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Notes de cours

Paris 1 - L3 - Histoire médiévale - la crise iconoclaste dans l'empire byzantin

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À noter : ce ne sont pas mes notes de cours mais des fiches. Ce ne sont pas des fiches particulièrement courtes, mais elles sont complètes et reprennent autant le CM que des exemples vus en TD.

Aperçu du contenu

L’EMPIRE BYZANTIN & LA CRISE ICONOCLASTE

717 - 813


À la veille de la crise iconoclaste et alors que la dynastie isaurienne n’a pas encore accédé au trône,
l’empire byzantin est en eaux troubles :

☞ Les empereurs défilent à la tête de l’empire sans qu’aucun ne puisse assurer une stabilité du pouvoir
(En 705 Justinien II reprend son trône qui était alors passé entre les mains de deux usuparteurs
successifs : Léontios et Tibérios-Apsimar ; mais il est renversé en 711 par Philippikos Bardanès lui
même remplacé par Anastase II en 713, ce dernier à son tour remplacé par Théodose III en 715 ; en
tout entre 705 et 715 6 empereurs se succèdent)
☞ La guerre a repris avec les Arabes en 694 - 695 et expose l’Asie à des raids annuels dévastateurs. Les
troupes, sous pression constante et devant des défaites répétées, s’en prennent aux empereurs, plus
par dépit que pour mener un quelconque projet de prise de pouvoir à bout.
☞ Dans les Balkans les Slaves s’installent ainsi que les Bulgares et colonisent la Grèce
☞ Constantinople fait face à une épidémie de peste en 745 - 746 et perd selon les estimations près de
40 000 habitants. Mais l’épidémie entraîne également des difficultés matérielles qui compromettent
jusqu’à la vie intellectuelle de la cité, par la disparition des centres d’enseignement et la raréfaction
des livres.




L’empire byzantin au milieu du VIIIème siècle

, LÉON III AU POUVOIR

Léon III avait commencé sa carrière militaire sous Justinien II et après s’être acquittée d’une importante
mission dans le Caucase ; il était en effet parvenu à rétablir le contrôle de l’empire sur le royaume de
Lazique et l’Abasgie ; avait reçu d’Anastase II la charge de stratège des Anatoliques. Ce fût à son
alliance avec le stratège des Arméniaques, Artavasde auquel il donna sa fille en mariage, qu’il dut la
couronne. « Son pouvoir a donc une origine purement militaire et sa politique, comme celle de ses
successeurs, s’en ressent : l’armée sera leur principal point d’appui ». Toujours est il que lorsque Léon III
parvient à entrer à Constantinople au printemps 717, il se fait couronner à Sainte Sophie par Germain Ier
et obtient l’abdication de Théodose III. À son arrivée au pouvoir, Léon III a deux précocupations
essentielles : sauver Constantinople de l’étreinte des Arabes et rétablir l’ordre dans l’État.

« Non seulement Léon III a arrêté la conquête arabe, mais il a fait cesser l’anarchie qui régnait dans
l’Empire, en réprimant les tentatives de révolte qui suivirent son avènement, celle d’un stratège de Sicile
et celle de l’ex-empereur Anastase II ; et en cherchant à fonder une dynastie par l’association de son fils
à la couronne dès sa naissance. Il s’efforça de rétablir la prospérité dans les provinces dépeuplées par les
invasions et les épidémies, ainsi qu’à Constantinople dont la population avait été décimée par la peste
de 718 et qu'il repeupla en y transportant de gré ou de force des Orientaux. Il constitua une bonne
armée et augmenta le nombre de thème. Mais, pour accomplir cette œuvre de relèvement, il dut créer
de nouveaux impôts et fit ainsi beaucoup de mécontents. Enfin il a publié le « Choix des lois », tiré du
Corpus juris de Justinien, rendu plus clairement adapté à l’état social du temps et mise à la portée de
tous par l’emploi exclusif du grec. Mais Léon III a surtout été connu pour sa politique religieuse, c’est en
effet sous son règne que commence la crise iconoclaste. »




LA CRISE ICONOCLASTE EN TROIS DÉFINITIONS

Icône : une image de la divinité du Christ, de la Vierge ou des Saints, qui représente et fait
l’objet d’une vénération ou d’un culte de la part des fidèles.

Idôle : tradition paienne, objet auquel est voué un culte

Saint : vecteur du sacré en général et plus spécifiquement un médiateur, il joue le rôle
d’intercesseur entre les fidèles et la divinité. Les fidèles lui reconnaissent la capacité de
transmettre à dieu les requêtes qui sont les leurs. Le Saint est un personnage à la charnière du
monde humain et divin auquel est attribué un pouvoir thaumaturgique (capacité à opérer des
miracles) notamment aux Saints anargyres (Côme et Damien de Menouthis) qui exercent leurs
talents de guérisseur sans être rémunérés. Le culte rendu au Saint prend des formes diverses :
rédiger les actes de la passion, sa Vie ; consigner par écrit les miracles du saint, célébrer une
fête à l’anniversaire de sa mort, pratiquer le pélerinage autour de son tombeau ou de ses
reliques, nommer ses enfants du nom d’un Saint que l’on vénère… La Vie de Daniel le Stylite
raconte par ailleurs qu’alors que le Saint était en train de rendre l’âme, la foule se précipita pour
tenter de saisir un morceau de vêtement ou une mèche de cheveu.

, LES IMAGES CHRÉTIENNES AVANT L’ICONOCLASME

LES PREMIERS CHRÉTIENTS

Les premiers chrétiens, très proches du judaïsme, ne pouvaient qu’appliquer comme les juifs
l’interdiction biblique des images de culte ainsi que le refus des idoles et des rites qui les
accompagnent. Dans les Actes de Jean, texte apocryphe de la seconde moitié du IIème siècle, un païen
converti par Jean fait faire le portrait de l’apôtre afin de lui rendre les honneurs d’un culte. L’apôtre s’en
aperçoit mais n’y voit pour autant pas de l’idolâtrie : un tel culte est l’enfantillage naïf d’un novice qui n’a
pas compris que le vrai portrait est celui de l’âme et non du corps. Le premier christianisme tient donc à
dissocier l’image du vrai sacré qui est immatériel et impossible à figurer. De fait les premières images
chrétiennes sont symboliques, faisant allusion à Dieu par des signes comme l’agneau, la colombe ou le
poisson : l’image ne représente pas directement la réalité qu’elle signifie.

L’ÉMERGENCE DU CULTE DES IMAGES

Or les images se mettent ensuite à proliférer en Orient, sans doute vers le milieu du VIème siècle : elles ne
sont alors plus de simples décors d’Église ou une aide à la prière mais l’objet d’un véritable culte,
signifiant la présence de Dieu et ses Saints sur terre - en particulier l’image mobile que l’on peut
emporter sur soi et qui assure vraiment une relation avec le sacré. Selon A. Grabar, l’image prend peu à
peu la place de la relique : elle reçoit la proskynèse, le baiser, des lampes brûlent en continuité devant
assurant la continuité de l’adoration des fidèles. Le modèle laïque de cette vénération est fourni par
l’usage des images impériales, qui dans chaques villes assurent la présence de l’empereur, reçoivent les
honneurs dérivés de l’ancien culte impérial et qu’on ne peut maltraiter sans encourir les peines de lèse-
majesté.

CULTE OU PAGANISME ?

Vers 579 un procès est intenté au patriarche d’Antioche et à d’autre notables pour paganisme. L’un
d’entre eux, Anatolios gouverneur d’Edesse s’est fait faire une image du Christ représentant Apollon ce
qui lui permettait de rester païen dans le culte d’une image semblablement chrétienne. D’un autre côté
certaines images se distinguent par leur sacralité : c’est le cas du Mandylion d’Edesse qui aurait sauvé la
ville des Perses en 544 ; ou bien des images produites par les apôtres même, ainsi que les Saints. Ainsi
parmis les images saintes, certaines se distinguent car acheiropoiètes ; i.e. non faites de la main d’un
homme.

LE CONCILE IN TRULLO (692)

En 692 le Concile in Trullo interdit la représentation symbolique du Christ en agneau au profit de celle
de sa forme humaine, de son incarnation. Il ne s’agit pas tant de proclamer iconographiquement l’union
de l’humanité et de la divinité dans le Christ que d’assurer le nécessaire dialogue entre les fidèles et un
Christ souverain, avec lequel le dialogue se fait plus naturellement qu’avec une image symbolique. Par la
suite l’Empire est placé directement sous la protection du Christ par l’introduction du portrait de ce
dernier sur les monnaies, application évidente du décret du Concile. À cette même époque les statues
antiques dont Constantin avait orné sa capitale prennent dans l’imagination des passants une coloration
de magie sinistre, d’objets plus ou moins démoniaques : l’image ne peut plus être neutre.
L’équation entre image et présence du saint n’est pas encore spontanée mais l’usage de l’image comme
support de la dévotion personnelle et de la prière est en train de l’insinuer dans les esprits.

Infos sur le Document

Publié le
18 septembre 2026
Nombre de pages
18
Écrit en
2022/2023
Type
Notes de cours
Professeur(s)
Idk
Contenu
Toutes les classes
5,99 €

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