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Examen

La chevalerie et l'amour courtois à la Cour d'Arthur

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Quand débute cet extrait une dame de compagnie, Lunette, tente de faire accepter par sa dame, récemment veuve, un époux, le chevalier Yvain, qui n’est autre que le meurtrier de son défunt mari. S’engage alors un dialogue entre les deux femmes, sorte de joute oratoire, où l’une essaie de convaincre l’autre malgré ses réticences. Au-delà de l’acceptation ou pas d’un mariage, c’est toute une époque qui nous est restituée à travers cet extrait : les mœurs et les codes établis au Moyen Âge, ainsi que les relations induites dans un environnement parfois hostile. À travers ce dialogue, il s’agira alors de voir en quoi l’amour courtois entre la dame et le chevalier Yvain est singulier. Nous aborderons dans un premier temps le dialogue argumentatif et persuasif entre les deux femmes permettant à Yvain d’être accepté comme époux. Puis nous verrons, dans une deuxième partie, comment l’amour courtois se retrouve alors au cœur des échanges et des exigences. Pour enfin, dans une dernière partie, appréhender l’amour qui reste à conquérir telle une quête presque impossible pour laquelle les événements prennent un caractère surnaturel, contribuant à développer l’imaginaire et la singularité du récit.

Aperçu du contenu

Commentaire composé, v. 1813-1843, Le Chevalier au lion, Chrétien de Troyes, éditions
Champion Classiques

Le Chevalier au lion donne-t-il à voir l’image d’une représentation extrême de l’amour
courtois ? La Renaissance, par ses apports de richesse intellectuelle et artistique (l’Orient a
fortement influencé l’Occident), favorisera l’exploitation du roman vernaculaire par la suite.
Ce texte est écrit en octosyllabes à rimes plates. Son auteur, Chrétien de Troyes, en
fera une adaptation-traduction tout en tentant d’apparaître comme figure d’autorité. À partir
du XIIe siècle, la noblesse revenue de croisade aspire à un nouveau mode de vie en découvrant
le temps libre, ouvert sur le possible et qui a donné à voir l’émergence du roman comme
genre fictionnel.
Quand débute cet extrait une dame de compagnie, Lunette, tente de faire accepter par
sa dame, récemment veuve, un époux, le chevalier Yvain, qui n’est autre que le meurtrier de
son défunt mari.
S’engage alors un dialogue entre les deux femmes, sorte de joute oratoire, où l’une
essaie de convaincre l’autre malgré ses réticences. Au-delà de l’acceptation ou pas d’un
mariage, c’est toute une époque qui nous est restituée à travers cet extrait : les mœurs et les
codes établis au Moyen Âge, ainsi que les relations induites dans un environnement parfois
hostile.
À travers ce dialogue, il s’agira alors de voir en quoi l’amour courtois entre la dame et
le chevalier Yvain est singulier. Nous aborderons dans un premier temps le dialogue
argumentatif et persuasif entre les deux femmes permettant à Yvain d’être accepté comme
époux. Puis nous verrons, dans une deuxième partie, comment l’amour courtois se retrouve
alors au cœur des échanges et des exigences. Pour enfin, dans une dernière partie,
appréhender l’amour qui reste à conquérir telle une quête presque impossible pour laquelle les
événements prennent un caractère surnaturel, contribuant à développer l’imaginaire et la
singularité du récit.

I. Un dialogue argumentatif et persuasif s’instaure d’emblée entre les deux
femmes afin qu’Yvain soit accepté comme époux.

A. Une joute oratoire s’installe entre Lunette et sa dame comme une sorte de
confrontation entre les deux femmes.

Yvain le chevalier se doit d’être accepté par tous les moyens : « Par foi, cist n’est mie
vilains » (v.1818). La noblesse possédait les terres alors que les vilains la travaillaient. Au
Moyen Âge les nobles se contentent de posséder les terres et d’en jouir ; alors que les paysans
devaient l’exploiter pour survivre. Ainsi, nobles et vilains ne se mélangent pas. Une dame ne
peut convoler qu’avec une personne de son rang, appartenant à la noblesse. C’est pourquoi
Lunette, pour faire accepter Yvain comme époux, évoque la noblesse d’Yvain. Il appartient à
la descendance royale « et s’est filz au roi Urïen » (v.1820). Roi Breton du VI e siècle, ce
personnage appartient à la légende arthurienne. Le roi Urien était donc un compagnon qui
suivait le roi Arthur lors de ses campagnes. Cela légitime d’emblée sa noblesse, et la
confiance qu’il peut susciter auprès des plus grands nobles. Cela légitime également sa
bravoure.

En faisant l’apologie d’Yvain, Lunette ne cherche-t-elle pas à instaurer aussi du
suspense ? Elle attise l’attention, la curiosité et le désir de sa dame : « – Comant a non ? » (v.
1817). De la même manière, après l’acceptation de la dame à le rencontrer, Lunette entretient
toujours un suspense et se veut aussi réaliste. Yvain ne pourra être là que « jusqu’à quint jor »
(v.1823). Quant à la dame, elle est une veuve, ce qui montre à la fois sa faiblesse et son
impatience. Elle demande qu’Yvain vienne tout de suite : « Veigne enuit ou demain,
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, seviaux ! » (v.1825). Elle semble être dans l’acceptation totale. Lunette n'a pas eu grand mal à
la convaincre. La dame est impressionnée par le lignage d’Yvain : « – Par foi, cist n’est mie
vilains, einz est molt frans, je le sai bien, et s’est filz au roi Urïen. – Par foi, dame, vos dites
voir. – Et quant le porrons nos avoir ? » (v.1818-1822).

B. Dans la recherche de l’acceptation d’Yvain, c’est aussi un appel à la Providence et à
la protection de la dame contre le roi Arthur et les autres nobles.

« E non Deu, dame, ensi iert il ! » (v.1813). C’est Dieu qui décide du chemin à suivre. Le
point d’exclamation, quant à lui, semble montrer de l’exaltation : « ensi iert il ! », une
exaltation à servir Dieu. Idée que l’on retrouve avec l’exagération « le plus gentil » (v. 1814).
Au XIe siècle, l’adjectif « gentil » signifie « noble, brave ». Emprunté du latin gentilis, « qui
appartient à une famille », puis « de bonne famille, généreux, aimable ». Les adjectifs
« gent », « bel » associés aux superlatifs « plus » vont également dans ce sens, que cette
gradation accentue. Il existe deux mots « gent » en français : un adjectif issu du latin genitus,
« né », mais qui a vite pris en français le sens de « bien-né », « noble ». Toutefois, il ne se
rencontre plus guère dans les expressions « gente dame ». L’autre mot est un substantif issu
du latin gens qui signifie « nation, peuple ».

On peut observer une insistance sur les origines d’Yvain qui remontent jusqu’à la
genèse : « del ling Abel » (v.1816), qui renvoie à la lignée et au lignage. Dans la genèse, Abel
a été préféré à Cain, et étant de sa descendance, Yvain a ainsi la plus noble des origines,
divine. Dans le même ordre d’idées, au vers 1814, « Seignor » renvoie à l’ascendance, du
latin senior, senioris, qui se définissent comme « l’aîné », « l’ancien », marquant aussi un
terme de respect. Situé en début de vers, il met en relief cette idée de l’aîné, du patriarche, de
celui qui protège.

À partir de l’apologie d’Yvain, « Messire Yvains » (v.1817), « Cist n’est mie vilains »
(v1818), et par cette présentation, Lunette vient faire comprendre à sa dame l’idée possible
d’un mariage qui éloignerait la tentation du roi Arthur et des autres nobles à posséder son
territoire. Dans ces conditions, quelle est la position de la femme au Moyen Âge ? Elle doit
être protégée par son seigneur. Dans cet extrait, la dame est à la fois autoritaire et exigeante
tout en étant fragile et vulnérable, car veuve. Elle doit se remarier pour se soustraire à
l’avidité des hommes et des autres nobles.

Après l’assurance des origines d’Yvain pour qu’un mariage puisse exister, ce dernier
ne peut pas non plus exister sans la mise en place d’un amour courtois.

II. L’amour courtois se retrouve alors au cœur des échanges et des exigences.

A. De prime abord, la dame n’attire pas la sympathie.

Elle montre à la fois un caractère autoritaire et versatile. Il nous semble paradoxal
qu’elle envisage d’épouser aussi rapidement l’assassin de son mari, alors qu’elle semblait
désespérée et touchée par cette perte. Cette image négative de la femme, changeante et
superficielle, qui pourrait apparaître exagérée et choquante de nos jours, est très répandue au
Moyen Âge. À cette époque, la femme est considérée comme mineure, du latin minus, qui
signifie « inférieure ». C’est une enfant à protéger et sans cervelle.

Pourtant, la dame, dans cet extrait, montre son fort caractère, à la limite du caractériel en
correspondant à l’image que la société se fait d’elle, en particulier les hommes. Dans les
romans de Chrétien de Troyes, que ce soit Le Chevalier à la Charrette ou Cligès par exemple,
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Livre connecté
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Troyes, Chretien de Le Chevalier Au Lion
Éditeur: 09 maart 1994 ISBN: 9782253066521 Édition: Inconnu

Infos sur le Document

Publié le
29 septembre 2026
Nombre de pages
5
Écrit en
2024/2025
Type
Examen
Contenu
Questions et réponses
7,99 €

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