre, parler familièrement avec quelqu’un. On
apprend à vivre en conversant avec les honnêtes gens, avec les Savants. »
La conversation, c’est donc la sociabilité, une réfléxion sur la société.
Dans la société, la valeur suprême c’est l’amitié (cf. philosophie grecque, les épicuriens). La civilité a une
dimension sociale et esthétique.
Durant les quinze premières remarques, on a une galerie de fâcheux, les importuns. On a une série de
personnages ennuyeux qui, par leur mauvaise conversation, viennent déranger un personnage. La
conversation est un principe socio-esthétique : elle se fonde sur le principe rhétorique de la convenance.
« De la société et de la conversation », 7
Une chose vous manque, Acis, à vous et à vos semblables les diseurs de phoebus ; vous ne vous en
défiez point, et je vais vous jeter dans l’étonnement : une chose vous manque, c’est l’esprit. Ce n’est pas
tout : il y a en vous une chose de trop, qui est l’opinion d’en avoir plus que les autres ; voilà la source de
votre pompeux galimatias, de vos phrases embrouillées, et de vos grands mots qui ne signifient
rien.


Il y a une extrême variété de formes morales, à commencer par la maxime. Il y a des tours gnomiques, un
caractère de généralité qui pastiche les Maximes de La Rochefoucauld.
« De la société et de la conversation », 81
Toute révélation d’un secret est la faute de celui qui l’a confié.


Dans la remarque n°16, La Bruyère tente de définir l’esprit de la conversation.
« De la société et de la conversation », 16
L’esprit de la conversation consiste bien moins à en montrer beaucoup qu’à en faire trouver aux autres :
celui qui sort de votre entretien content de soi et de son esprit, l’est de vous parfaitement. Les hommes
n’aiment point à vous admirer, ils veulent plaire ; ils cherchent moins à être instruits, et même réjouis,
qu’à être goûtés et applaudis ; et le plaisir le plus délicat est de faire celui d’autrui.




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