RISQUES ET À PROTÉGER
LES FORMES ET LES PAYSAGES LITTORAUX : UN MODELAGE ENTRE NATURE ET
ANTHROPISATION QUI FAIT L’OBJET D’UN RICHE VOCABULAIRE SCIENTIFIQUE
Les espaces littoraux présentent une diversité de paysage due à l’in uence de la mer et qui est le résultat d’un bilan
sédimentaire qui peut être positif/négatif. Le phénomène d’érosion est en mouvement perpétuel, faisant du littoral un espace
dynamique, vivant, au paysage changeant et diversi é. La zone côtière est constituée de :
L’arrière côte : il borde la côte en restant toujours émergée. La végétation y est halophile (résistante aux milieux riches
en sel). Les pré-salé/shorre/sansouire apparaissent lorsque les hautes marées atteignent l’arrière-côte.
Le trait de côte est la partie soumise au déferlement des vagues et marque le contact entre le continent et l’océan/la mer.
L’estran (ou zone interdidale) : la partie de l’espace littoral couverte et découverte par la mer durant un cycle de
marée. Le marnage : la di érence de nv entre marée haute/basse). L’ampleur des marées dépend des cycles de la Lune/
Soleil, du volume des océans et de la forme des côtes. Faibles en Méditerranée (plateau continental étroit), elles sont très
marquées sur les côtes atlantiques (ex: marée du siècle du Mont St-Michel 21 mars 2015 : coef de 112, 14,5m de marnage).
L’avant côte : portion de rivage située au-dessus des plus basses mers qui est constamment immergée par la mer.
Di érents types de côtes : les côtes d’accumulation littorales (30 pour cent : plages de sable/galets, dunes, estuaires,
deltas, récifs coralliens…), les côtes rocheuses (42 pour cent : côtes hautes, à falaises), et les côtes de mangroves (Outre-
mer tropical/équatorial, écosystème riches en diversité biologique, stabilisé par les pneumatophores des palétuviers).
I/ Des formes d’accumulation littorales fragiles
A) Une érosion qui renforce les côtes d’accumulation mais peut fragiliser les deltas
L’érosion joue un rôle dans la régularisation du trait de côte, attaque les parties saillantes (caps, promontoires) et tend
à combler les formes concaves (les baies). Les dépôts de matériaux donnent naissance à des formes/modelés évoluant au l
du temps. Il y a une variété de paysages/biodiversité sur les côtes d’accumulation : cordons littoraux (partie haute de
la plage), marais maritimes/salés, vasières, deltas, grèves et plages. Ex les deltas : se forment lorsque la marée est trop
faible pour retenir les sédiments du euve qui s’accumulent à l’embouchure, formant des dépôts émergés. Situés à la jonction
mer/continent, ils dépendent des variations eustatiques (variat° du nv moyen des mers) ; ils oscillent entre progress°/régress°.
Sur le continent, à l’échelle du bassin-versant, les aménagements hydrauliques (ex barrages) tendent à diminuer la
charge alluviale du euve (quantité de sédiments grossiers transportés) tandis que la déforestation produit l’e et inverse. La
préservation des sols, et plus largement de la nature/environnement, dépend paradoxalement de travaux
d’aménagement réalisés au niveau des bassin-versant.
B) Des cordons littoraux aux lagunes : des processus de fermeture inégalement achevés
Les courants marins jouent un rôle essentiel dans le transport des matériaux issus de l’érosion/l’abrasion des
substrats rocheux. Les matériaux (sables, graviers, galets) sont transportés par la dérive littorale le long du littoral : ils
sont constamment en mouvement, emportés par les vagues de la mer, et avancent en dents de scie.
Les cordons littoraux sont des accumulations sédimentaires meubles, formés par les processus hydrodynamiques côtiers
(ex dérive littorale), créant ainsi des formes variées (côtes à lido, côtes à liman, tombolo). Un tombolo est un cordon littoral
reliant 2 étendues terrestres (ex : Presqu’île de Quiberon/de Croisic). Lorsqu’il est double/triple, il relie le continent à une île
grâce à deux bandes de sable et isole une lagune. Ex : presqu’île de Giens à Hyère, un phénomène rarissime.
Un poulier : èche littorale se formant dans les régions où la dérive littorale est assez constante, composée de galets en
construction qui ont tendance à resserer/fermer une lagune, créant un écosystème semi-lacustre/marécageux avec des
eaux saumâtres, mais fragile. La lagune est alimentée par des euves côtiers dont l’eau s’écoule par une ouverture (grau).
Le mélange eau de mer/eau douce produit des zones humides riche en biodiversité. Ex : estuaire de la Laïta en Bretagne.
Les formations coralliennes : forme d’accumulation d’origine biologique ; les coraux sont des animaux xes, évoluant
dans des eaux peu profondes (max 30 m), claires, oxygénées, entre 18/30 degrés. La France possède des récifs coralliens
en Atlantique, Paci que et dans l’océan Indien. D’après le GIEC (2018), une augmentation des température de 1,5 degré
produirait la disparition d’entre 70/90 pour-cent des récifs. Leur disparition engendrerait une accélération de l’érosion des
côtes et des conséquences désastreuses pour les écosystèmes marins/la biodiversité.
Les lagunes : stéréotype du tourisme balnéaire (plage de sable n), elles sont le produit de barrières de corail qui les
isolent et présentent des eaux calmes, claires et peu profondes. Ex : Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en
2008, le lagon de Nouvelle Calédonie, avec 23 000 km2, est le 2e mondial en super cie, et le 2nd plus long ensemble
corallien continu du monde ; il est inclut dans le Parc naturel de la mer de Corail (1,3 M de km2°).
C) Des plages fragiles en recul
1. Généralité : plage, érosion et submersions marines
Une plage se forme grâce à un dépôt sédimentaire meubles, par accumulation de sédiments grossiers. Elle est
formée de grains de sable libres en permanence les uns par rapport aux autres. Le processus d’accumulation l’emporte sur
l’érosion créant un bilan sédimentaire positif. Elle se compose de l’estran (sur la partie de la plage à faible pente) séparée
par la ligne de exion à la partie haute de la plage (pente accentuée, sédiments plus gros), puis l’avant-plage (composée
de matériaux qui reconstituent la plage), et la dune bordière.
L’érosion est un phénomène naturel qui fait partie de l’évolution géomorphologique de l’environnement, mais pouvant
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, être ampli é par l’action anthropique. Le phénomène de rétrécissement des plages, lié au recul du trait de côte
(déplacement vers l'intérieur des terres de la frontière entre domaine maritime/continental) produit par une perte de matériaux
due à l’érosion marine. Il y a alors la disparition de terrains continentaux.
Les submersions marines sont des phénomènes temporaires où la zone côtière est inondée par la mer suite aux
vagues de tempêtes, causée par la rupture de cordons dunaires/le débordement ou rupture d’ouvrage de protection/le
franchissement de ces ouvrages par « des paquets de mer ». Tous les littoraux sont exposés (ex Xynthia, 2010). Ex : le littoral
de la Baule-Escoublac au Pays de la Loire est menacé par la submersion sous-marine ; l’urbanisation de cette station
touristique prisée et notamment la construction du port de P
2. Les facteurs naturels et humains responsables de l’érosion des plages
* Les facteurs naturels : Les e ets hydrodynamiques (mouvements de l’eau comme la houle/courants côtiers)
emportent d’importantes quantités de sédiments ; leur compréhension est nécessaire pour la gestion durable des zones
côtières ; des tempêtes produisent des diminutions spectaculaires du bilan sédimentaire des côtes sableuses ; la dérive
littorale/les courants côtiers peuvent intensi ent la perte de sédiments. La dé ation éolienne (e et du vent) peut déplacer
des quantités signi catives de sédiments en fonction de la force/direction/fréquence du vent. Le dérèglement climatique et
l’élévation du niveau de la mer observés à l’échelle mondial (1,2/1,5 mm par an) entraînent le recul des côtes basses
sableuses. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), fondé en 1988 pour évaluer l’état
des connaissances sur l’évolution du climat, met en évidence la corrélation entre le changement climatique et l’augmentation
de la fréquence/intensité des phénomènes extrêmes ; son 6e rapport (2021) considère l’élévation du niveau des océans-mers
comme un processus désormais irréversible et estime de plus en plus probable un réchau ement de 5 degrés d’ici 2100.
* Les facteurs humains, lié principalement à la littoralisation : L’urbanisation incontrôlée à proximité de la ligne de
rivage (surcharge du front de mer avec immeubles et promenades construits sur la dune bordière/le haut de plage,
densi cation et bétonisation des littoraux) rompt l’équilibre entre les apports et les départs des matériaux. Il est
important de promouvoir une gestion intégrée/durable des zones côtières. Les choix d’implantation étant surtout motivés par
la réduction des coûts et la possibilité d’avoir une vue sur la mer. La pollution liée aux activités humaines (agriculture,
tourisme…) impact la qualité des eaux de mer. Ex : la fragilisation des prairies sous-marines de phanérogames aggrave
l’érosion des plages de Méditerranée ; ces écosystèmes stabilisent les fonds marins, agissent comme brise-lames naturels et
protègent les plages contre les érosions ; ces herbiers sont sensibles à la pollutions des eaux usées et aux déchets solides.
L’extraction d’agrégats (sable, gravier, galets), si elle est pratiquée intensivement et de façon non-durable, a ecte le
trait de côte (érosion des plages, perturbation des habitats marins, changements hydrodynamiques, qualité de l’eau).
L’augmentation de la demande en sables/graviers pour la construction a conduit à une exploitation souvent excessive des
matériaux, aggravant leur dé cit sédimentaire. 5 à 7 millions de tonnes de sables de mer sont extraits en France par an, soit
2 pour cent des granulats consommés par an. Leur extraction nécessite des autorisations (une concession, autorisation
d’ouverture de travaux miniers, si c’est dans le DPM : une autorisation d’occupation domaniale). Le cadre juridique est
donc contraignant. Les gisements exploités en métropoles sont répartis entre Dieppe et l’estuaire de la Gironde. En Outre-
mer, l’exploitation de composants volcaniques/calcaire en Guadeloupe, et de sables silicieux à St-Pierre-et-Miquelon. Les
barrages et retenues collinaires impactent la rétention des sédiments. Les ouvrages portuaires retiennent les matériaux
dans les bassins portuaires, diminuant ainsi la dérive littorale (transits littoraux). Les plages avoisinantes connaissent
donc une perte considérable en volume de sédiments, tandis qu’il y a ensablement/envasement des ports. Les 11 grands
ports maritimes d’État et 500 ports des CT aggravent l’érosion côtière. Les experts recommandent l’utilisation de
techniques d’alimentation arti cielle (système de dérivation by-pass) a n de rétablir le transfert de sédiment.
3. Exemples concernant la protection des littoraux
Les murs de soutènement présentent une ine cacité à moyen terme : s’ils visent à protéger les constructions, à lutter
contre l’amaigrissement à court terme et contre le recul du trait de côte à long terme, ils ont pour conséquence irréversible le
démaigrissement de la plage : il entrave les échange entre la plage et la dune. Ex : la baie de Saint-Jean-de-Luz dans le
Pays basque subit annuellement de forte tempêtes hivernales qui a conduit au recul du trait de côte (200 m en 200 ans). Sous
Napoléon III, trois digues ont été construites pour protéger la côte. De plus, ces ouvrages sont protégés eux-même par des
blocs d’ophite (20 000 blocs) de plusieurs dizaine de tonnes, mis à l’eau régulièrement (30 par ans).
Il y a des mesures moins invasives pour protéger les littoraux. Ex : À Pornichet, la Ville a mis en place des mesures de
protection des dunes de première ligne. Dès décembre 2020, les dunes situées du côté du port d’échouage ont été
réhaussée et épaissies (ajout de sable) a n de renforcer leur capacité à résister à l’érosion causée par les vagues/le vent. 12
000 pieds d’oyats ont été plantés pour xer le sable et stabiliser les dunes. Des clôtures en bois (ganivelles) ont été installées
pour empêcher le piétinement piéton/canin. Les pieds des dunes ont été renforcées avec du sable.
II/ Les formes d’ablation littorale : des falaises et côtes rocheuses inégalement soumises à
l’érosion
A) Une double in uence de la mer et de la roche qui débouche sur une diversité de paysages
Les côtes d’érosion appelée aussi « côtes d’ablation » résulte de l’in uence combinée de l’action de la mer qui taille les
falaises, et celle de la roche elles-même, o rant une diversité de paysages le long de ces côtes instables. Ces dernières sont
soumises à un recul continu sous l’e et des vagues qui érodent les formations rocheuses, remodelant le trait de côte.
B) Des côtes rocheuses parfois creusées anciennement par l’eau mais diversi ées en termes de formes
Les côtes rocheuses, des formes d’érosion soumises au vent/précipitations. Leur variété est sans n. Ex : Les granites
peuvent former des crêtes déchiquetées ou des chaos aux formes arrondies. Les basaltes crééent des colonnes polygonales
verticales. Les variations eustatiques ont permis la formation de fjords, (ex Kerguelen dans les TAAF), de rias et calanques.
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