FRANÇAIS DANS LA MONDIALISATION
LES RESSOURCES MARITIMES : DIVERSIFICATION CROISSANTE AU-DELÀ DE LA
PÊCHE
Les ressources marines, très diverses ont un potentiel biologique, minéral et énergétique considérable. Il y a la
pêche (et l’aquaculture/l’algoculture) qui est l’activité la plus ancienne. Il y a aussi des ressources en hydrocarbures et
autres minerais dans les ZEE françaises, susceptibles de dynamiser à termes les littoraux français. En n, les mers,
constamment en mouvement, constituent une importante réserve d’énergie renouvelable.
I/ Des littoraux nourriciers : des ressources halieutiques convoitées et menacées, gérées à
l’échelle européenne
A) Outils et acteurs de la pêche, entre héritages et pratiques contemporaines
La pêche relève d’une économie de prédation (prélèvement d’une ressource dans l’environnement), tandis que
l’aquaculture est une activité de production. Elle existe sur les littoraux français dès la préhistoire.
La monarchie française s’est intéressée à la pêche en mer qui était soumise aux droits des seigneurs et du roi. Il y a
le règlement royal de 1358, mais c’est la Grande Ordonnance de la Marine (31 juillet 1681) initiée par Colbert qui constitue
la première véritable législation relative à la pêche côtière entre la n du XVIIe s et la Révolution. Elle établit par exemple
l’autorisation de la vente directe « au cul du bateau » par dérogation au monopole des criées. Elle accorde une liberté à
tous les Français de pêcher avec une règlementation des engins de pêche utilisés (art 1). Colbert est aussi à l’origine de
l’ancêtre de la Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l’aquaculture chargée de la police de la pêche.
Les textes législatifs/règlementaires contemporains sur la pêche côtière en France puisent leur fondement dans la
règlementation établie sous l’AR. Elle était riche en innovations, ayant déjà pour objet de veiller à une gestion des
ressources halieutiques qui mette en oeuvre une exploitation durable des fonds marins (ex délimitation de zones de pêche et
de réserves). Elle visait aussi à préserver la santé des consommateurs, et à organiser la surveillance-contrôle des marins
pêcheurs. La loi du 22 mai 1985 reprend les grands principes sur la protection des fonds marins datant de l’AR : elle codi e
la pêche côtière en France, et concerne les eaux au large des côtes atlantiques et des départements ultramarins.
B) La lière pêche, un secteur essentiel pour les territoires littoraux et bien au-delà
La pêche côtière est la principale activité d’exploitation
des produits issus de la mer. Elle constitue l’essentiel de la
pêche en mer. Les zones côtières/estuaires présentent une
importante production biologique, la proximité avec la terre
assurant un apport continu en nutriments : le rendement de la
pêche va décroissant en s’éloignant du littoral. Concernant
l’aquaculture : il y a la conchyliculture (élevage de coquillages
: ostréiculture et mytiliculture) et la pisciculture marine qui est
moins développée sur le littoral français. Les activités de
pêche et d’aquaculture se concentrent dans quelques
grands ports, surtout sur les côtes bretonnes, le long de la
Manche et de la mer du Nord. Les marins-pêcheurs des petits
ports vivent plus di cilement (concurrence étrangère, coût
élevé des chalutiers, épuisement des ressources halieutiques).
La politique communautaire de la pêche (PCP), outil de
gestion supranationale de la llière pêche. Les politiques
publiques dans le secteur de la pêche/l’aquaculture
émanent de l’UE. La PCP a pour objectifs d’accroître la
productivité de la pêche, d’assurer un nv de vie équitable à la
population travaillant dans ce secteur, d’assurer des prix
raisonnables, et de garantir la sécurité des approvisionnements
(art 3 du TFUE). Le FEAMPA (Fonds européen pour les a aires
maritimes, la pêche et l’aquaculture) nance les actions
structurelles. L’enveloppe budgétaire allouée à la France (567
M) pour la période 2021-2027 se déploie autours de 4
thématiques : l’aide au PME, l’environnement, la transition
énergétique et l’emploi. C’est dans le cadre de la PCP que
sont xés les « quotas » (totaux admissibles de capture TAC) :
ils s’expriment en volume par aires régionales, par espèce,
prévoient des restrictions de tailles. Révisés annuellement, les TAC sont un compromis entre les données scienti ques et les
pressions des États-membres, eux-même in uencés par le lobby. Dans le cadre du Brexit e ectif en 2020, des con its
d’usages se poursuivent, puisque les eaux du RU étaient très prisés par les pêcheurs français.
Le poids économique du secteur de la pêche/de l’aquaculture est faible. En 2018, le CA étaient de 2 milliards d’euros
pour la pêche, et 700 M d’euros pour l’aquaculture, pour un volume de 730 000 tonnes. La France est le 4e producteur
européen pour la pêche(11 pour-cent du volume de pêche en europe), le 2e pour l’aquaculture. Le solde de la balance
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,commerciale des produits de la mer demeure largement dé citaire (conso 2,5 X plus importante que les q. pêchées). La
France exporte du thon et des crevettes de Guyane. La crevetticulture est développée en outre-mer.
Le poids économique du secteur est important à l’échelle locale. Il contribue au dynamise des territoires littoraux,
tandis que de nombreux professions de la lière aval (ex poissonniers) et amont (chantiers navals) subsistent. La Bretagne
est le 1er bassin d’emploi de la pêche en France (moitié du tonnage), puis les Pays-de-la-Loire et les Hauts-de-France. 70
pour cent des marins-pécheurs sont en métropoles. 15 pour-cent en Méditerranée. Le secteur traverse des crises
successives (Covid, coût élevé du carburant…), d’où la baisse continue du nombre d’emplois. Ex : 19 000 en 1990, 15 000
en 2000, et la crise du Covid a produit une diminution de 9 pour cent des emplois entre 2020 à 2021, de 13 777 à 12 028. Elle
est liée aux di cile renouvellement des générations, aux rémunérations variables, aux emplois peu attractifs (fortes
contraintes) et à une féminisation quasi inexistante (les femmes représentent 4,2 pour cent des e ectifs)
La règlementation : La pêche artisanale (80 pour-cent des navires - 2009) repose sur un patron embarqué qui a 1/2
navires de 24 mètres maxi. Il y a la petite pêche (24h max), la pêche côtière (96h max, 4 membres max, 16 m), hauturière
(24 mètre max, 8-15 jours, 6 personnes) et la pêche industrielle au-delà de ces limites. Il y a la la pêche minotière (petits
poissons pour farines), la pêche au large (navire de 30-50m, 10/20 jours, restent sur les plateaux continentaux, 10-25
personnes) et la grande pêche (campagne de plusieurs mois, navire-usine jusqu’à 110m, 60 personnes).
La tendance au renforcement de la pêche industrielle, plus compétitive (économies d’échelle). Il y a une diminution du
nombre de bateaux (10 000 en 1988, 5000 en 2008) mais une puissance de pêche multipliée par 7. Ex : la Bretagne est le
territoire où la pêche est la plus industrielle, avec près de 50 pour-cent des prises pour 1/4 des navires français. Le CROSS
(Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage) d’Étel surveille par satellite la pêche française dans le monde
entier pour valider les déclaration des pêcheurs.
C) Des ressources marines halieutiques menacées
Des facteurs endogènes. Les quantités de poissons vivants près du fond des mers étaient en moyenne de 90 pour cent
supérieures au début des années 70’s par rapport à la n des années 90. Malgré la PACS, la surpêche perdure en raison
des pressions des lobbys et États sur les quotas, avec une vision court-termiste. Ex : La France a été condamnée par la
CJUE à payer 20 M d’euros d’amende en 2005 pour « violation de la législation communautaire concernant la protection des
stocks de poissons risquant de disparaître ». Cette dernière a longtemps été accusée par le Canada d’être plus permissive
quant à la pêche à la morue à St-Pierre-et-Miquelon, alors que celui-ci avait imposé un moratoire sur ladite pêche. La pêche
de loisirs, selon un rapport de l’État en 2011, est un facteur de concurrence déloyale pour la pêche professionnelle,
même si la revente des produits de cette pêche est interdite et lourdement sanctionnée.
Des facteurs exogènes. La zone littorale est le réceptacle de diverses pollutions qui peuvent mettre en péril
l’équilibre des milieux naturels (eutrophisation) et les nbx usages présents dans la zone. Pesticides, hydrocarbures,
polychlorobiphényles (PCB), métaux lourds (…) sont liées aux activités humaines (ports, ZA, industrie, agriculture). En très
petite quantité, ces substances peuvent avoir conséquences néfastes sur l’environnement et se concentrent chez les
espèces en n de chaîne alimentaire (risque de consommation par l’Homme). L’excès de CO2 absorbées par les mers/
océans cause leur acidi cation. Le réchau ement climatique a ectent les espèces marines, provoquant des déplacements
de populations vers les zones plus froides. Ex : Les algues vertes en Bretagne, l’eutrophisation comme conséquence d’un
modèle d’agriculture/d’élevage qui pénalise les activités littorales dont la pêche. L’eutrophisation est un enrichissement des
eaux en éléments nutritifs (phospore, azote), provenant des activités agricoles via le ruissellement. Ces éléments agissent
comme engrais favorables au développement incontrôlé des algues, produisant des marées vertes. Ces algues font chuter la
teneur en oxygène du milieu aquatique ; certaines en se décomposant émettent des gazs inodores/incolores, mortels. Les
baies bretonnes sont touchées par ce phénomène, en lien avec les nitrates utilisés par les agriculteurs.
II/ Des ressources minérales et en hydrocarbures faibles mais pas nulles…
A) Une diversité théorique de ressources minérales (encore) peu exploitées (dans le cas français)
L’eau de mer, le sable et les minerais constituent des ressources littorale et marines hautement stratégiques pour les
États. Les hydrocarbures o shores représentent 30 pour cent de la production mondiale de pétrole et 27 pour cent pour le
gaz. L’eau de mer peut être dessalée pour donner de l’eau douce, une possibilité pour les pays en stress hydrique. Le sable
est une ressource nécessaire dans le secteur du bâtiment, travaux publics et de l’habitat. En n les nodules polymétalliques
des fonds marins sont de potentielles ressources en minerais rares, mais leur exploitation est encore trop chère.
B) Des fonds marins aux potentiels considérables riches en ressources minérales…
Les fonds marins constituent un enjeux stratégique pour les pays. Les ressources minérales non énergétiques
sont peu ou pas exploitées alors même que les besoins en métaux rares sont croissants. La France détient un immense
espace maritime (11,5 M de km2) et a la possibilité de valoriser son potentiel géologique. 95 pour cent de la ZEE
ultramarine se situe a plus de 500 m de fond dans des environnement susceptibles de renfermer un potentiel important en
ressources minérales : sulfures hydrothermaux, encroûtements cobaltifères et nodules polymétalliques. La France
revendique auprès de l’ONU une extension du plateau continental de sa ZEE au-delà des 200 milles marins pour parvenir à
une limite de 350 milles., soit 2,5 M de km2 supplémentaire. En 2020, la CLPC a autoriser la France à cette extension. Voir
P.126-127. Ex : en 2001, la France a obtenu pour 15 ans des concessions d’exploration minière dans la dorsale médio-
atlantique, près de Clipperton. Si l’activité n’est pas encore rentable, il s’agit de mettre au point une technologie de
prélèvement dans les eaux internationale, et de garder comme réserves stratégiques, les nodules de la ZEE de Clipperton.
Voir P.124-125. Ex : Tromelin, îles de l’océan Indien faisant partie des îles Éparses, est revendiquée par la République de
Maurice. D’une super cie d’1km2, avec une présence permanente de 3 personnes, elle octroie un cercle de 280 000 km2 de
ZEE. Les eaux de Tromelin très poissonneuses et la présence possible d’hydrocarbures/de nodules polymétalliques explique
le con it.
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, C) …Quelques ressources en hydrocarbures largement épuisées en Aquitaine, décevante en Guyane et interdite
d’exploitation à partir de 2040 dans le cadre de la transition énergétique
Les bassins sédimentaires connus/propices aux recherches d’hydrocarbures en France couvre 270 000 km2, dont
200 000 en mer. Ex : Bassin de la NC, bassin de la mer d’Iroise, Guyane. Ex : Dans le canal du Mozambique, , la région de
l’île Juan de Nova, une des Îles Éparses de l’Océan Indiens comprend potentiellement 6 à 12 milliards de barils de pétrole et 3
à 5 milliards de m3 de gaz, d’où la dispute avec Madagascar. Les projets de forage ont été abandonnés suite au classement
de l’île en réserve naturelle en 2019. Les zones de production en sont plus nombreuses. Ex : Le champs de pétrole de
Parentis, concession de 90 km2, dans les Landes a produit en 2014 plus de 220 M de barils de pétrole, et produit
actuellement 2000 barils par jour dans ses 70 plateformes. Il est le plus grand gisement de France. Ex : Un puit de pétrole
avait été découvert en 2011 au NE de Cayenne, et il était annoncé un gisement de 300 M de barils. La campagne
d’exploration de Total en Guyane a néanmoins été un échec (2019).
La loi hydrocarbures du 30 décembre 2017 met n à la recherche et à l’exploitation des hydrocarbures
conventionnels/non-conventionnels en France à l’horizon 2040, interdisant donc l’exploitation pétrolière et gazière. Il
s’agit de respecter l’accord de Paris et de respecter l’engagement de la neutralité carbone à l’horizon 2050. Plus aucun
nouveaux permis de recherches d’hydrocarbures ne peuvent désormais être accordés.
D) La mer, une ressource en eau froide utilisée pour produire de l’energie non renouvelable nucléaire
70 pour cent de l’électricité produite en France est d’origine nucléaire ; pays le plus nucléarisé de la planète en
valeur relative. Le contexte de rentabilisation du développement du nucléaire militaire ( n 40-début 60’s) et le choc pétrolier
de 73 ont poussé la France à choisir le nucléaire. Une centrale requiert un site géologiquement stable et la proximité
d’une vaste masse d’eau. Outre les euves, le littoral de la Manche incarne la production d’électricité, car la mer y est
froide même en été et la région est proche du foyer de consommation parisien. En 1967, il y a l’ouverture de l’usine de
traitement de combustibles nucléaires de la Hague sur la péninsule du Cotentin. L’endroit est favorable en raison de la faible
densité, le caractère géologique stable et le caractère venté. Les retombés économiques sont importantes. 5 centrales sont
construites dans le Cotentin : Gravelines, avec 6 réacteurs, est la plus puissante de France ; Flamanville et Penly ont été
choisies pour la construction des EPR (retards et surcoûts nombreux; l’EPR de Flamanville vient de démarrer en 2024).
III/ Les énergies marines renouvelables en France, l’alternative durable aux énergies fossiles non
renouvelables
A) Le contexte de la nécessité d’une transition énergétique face à la menace de l’épuisement des réserves de
ressources non renouvelables et à leur impact négatif sur l’environnement
Une ressource naturelle est dite « non-renouvelable »/fossile, lorsque sa destruction dépasse sa vitesse de
création à l’échelle d’une vie humaine, et que sa reconstitution nécessite des millions d’années, amenant à un épuisement
inévitable. Le « peak oil » (pic de production de pétrole) a été dé nit au début des années 70. Selon les estimations, les
réserves prouvées de pétrole (stocks existants qui présentent une forte chance d’être extraits et exploités avec les
technologies de nos jours) permettent une production d’environ 40 ans au rythme actuel. Les réserves de pétrole non
conventionnels (ex schistes bitumeux) ne peuvent remplacer le pétrole conventionnel. Les réserves de gaz naturel devraient
permettre une production pendant plus de 60 ans. La France continue d’être l’État qui dépend le plus du nucléaire dont elle
tire son indépendance énergétique. Cela explique la faiblesse des investissements français dans les énergies marines.
B) L’exploitation des énergies fossiles entraîne des conséquences néfastes sur l’environnement et la santé
La croissance démographique, l’augmentation du niveau de vie et la croissance économique ont eu comme e et
une augmentation considérable de la consommation d’énergie (X6 depuis 1950’s) dont 80 pour-cent provient des
énergies fossiles. De 500 M de TEP (tonnes équivalent pétrole) en 1950, on est à 3500 M de TEP début 2000. À l’échelle
locale/régionale, les ressources fossiles dégradent les paysages, induisent diverses pollutions contaminent les eaux de
surface/souterraines, l’air, les sols, le cadre de vie des habitants. Ex : le naufrage de l’Erika a rété par Total en 1999 a
provoqué une marée noire polluant 400 km de côte entre le Finistère et la Charente-Maritime. Les GES résultant de leur
exploitation/consommation impact le réchau ement des températures et le dérèglement climatique, et contribuent à la
formation de pluies acides donc à l’acidi cation des océans.
La France s’engage dans l’utilisation des sources d’énergie renouvelables en tant qu’alternative aux énergies
fossiles épuisables. Les pouvoirs publics ont entrepris une stratégie de développement des énergies propres en
investissant dans le secteurs. Ex : En 2019, 10,1 milliards d’euros investis, 80 000 emplois lié au secteur. En 2021, les énerie
renouvelables représentaient 19,3 pour cent de la consommation nale brute d’énergie, derrière le nucléaire (40 pour cent) et
les produis pétroliers (28 pour cent). Faisant suite à l’accord de Paris (2015), la loi « Climat et Résilience » (2021) vise à
parvenir à une réduction de 40 pour cent des émissions de GES à l’horizon 2030 et à promouvoir la justice sociale.
C) Les énergie marine, dites « énergies bleues »/« Énergie marines renouvelables EMR» : une nouvelle
« frontière » en voie d’appropriation ?
Mers et océans regorgent de ressources naturelles abondantes pouvant être exploitées pour produire de l’énergie
majoritairement renouvelable. Il s’agit de déterminer la meilleure manière de valoriser les richesses océaniques a n de
répondre aux besoins énergétiques de la France. La France fait partie des pays qui explorent des méthodes novatrices pour
capter l’énergie des mers/océans. 2e domaine maritime mondiale, elle a un des plus grands potentiels mondiaux d’énergies
marine. Le ministère de la Transition énergétique estime que la ressource connue (2000-3000 MW) se concentre surtout
au large des côtes de Normandie, Bretagne et Pays de la Loire. Les technologies renouvelables en mer sont pour la
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