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Dissertation

Les fabliaux du moyen-âge - CAPES lettres modernes - Dissertations et cours

Note
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Vendu
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44
Qualité
Très Satisfaisant
Publié le
02-07-2025
Écrit en
2024/2025

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Publié le
2 juillet 2025
Nombre de pages
44
Écrit en
2024/2025
Type
Dissertation
Professeur(s)
Inconnu
Qualité
Très satisfaisant

Sujets

  • capes lettres mo

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Fabliaux du Moyen Âge
[Jeudi 14 septembre 2023]

Le programme semble apparement facile mais il est en réalité difficile. Le recueil se compose de 19 récits brefs qui ne posent aucune
difficulté de compréhension. Le corpus composé de 15 auteurs différents dont 8 qui se nomment et 7 que l'on ne peut pas identifier.
Ces 15 auteurs différents s'étalent sur plus d'un siècle.

Datation des pièces :

4 pièces de Jean Bodel :
• Le paysan de Bailleul 1190-1194
• Gombert et les deux clercs 1190-1194
• Brunain, la vache du prêtre 1190-1194
• Haimet et Barat avant 1202
Jean Bodel inaugure le genre littérarire des congés, ce sont des récits d'adieu à sa ville pour se retirer. Et pour cause, Jean Bodel était
atteint de la lèpre. La datation des pièces repose sur des arguments fragiles.
• Baillet le savetier ou le prêtre au lardier XIVe
• Le boucher d'Abbeville XIIIe par Eustache d'Amiens
• Le prêtre et le loup XIIIe
• Estula début XIIIe
• Les perdrix XIIIe
• La mal(l)e Honte fin XIIIe par Huon de Cambrai
• Le prêtre crucifié
• Le prêtre teint fin XIIIe par Gautier Le Leu (surnom)
• Le moine sacristain XIIIe
• Boivin de Provins XIIIe par Boivin (surnom)
• Estormi fin XIIIe par Huon Piaucele (inconnu)
• Les tresses début XIIIe
• Les trois aveugles de Compiègne fin XIIIe par Courtebarbe (surnom)
2 pièces de Rutebeuf :
• La dame qui fit trois fois le tour de l'église 1260
• Le testament de l'âne

Histoire éditoriale :

Il existe environ 180 fabliaux au Moyen Âge mais la critique débat sur 60 d'entre eux. L'anthologie au programme est fondée sur la
subjectivité de celui qui l'a établie. Le mot fabliau peut être utilisé pour des textes dont on n'est pas sûr que ce soit des fabliaux.
Toutes sortes d'écrits sont regroupés sous l'appellation de « dits ».

• Fabliaux érotiques, Luciano Rossi, 1992. Voir les fabliaux « Le Souhait desvé », « La Dame écouillée ».
• Le chevalier paillard. Quinze fabliaux libertins de chevalerie, Jean-Luc Laclanche, 2008.
• Les fabliaux, contes à rire du Moyen Âge, Philippe Ménard, 1983.
Dans l'édition de Jean Dufournet il n'y a pas réellement d'unité thématique. Néanmoins on peut repérer des ensembles. Il y a
beaucoup de prêtres (14 fabliaux sur 19 fabliaux), une surreprésentation des prêtres dans cette anthologie. Il y a également beaucoup
d'animaux, un intérêt pour le bestiaire. Il n'y a pas de symbolisme ni d'allégorisme dans les fabliaux contrairement aux fables.
L'anthologie de Jean Dufournet n'a aucune prétention savante.

Onomastique :

Les animaux ont souvent un nom, ce n'est pas le cas des personnages humains. Les personnages des fabliaux ne sont pas à penser
comme des individus mais comme des sociotypes, c'est-à-dire des individus incarnant une classe socio-professionnelle (prêtres,
évêques, étudiants, bouchers, paysans, femmes). Il n'est pas nécessaire de donner un nom qui contribuerait à les individualiser.
Lorsqu'ils ont un nom, il faut le commenter.
• Dans Haimet et Barat, Haimet est « celui qui va hameçonner les gens ». Barat est un nom commun qui signifie « la ruse ».
Travers est « celui qui ne marche pas droit ».
• Dans Estormi, Estormi est le neveu chargé de débarrasser son oncle de trois cadavres, Estormi est « celui qui est
complètement assomé ».
• Dans Estula, le quiproquo sur lequel repose l'intrigue vient du nom du chien.
• Dans Le testament de l'âne, le nom de l'âne est Baudoin et rime avec « bédoin », le Baudoin est aussi le sexe masculin
(v.417 p.188).

Dans Le paysan de Bailleul, le duo femme-amant ridiculise le mari et l'amant s'en sort sans difficulté. À l'inverse, dans Le prêtre
crucifié, même situation de départ, mais à la fin le mari s'est vengé de l'amant de sa femme en lui coupant les couilles.

Tous les fabliaux sont rédigés en octosyllabes sauf Baillet le savetier ou le prêtre au lardier qui est constitué d'un mélange
d'octosyllabes et de décassyllabes. La césure épique est une élision du e avant une consonne pour obtenir le bon nombre de syllabes.

,Les auteurs utilisent un lexique précis pour désigner le genre : « fabliau », « fable », « fablel », « chaçon », « merveille ». Dans les
fabliaux, le temps et l'espace sont parfois identifiables. Le fabliau est un genre du discours direct. Les fabliaux prétendent véhiculer
un enseignement moral et se rapprochent ainsi du genre littéraire de la fable. Les fabliaux font voir un monde autrement que les
romans de chevalerie, ils montrent un monde quotidien. Ils ne sont pas réalistes mais il y a une dimension matérialiste.

[Jeudi 21 septembre 2023]


Analyse du Paysan de Bailleul de Jean Bodel
Les titres ne sont pas les mêmes selon les ouvrages, sauf quand le titre est dans le texte comme dans Les perdrix p.148 « Ci faut li
fabliaus des pertris. Explicit li fabliaus des pertris. »

p.36
• Le fa/bliau se prononce en deux syllabes en AF, trois syllabes en FM. Le texte commence par une proposition hypothétique
« Se fabliaus puet veritez estre » qui suppose qu'un fabliau d'ordinaire ne dit pas la vérité, mais celui-ci pourrait être
véridique. Le texte commence par l'évocation d'un paysan qui habite Bailleul, un faubourg d'Arras. Celui qui dit « je »
n'assume pas la paternité de ce qu'il va raconter puisque cette histoire vient de son maître « ce dist mon mestre ». Il peut y
avoir une disjonction entre ceux qui narrent le récit et ceux qui l'ont inventé. Le fabliau défini le type de paysan dont il
s'agit. Jusqu'au XIIe siècle, la population se divise entre nobles et paysans. À partir du XIIe siècle se développe une
nouvelle catégorie sociale en même temps que le développement des villes. Ces nouvelles professions sont celles de
banquier ou d'usurier. L'usurier est mal vu dans la société de l'époque car Dieu dit « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton
front. »
• Le « Un jor » fait démarrer l'action, ce qui précède présente la situation. Le récit dresse le portrait physique du paysan de
Bailleul. L'homme est comparé à un animal à la « laide hure ». Ce portrait particulièrement dépréciatif laisse supposer que
ce n'est pas lui qui va gagner dans l'histoire.
• La femme se prépare à recevoir son amant. « Aimer » dans un fabliau signifie avoir une relation sexuelle. Dans les
fabliaux, il est de coutume que la femme prépare de quoi bien accueillir son amant. Dans Baillet le savetier ou le prêtre au
lardier la situation est similaire, mais la femme feint de bien accueillir son mari lorsqu'il arrive par indavertance. Dans Le
paysan de Bailleul, la femme emploie une autre ruse. Le lexique de la ruse est très présent « Puis li dist por lui decevoir ».
Le lecteur, sans s'en apercevoir, prend parti pour celui qui va gagner.
• Les interventions du narrateur servent à garder contact avec le public, sinon il s'en va. Le jongleur gagne sa vie avec la
profération de différents textes. L'intervention du narrateur donne également une information concernant la vérité « Et li
gastiaus, si com je cuit ».

p.38
• En FM le mot sire désigne un roi, ce qui n'est pas le cas de l'AF. La femme souhaite que Dieu la guérisse de ses péchés
« Dieu me saint ! », cela apporte du crédit à la tromperie. La femme se comporte comme si son mari mourrait de faim. Le
mari lui répond qu'il est effectivement affamé. Le monde paysan mange des racines et des produits laitiers tandis que
l'aristocratie valorise la viande. La nourriture revêt une importance symbolique. La femme prend l'expression du paysan au
pied de la lettre, elle lui dit qu'il est en train de mourir.
• La femme s'appelle Erme. Dès qu'apparaît son nom, le texte est saturé par les références à la mort « muir », « morez », « je
muire », « tu es mors ». On retrouve les lettres m et r de la mort dans le prénom de la femme. C'est le seul personnage du
fabliau à avoir un nom, peut-être pour le valoriser.
• La parole du narrateur prépare la parole du paysan et la ruse de la femme « L'amast mieux enfouï que mort ». Elle
prononce les discours attendu avec le ton attendu. Cette situation évoque celle de la matrone d'Éphèse (« La jeune veuve »
Fables de La Fontaine / « La veuve et le soldat » de Phèdre / fabliau « De celle qui se fit foutre sur la tombe de son mari »).
Dans les récits où la femme manifeste sa ruse, c'est souvent elle qui prend la parole en premier, on peut penser à Iseut dans
la légende de Tristan qui est également très rusée. Le volume supérieur de discours direct montre la supériorité de la
femme. Après le discours de la femme, le mari est convaincu et accepte de se coucher. Le mari appele sa femme « bele
suer » qui est une apostrophe affective. La femme aide son mari à se mettre au lit. De la même façon qu'il l'a appelée
« suer », elle l'appelle « frere ». La femme est désignée par les adjectifs « viseuse et repointe », une reduplication
synonymique qui montre la fourberie de la femme.

p.40
• La femme sort de la maison pour aller au-devant du prêtre et lui expliquer la supercherie, mais ce passage ne fait pas l'objet
d'un développement, ceci est dû à la force de concentration du fabliau qui élimine tout ce qui n'est pas absolument
nécessaire. Les deux personnages parlent de leur « deduis » = plaisir. Le prêtre entre dans la maison et récite des psaumes
pour accompagner le mort vers l'au-delà. La femme respecte également le rituel funéraire. Les deux personnages sont en
parfaite harmonie. Ils font l'amour devant les yeux du paysan qui se croit mort.
• Le paysan, stupide, lance une insulte « filz a putain ors » mais se croit toujours mort. Le prêtre sait qu'il a affaire à un
imbécile, il lui répond avec une fausse affection « amis ».
• La durée de l'histoire est très rapide. On peut se demander ce qui se passe après. Le fabliau ne résoud jamais le passé et le
futur, il se concentre sur l'instant, c'est une loi du genre. Le narrateur ne peut donc pas affirmer que le paysan a été enterré
le lendemain. Le verbe « enfouïrent » rappelle le souhait de la femme.
• L'adresse à l'auditoire laisse place au genre du fabliau explicitement mentionné avec une morale « C'on doit por fol tenir
celui / Qui mieus croit sa fame que lui. » La morale n'a pas forcément d'utilité, elle est décevante d'une certaine façon. La
moralité sert davantage à marquer la fin. Le lecteur rit de ce qui n'est pas forcément moral.

,[Jeudi 28 septembre 2023]

Littérature morale et fabliaux :

Toute la littérature médiévale est une littérature morale car elle a des vertus didactiques, elle est censée enseigner le bien. Certains
textes sont des dénonciations du temps, le fameux « avant c'était mieux et aujourd'hui tout n'est que corruption », comme le poème
De l'estat du monde (1252) de Rutebeuf. Ce poème pointe les changements du temps présent, il aborde d'abord le clergé régulier. Les
moines sont esclaves de convoitise. On retrouve le proverbe « bien habile que celui qui prend au voleur » d'Haimet et Barat. Les
chanoines sont des dignitaires écclésiastiques, ils vivent du patrimoine de Dieu, à savoir les biens de l'Église. Le chanoine est
l'esclave de son avarice. Il y a une critique des moines qui veulent devenir avocats, des gens qui passent leur temps à baratiner.
Rutebeuf fait ensuite une typologie des laïcs. Les mêmes défauts sont toujours pointés. Les prévôts sont des officiers de justice qui
étaient obligés d'acheter leurs charges, les maires étaient des intendants qui achetaient aussi leur charge, un bailli est un officier qui
exerce une fonction supérieure à celle du prévôt. Tous ces gens achetaient leurs charges et étaient donc rapaces. Il critique les
marchands usuriers. Rutebeuf en vient aux ménestrels et à la chevalerie. Les ménestrels vont vers les chevaliers pour chanter leurs
exploits et gagner de l'argent, mais si les chevaliers ne combattent plus, les ménestrels n'ont plus rien à chanter. Toutes les catégories
morales sont mauvaises. Dans les fabliaux, il n'y a aucune dénonciation. Les fabliaux ne concernent pas le général mais un moment
particulier, un lieu précis, une situation singulière.

Baudet Baudoin
1/ Joyeux. 1/ Sexe masculin.
2/ Fier jusqu'à l'orgueil. 2/ Âne.
3/ Débauché, impudent. 3/ Baudouiner = s'accoupler.

Bibliographie :

• Joseph Bédier, Les fabliaux, études de littérature populaire et d'histoire littéraire du Moyen Âge (1893) : débat sur l'origine
des fabliaux qui, selon Bédier, est exclusivement occidentale. Le public des fabliaux est bourgeois et non aristocratique.
Les fabliaux se développent au même moment que les villes, lieu de la bourgeoisie. La bourgeoisie veut imiter
l'aristocratie, elle adopte les goûts de l'aristocratie. L'aristocratie a l'avantage de la naissance mais le désavantage du
manque d'argent, inverse de la bourgeoisie.

• Per Nykrog, Les fabliaux : Étude d'histoire littéraire et de stylistique médiévale (1957). Nykrog s'oppose aux
considérations de Bédier sur le public des fabliaux. Pour lui les fabliaux sont destinés à un public aristocratique, ce qui est
probablement vrai. Les fabliaux relèvent de la parodie de la littérature courtoise : littérature destinée à un milieu de cour
véhiculant l'idéologie de cour, un code de bonne conduite, elle regroupe lais, romans arthuriens, poésie des troubadours. Il
y a des fabliaux qui font référence à cette littérature courtoise comme Haimet et Barat v.456 « Cele veille et cil se dort »
fait écho à une scène d'Érec et Énide où la femme veille pendant que l'homme dort. Érec renonce à son statut de chevalier
parce qu'il est enfermé dans son bonheur conjugal. Énide pleure alors qu'Érec dort. Érec décide alors de partir à l'aventure
pour se rendre digne de devenir roi. Le fabliau crée une connivence avec le public aristocratique. Pour un auteur, écrire
c'est toujours réécrire : pastiche et parodie à propos des œuvres médiévales sont des notions difficiles à exploiter.

• Jean Rychner, Contribution à l'étude des fabliaux. Variantes, remaniements, dégradations (1960). La photocopie n'existant
pas, les copistes avaient tout le loisir de varier les récits, de moderniser la langue, d'adapter un fabliau pour différents
publics.


Le genre du fabliau
Ce qu'on appelle fabliau est imposé par Bédier, avant on disait « fableau », qui vient de « fablel ». Ce sont un ensemble de textes
composés à la fin du XIIe siècle et imputables à Jean Bodel. Ils sont diffusés dans le nord de la France en langue d'oïl,
essentiellement en Picardie, dans l'Artois, en Normandie, un peu en Bourgogne, en Champagne et dans l'Orléanais, mais rien en
langue d'oc. Le dernier auteur connu de fabliaux est Jean de Condé. Jean Bodel est un grand auteur, il a écrit une chanson de geste, il
serait l'inventeur du genre des congés, on lui attribue 8 fabliaux. On recense environ 160 fabliaux.

[Jeudi 5 octobre 2023]

Critères de définition :

• La forme : récit en octossyllabes à rimes plates, c'est une forme non marquée qui se rencontre dans d'autres genres. Le
roman du XIIe siècle s'écrit en octossyllabes à rimes plates. Il y a quelques exceptions comme Baillet le Savetier ou le
prêtre au lardier. Le fabliau se compose en général d'un prologue, d'un récit et d'un épilogue. Un moyen facile de lier ces
éléments est la rime : dans Le paysan de Bailleul « changiere » rime avec « prangiere ».
• La brièveté : le fabliau fait partie des genres brefs avec 200 à 500 vers en général, excepté de plus petits fabliaux qui font
quelques vers et d'autres qui font plus de mille vers. Le fabliau le plus court du recueil fait 28 vers.
• La moralité : en général, à la fin d'un fabliau, on trouve l'expression d'une moralité. À quelques exceptions près : on ne
trouve rien à la fin des fabliaux Le prêtre et le loup, Le moine sacristain, Le prêtre teint et La male Honte. Certaines
moralités semblent en contradicton avec le récit. Dans Estula, le récit met en avant la pauvreté des jeunes gens le matin
alors que la morale indique « qui rit le matin pleure le soir ». La moralité est un critère de définition de la fable : dès lors,
comment distinguer la fable du fabliau ?

, • La trivialité : est trivial ce qui est courant, commun, qui ne manifeste aucune recherche particulière.
◦ Le ton : la trivialité peut concerner le ton. Dans Boivin de Provin, certains passages peuvent être d'un style élevé voire
courtois. Le décalage fait rire. Dans la littérature médiévale, le parler ne renvoie cependant pas à une catégorie sociale,
mais à un type de littérature.
◦ Le contenu : du point de vue du contenu, les fabliaux racontent toujours des anecdotes, ils ne contiennent jamais
d'éléments symboliques.
• L'intrigue : l'aventure dans le roman de chevalerie permet de transformer les personnages. Dans les fabliaux, les aventures
sont juste des choses qui arrivent, elles ne transforment pas les personnages. L'aventure est un motif central autour duquel
peuvent tourner plusieurs anecdotes. Plus le fabliau est long, plus il contient d'anecdotes. Dans Haimet et Barat, il y a deux
anecdotes : le vol de l'oeuf puis le vol du jambon. Dans Le moine sacristain, le cadavre vit une multiplicité d'aventures.
Dans Estormi, les trois cadavres font l'objet de différentes aventures. Dans Le boucher d'Abbeville pourtant, il n'y a pas
beaucoup d'anecdotes alors que c'est un long fabliau.
• Le rire : le fabliau peut faire rire, sourire ou simplement plaire. La veine satirique est assez exceptionnelle, on la trouve
dans Le testament de l'âne où les partiques du haut clergé sont dénoncées.

Les auto-désignations des fabliaux :

• Le fabliau : il y a 56 pièces qui se désignent par le mot fabliau. Ce mot est dérivé du mot fable. Le sens du suffixe n'est pas
bien clair. Pour Dominique Boutet, fabliau signifie « récit fictif », c'est un genre de l'imaginaire et de la fiction, il s'oppose
ainsi à l'« histoire », récit authentique de fait avérés. Le fabliau se rendique comme « une aventure qui est vraie » dans le
prologue des Perdrix. Les fabliaux revendiquent l'authenticité de l'histoire, un procédé usé car la plupart des fabliaux sont
truffés d'invraisemblances. Cette prétention à la vérité est un topos que l'on retrouve dans d'autres genres littéraires. La
prétention à la vérité correspond à la volonté d'attirer un public.

• Le conte, l'aventure, la fable, le dit, l'histoire : la désignation des fabliaux est flottante.
◦ Le mot conte peut désigner des lais mais aussi des romans comme Le conte du Graal.
◦ Le mot dit désigne toute littérature qui n'est pas chantée, ce terme est employé dans la littérature morale, notamment
chez Rutebeuf.
◦ Le mot exemple renvoie à l'exemplum, genre latin repris dans des sermonts, à la frontière de la culture savante et de la
culture populaire.
◦ Le mot fable peut désigner une fable ésopique, un fabliau, un récit mythologique comme Les Métamorphoses
d'Ovide. Le mot fable peut aussi avoir le sens de « fiction », « récit non véridique ». C'est le cas au début des Perdrix :
d'après ce début de fabliau, la fable est associé au faux, le fabliau est associé au vrai. Le roman d'Yvain ou Le
Chevalier au lion commence par une fête où le roi est parti se coucher, on trouve la rime « songe / mensonge ».
◦ Le mot matière renvoie à ce à quoi on puise pour élaborer une mise en œuvre littéraire. Jean Bodel parle des « trois
matières » : matière de Rome, matière de Bretagne et matière de France.

➢ Pour Omer Jodogne dans Typologie des sources du Moyen Âge en occident (1977) le fabliau est « Un conte en vers où, sur
un ton trivial, sont narrées une ou plusieurs aventures plaisantes ou exemplaires, l'un et l'autre ou l'un ou l'autre. »
➢ Pour Joseph Bédier dans Les fabliaux (1893) les fabliaux sont des « contes à rire en vers ».

[Jeudi 12 octobre 2023]

Le prêtre et le loup est davantage un canevas de fabliau qu'un fabliau. Boccace a écrit le Décameron qui contient cent récits avec un
récit englobant, celui de la peste à Florence. Des jeunes gens se réfugient à la campagne et pour passer le temps ils se racontent des
histoires pendant dix jours. Au Moyen Âge un recueil anonyme français reprend le modèle italien avec Les cent nouvelles nouvelles
(1460). La nouvelle 56 de ce recueil montre ce qui a été ajouté au canevas initial.

Il a des liens entre le fabliau et l'exemplum. L'exemplum est un genre latin, lorsqu'un religieux profère un sermont il raconte des
exempla, des histoires destinées à apprendre quelque chose aux fidèles. Les prédicateurs empruntent des histoires issus de la tradition
orale, cette littérature savante a donc un lien avec la littérature populaire. L'exemplum est un récit bref donné comme véridique
destiné à être inséré dans un discours, en général un sermont pour convaincre son auditoire d'une leçon salutaire. L'exemplum du
prédicateur dominicain Étienne de Bourbon (1180-1261) rappelle le fabliau Brunain, la vache du prêtre. Les exempla sont écrits en
latin car c'est la langue internationale.


Analyse de Brunain, la vache du prêtre de Jean Bodel
1/Le prologue.

Le prologue est quasi-inexistant, il tient en un vers avec le verbe de parole « cont ». La moralité occupe 9 vers sur 72. La moralité est
longue par rapport à la brièveté du récit. Le prologue présente deux actants qui n'ont rien à voir avec le titre, les titres sont imputables
non à l'auteur du fabliau mais au copiste. À la lecture du prologue, on s'attend à un conflit entre le mari et sa femme ou à une union
face à un tiers.

2/Le récit.

• Le début du récit.
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