DES SPÉCIFICITÉS RÉGIONALES AU COEUR DES LITTORAUX
FRANÇAIS
LA GRANDE CÔTE D’OPALE : UNE MER FROIDE DES HAUTS-DE-FRANCE ENTRE MISE
EN VALEUR TOURISTIQUE ET INDUSTRIELLE ANCIENNE ET PROTECTION CROISSANTE
La Côte d’Opale désigne au sens large le littoral humide des Hauts-de-France. Au sens strict, elle exclue la côte
picarde et les dunes des Flandres. Son nom fait référence à sa couleur changeante. Elle est une région traditionnelle de
pêche/tourisme avec un littoral menacé.
I/ Un littoral marqué par la pêche et les activités portuaires
A) Une région halieutique
Boulogne-sur-mer (agglomération de 135 000 hab), est le 1er port de pêche de France (28 000 t de poissons/ans issu
à 60 pour cent de la pêche artisanale ; 130 navires ; 90 M de CA), Le système productif de la pêche intègre une multitude
d’emplois (poissoniers, ingénieurs qualité, acheteur-vendeurs…). La ville abrite le 1er cluster de la mer centré autour de
la ZI de Capécure : située dans l’enceinte du port, la ZI transforme 380 000 t de produits/an, attirant donc de la matière
première péchée dans d’autres ports/régions. La A16 connecte le cluster à son hinterland (« pavillon de la marée » de
Rungis, dosale européenne). La main d’oeuvre est formée sur place. Le cluster incarne le dynamisme économique de la
ville. En 1999 est créé le pôle de compétitivité Aquimer dédié à la mer.
B) Une région de connexion portuaire et ferroviaire grâce au tunnel sous la Manche
Boulogne est un important port de commerce français et un port de tra c de passagers, même s’il décline (les ferries
transmanche ont subi la concurrence du tunnel ; les liaisons régulières avec le RU ont disparu dans les années 2000).
1. Calais, 1er port de passagers de la partie continentale de l’Atlantique-Manche avec le tunnel sous la Manche
Calais béné cie d’une rente de situation au point maritime le plus étroit de la Manche (38km de Calais-Douvres) et a
9 M de passagers en 2017. Il est le 4e port de commerce de France, représentant 50 pour cent du tra c transmanche et 43
M de t de fret (2016). Le tunnel sous la Manche, con rmé par le traité de Cantorbéry (1986) et inauguré en 1994, est long de
50,5 km dont 38 km sous la mer et est uniquement ferroviaire. La société Eurostar (SNCF; British Railways) dispose d’un
quasi monopole mais est endettée en raison du surcoût du projet (90 milliard de francs). En 2019, 2,6 M de véhicule ont été
transportés (plus de 10 M de personnes) et 1 M de t de fret. Il a permis de renforcer les ux entre la GB et le continent,
créant de l'activité et une augmentation de la valeur du foncier. La logistique se développe dans l’arrière-pays.
Principale conséquence négative : le rôle de Calais comme cité d’attente pour gagner le RU s’est accru dans le
cadre des ux migratoires croissants. La jungle de Calais est souvent l’objet d’évacuations policières qui ne font que
déplacer le problème. Il y a une externalisation de la frontière britannique sur le littoral français (présence de policiers
britanniques pour le ltrage en amont. En 2022, 45 000 traversées illégales. Le Brexit accentue la rugosité de la frontière.
2. Dunkerque, un port dynamique en recomposition
3e port de commerce (60 M de t annuel porté par le vrac), Dunkerque est conçu comme une grande ZIP dans les
années 1960. Il est choisi pour mettre en place une « sidérurgie sur l’eau » (minerais importés, débarqués, transformés en
acier et exportés). Énergie : pour remplacer les ra neries en crise, l’État installe le 3e terminal gazier de France (gaz venu
de Norvège) qui a une importance stratégique dans le contexte géopolitique actuel. La centrale nucléaire de Graveline
alimente l’usine d’aluminium (1er site de conso d’électricité en France). Le port béné cie de la transition énergétique. Ex :
implantation en cours de 2 gigafactories de batteries pour voiture. Il est le 1er pôle industriel de la Côte d’Ôpale.
II/ Un littoral relativement peu dense en habitants permanents mais anciennement mis en
tourisme
A) Un littoral peu dense en habitants permanents mais qui comprend des résidences secondaires…
C’est un littoral d’une mer froide, largement rural, peu dense (237 hab/km2 ; moyenne de 300 pour les littoraux
français), une population en recul (-0,1 pour cent) par rapport au reste de la région. Le chômage/vieillissement + élevé que
dans le reste de la région. Il y a une mise en tourisme du sud du littoral (8,2 pour cent des logements sont des résidences
secondaires dans la Somme). Il y a de la fragmentation sociospatiale. Ex : Le Touquet et Berck-sur-Mer sont proche de 17
km, mais Berck a un taux de pauvreté double du Touquet qui attire plutôt les populations aisées de plus de 60 ans.
B) …Un littoral froid anciennement mis en tourisme en raison de la proximité avec Paris
Le tourisme littoral se concentre dans le Pas-de-Calais, marqué par des grandes et belles plages, propices aux
sports de voile et de vent (char à voile, kite-surf). Berck et le Touquet sont les stations balnéaires les plus connues. Ex du
Touquet-Paris-Plage : « perle de la Côte d’Opale », la station compte 4200 hab permanents et jusqu’à 250 000 en été ; ses
12 km de plage de sable n en fait un site propice pour le tourisme balnéaire. Il y a le développement de festivals et
manifestations culturelles comme le salon du livre depuis 1979.
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, III/ Un littoral à haute valeur environnementale, (de plus en plus) protégé mais menacé
A) Une protection du littoral en essor
Dunes et estuaires de la Grande Côte d’Opale expliquent la présence de riches écosystèmes liés au milieux
humides et au climat océanique, propices aux oiseaux migrateurs. Dunes et pointes (Pointe du Touquet) sont classées.
Moins de 8 pour cent du zonage de protection est d’un niveau jugé contraignant selon la typologie de l’UICN.
B) Une protection récente et insu sante
Il y a 2 PNR en situation littorale - Caps et marais d’Opale (1986) et baie de Somme-Picardie maritime (2020) - et un PNM -
des estuaires picards et de la mer d’Opale (2012) -. La surfréquentation liée au tourisme, l’urbanisation, les pollutions
diverses menacent la pérennité/la valeur écologique de la Côte d’Opale. Le littoral est menacé par la mer. Ex : le Pas-de-
Calais est le département de France concentrant le plus d’inondation, comme ceux de janvier 2024.
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, LA NORMANDIE, LES NORMANDIES : DE L’IMPRESSIONNISME DE MONET ET DES
PRÉMISSES DU TOURISME À SON INDUSTRIALISATION
Face au réchau ement climatique, l’idée émerge que la Normandie et la Bretagne, régions françaises les plus tempérées en
raison d’un climat océanique marqué, pourraient devenir des « îlots de fraîcheur » (S.Costa). Les littoraux normands sont long de 603
km. Si les littoraux normands (Seine-Maritime, Calvados, Manche) sont fortement dépendants de l’économie touristique, ils bordent
également un des couloirs maritimes les plus fréquentés au monde, et font l’objet d’enjeux industriels, particulièrement en Seine-
Maritime (énergie nucléaire). L’agriculture littorale, la pêche et la conchyliculture participe à créer des con its d’usage. La
Normandie compte une proportion importante de villes déclinantes (Dieppe, Le Havre, Cherbourg). Dans quelle mesure les évolutions
politiques, économiques et environnementales actuelle soulèvent-elles de nouveaux enjeux sur des littoraux très disparates ?
I/ Des littoraux urbanisés dans lesquels se concentrent les activités portuaires, industrielles et
touristiques
A) Deux régions administratives distinctes fusionnées mais une cohérence historique et de peuplement
En 2016, Basse et Haute-Normandie, délimitées par la Seine, ont fusionné en une unique région : la Normandie. Les
deux anciennes régions restent marquées par d’importantes disparités. La Haute Normandie est plus densément peuplé
(150 hab/km2 vs 84), plus urbaine/industrielle/riche. En excluant la Seine-maritime, les départements ont peu de grandes
villes et de communes densément peuplées, et connaissent une forte littoralisation.
B) Une littoralisation prononcée
Les principales aires urbaines se situent sur le littoral. Le Havre, sur la rive nord de l’embouchure de la Seine, est
connecté à un hinterland dense (Rouen, Paris). Rouen, ville de fond d’estuaire (60km du rivage) , agglomération de 800 000
habitant joue un rôle d’interface avec son port capable de recevoir de gros bateaux. L’estuaire de la Seine apparaît donc
comme un centre régional : sa centralité résulte des pôles de Rouen et du Havre ainsi que de la concentration d’activités
entre ces deux agglomérations. L’agglomération de Caen s’étend au littoral.
Globalement, la Normandie est la seule région littorale perdant des habitants (-0,1 pour cent par an de 2014-2020).
La Seine-Maritime a connu une chute de 10 hab/km2 depuis les années 1960. Les petites/moyennes villes, sauf celles
périurbaines/littorales, connaissent une dévitalisation. L’in uence du littoral sur leur dynamisme s’étend peu dans
l’arrière-pays. Ex : Coutance, à 12 km de la côte, a de nombreux logements vacants/commerces en di cultés. D’ailleurs,
certaines communes littorales dans le pays d’Auge perdent des habitants (ex Cabourg : 5810 hab en 2013 ; 5270 en 2019).
Seuls les communes proches de Caen ont une croissance démographique de 1 pour cent voir plus.
L’arti cialisation des sols progresse à un rythme 5X supérieur à la croissance démographique, et concerne les
littoraux/communes littorales/périphéries des agglomérations. Si la loi climat et résilience (2021) vise Zéro Arti cialisation
Nette, son applicat° est délicate sur les littoraux qui subissent une forte pression immobilière (Deauville, 7000 euro/m2).
C) Littoralisation des activités industrielles et modi cation des paysages
La Normandie est la région française la plus industrialisée (20 pour cent de la VA vs moyenne nationale de 13). Ex du
Havre et sa zone industrialo-portuaire : un des coeurs industriels de la Normandie ; a connu une évolution de son paysage
(destructions de la 2nd GM, reconstruct° d’une ville bétonnée classée à l’UNESCO + extension de son port). La ville a
cherché à gagner en attractivité (reconversion de friches industrielles et marketing urbain). Le LH Port Center (2015), installé
au terminal de la citadelle, est un lieu présentant des expositions, conférences, ateliers valorisant de l’activité portuaire.
Le littoral normand est exploité pour la production d’énergie nucléaire ( 11 pour cent de la prod nationale ; Penly et
Paluel en Seine-maritime, Flamanville dans le Cotentin) et de retraitement des déchets (centre de recyclage des combustibles
de la Hague). Les centrales utilisent la Manche pour le refroidissement des réacteurs. Les littoraux dépendant fortement de
la lière nucléaire, et constituent des « territoires du consentement ».
D) Des littoraux diversement touchés par la pression urbaine
Le littoral de la Manche, plus agricole, moins urbanisé et moins attractifs pour les touristes, reste peu bétonné.
Cela est aussi liée à l’action préventive du Conservatoire du littoral qui achète des hectares de littoral pour les protéger de
la pression urbaine. Ex : Le Conservatoire a empêché une urbanisation naissante au site de la Pointe d’Agon (Manche) dès
1980’s, empêchant notamment la construction d’un parc de loisirs de 100 chalets et d’un hôtel et un 2e golf. Il mène aussi
des projets de renaturation. Ex : projet concernant le site de la Falaise d’Amont à Étretat, visant le déplacement du
stationnement.
E) Des paysages et des activités façonnés par les marées
Le littoral normand présente une grande diversité de paysages. À l’est, la Côte d’Albâtre (du Havre-Tréport), des
plateaux creusés par des vallées et des hautes falaises de craie entaillées de petites vallées débouchant sur une plage. Au
sud, la Côte eurie : stations balnéaires anciennes au foncier coûteux (Deauville), fréquentées par les parisiens. À l’Ouest,
le massif armoricain : des paysages variés avec la péninsule du Cotentin, de grande plage de sable à l’est, des falaises du
au Nord, les polders du Mont-Saint-Michel, et des marais littoraux (pré-salés mis en valeur pour l’agriculture).
Les marées, phénomène naturel de déformat° des océans, sont spectaculaires sur les littoraux normands.
La Manche est peu profonde, et la mer peut se retirer à plusieurs km, dégageant un vaste estran. La baie du Mont-St-
Michel de Cancale à Granville (Manche) présente les plus grandes marées d’Europe. Le Mont est visité par 3 M de touristes.
Sa fréquentation s’accentue lors des grandes marées (coef 110) venant l’encercler, spectacle permis par les travaux/barrage
qui lutter contre l’ensablement. Son vaste estran vaste est à l’origine d’activités de loisir.
Les grandes marées expliquent le développement de l’ostréiculture/mytiliculture. Les moules de bouchot (elles sont
sur des pieux en bois recouverts par la mer, et qui se découvrent lors des grandes marées).
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LA GRANDE CÔTE D’OPALE : UNE MER FROIDE DES HAUTS-DE-FRANCE ENTRE MISE
EN VALEUR TOURISTIQUE ET INDUSTRIELLE ANCIENNE ET PROTECTION CROISSANTE
La Côte d’Opale désigne au sens large le littoral humide des Hauts-de-France. Au sens strict, elle exclue la côte
picarde et les dunes des Flandres. Son nom fait référence à sa couleur changeante. Elle est une région traditionnelle de
pêche/tourisme avec un littoral menacé.
I/ Un littoral marqué par la pêche et les activités portuaires
A) Une région halieutique
Boulogne-sur-mer (agglomération de 135 000 hab), est le 1er port de pêche de France (28 000 t de poissons/ans issu
à 60 pour cent de la pêche artisanale ; 130 navires ; 90 M de CA), Le système productif de la pêche intègre une multitude
d’emplois (poissoniers, ingénieurs qualité, acheteur-vendeurs…). La ville abrite le 1er cluster de la mer centré autour de
la ZI de Capécure : située dans l’enceinte du port, la ZI transforme 380 000 t de produits/an, attirant donc de la matière
première péchée dans d’autres ports/régions. La A16 connecte le cluster à son hinterland (« pavillon de la marée » de
Rungis, dosale européenne). La main d’oeuvre est formée sur place. Le cluster incarne le dynamisme économique de la
ville. En 1999 est créé le pôle de compétitivité Aquimer dédié à la mer.
B) Une région de connexion portuaire et ferroviaire grâce au tunnel sous la Manche
Boulogne est un important port de commerce français et un port de tra c de passagers, même s’il décline (les ferries
transmanche ont subi la concurrence du tunnel ; les liaisons régulières avec le RU ont disparu dans les années 2000).
1. Calais, 1er port de passagers de la partie continentale de l’Atlantique-Manche avec le tunnel sous la Manche
Calais béné cie d’une rente de situation au point maritime le plus étroit de la Manche (38km de Calais-Douvres) et a
9 M de passagers en 2017. Il est le 4e port de commerce de France, représentant 50 pour cent du tra c transmanche et 43
M de t de fret (2016). Le tunnel sous la Manche, con rmé par le traité de Cantorbéry (1986) et inauguré en 1994, est long de
50,5 km dont 38 km sous la mer et est uniquement ferroviaire. La société Eurostar (SNCF; British Railways) dispose d’un
quasi monopole mais est endettée en raison du surcoût du projet (90 milliard de francs). En 2019, 2,6 M de véhicule ont été
transportés (plus de 10 M de personnes) et 1 M de t de fret. Il a permis de renforcer les ux entre la GB et le continent,
créant de l'activité et une augmentation de la valeur du foncier. La logistique se développe dans l’arrière-pays.
Principale conséquence négative : le rôle de Calais comme cité d’attente pour gagner le RU s’est accru dans le
cadre des ux migratoires croissants. La jungle de Calais est souvent l’objet d’évacuations policières qui ne font que
déplacer le problème. Il y a une externalisation de la frontière britannique sur le littoral français (présence de policiers
britanniques pour le ltrage en amont. En 2022, 45 000 traversées illégales. Le Brexit accentue la rugosité de la frontière.
2. Dunkerque, un port dynamique en recomposition
3e port de commerce (60 M de t annuel porté par le vrac), Dunkerque est conçu comme une grande ZIP dans les
années 1960. Il est choisi pour mettre en place une « sidérurgie sur l’eau » (minerais importés, débarqués, transformés en
acier et exportés). Énergie : pour remplacer les ra neries en crise, l’État installe le 3e terminal gazier de France (gaz venu
de Norvège) qui a une importance stratégique dans le contexte géopolitique actuel. La centrale nucléaire de Graveline
alimente l’usine d’aluminium (1er site de conso d’électricité en France). Le port béné cie de la transition énergétique. Ex :
implantation en cours de 2 gigafactories de batteries pour voiture. Il est le 1er pôle industriel de la Côte d’Ôpale.
II/ Un littoral relativement peu dense en habitants permanents mais anciennement mis en
tourisme
A) Un littoral peu dense en habitants permanents mais qui comprend des résidences secondaires…
C’est un littoral d’une mer froide, largement rural, peu dense (237 hab/km2 ; moyenne de 300 pour les littoraux
français), une population en recul (-0,1 pour cent) par rapport au reste de la région. Le chômage/vieillissement + élevé que
dans le reste de la région. Il y a une mise en tourisme du sud du littoral (8,2 pour cent des logements sont des résidences
secondaires dans la Somme). Il y a de la fragmentation sociospatiale. Ex : Le Touquet et Berck-sur-Mer sont proche de 17
km, mais Berck a un taux de pauvreté double du Touquet qui attire plutôt les populations aisées de plus de 60 ans.
B) …Un littoral froid anciennement mis en tourisme en raison de la proximité avec Paris
Le tourisme littoral se concentre dans le Pas-de-Calais, marqué par des grandes et belles plages, propices aux
sports de voile et de vent (char à voile, kite-surf). Berck et le Touquet sont les stations balnéaires les plus connues. Ex du
Touquet-Paris-Plage : « perle de la Côte d’Opale », la station compte 4200 hab permanents et jusqu’à 250 000 en été ; ses
12 km de plage de sable n en fait un site propice pour le tourisme balnéaire. Il y a le développement de festivals et
manifestations culturelles comme le salon du livre depuis 1979.
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A) Une protection du littoral en essor
Dunes et estuaires de la Grande Côte d’Opale expliquent la présence de riches écosystèmes liés au milieux
humides et au climat océanique, propices aux oiseaux migrateurs. Dunes et pointes (Pointe du Touquet) sont classées.
Moins de 8 pour cent du zonage de protection est d’un niveau jugé contraignant selon la typologie de l’UICN.
B) Une protection récente et insu sante
Il y a 2 PNR en situation littorale - Caps et marais d’Opale (1986) et baie de Somme-Picardie maritime (2020) - et un PNM -
des estuaires picards et de la mer d’Opale (2012) -. La surfréquentation liée au tourisme, l’urbanisation, les pollutions
diverses menacent la pérennité/la valeur écologique de la Côte d’Opale. Le littoral est menacé par la mer. Ex : le Pas-de-
Calais est le département de France concentrant le plus d’inondation, comme ceux de janvier 2024.
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PRÉMISSES DU TOURISME À SON INDUSTRIALISATION
Face au réchau ement climatique, l’idée émerge que la Normandie et la Bretagne, régions françaises les plus tempérées en
raison d’un climat océanique marqué, pourraient devenir des « îlots de fraîcheur » (S.Costa). Les littoraux normands sont long de 603
km. Si les littoraux normands (Seine-Maritime, Calvados, Manche) sont fortement dépendants de l’économie touristique, ils bordent
également un des couloirs maritimes les plus fréquentés au monde, et font l’objet d’enjeux industriels, particulièrement en Seine-
Maritime (énergie nucléaire). L’agriculture littorale, la pêche et la conchyliculture participe à créer des con its d’usage. La
Normandie compte une proportion importante de villes déclinantes (Dieppe, Le Havre, Cherbourg). Dans quelle mesure les évolutions
politiques, économiques et environnementales actuelle soulèvent-elles de nouveaux enjeux sur des littoraux très disparates ?
I/ Des littoraux urbanisés dans lesquels se concentrent les activités portuaires, industrielles et
touristiques
A) Deux régions administratives distinctes fusionnées mais une cohérence historique et de peuplement
En 2016, Basse et Haute-Normandie, délimitées par la Seine, ont fusionné en une unique région : la Normandie. Les
deux anciennes régions restent marquées par d’importantes disparités. La Haute Normandie est plus densément peuplé
(150 hab/km2 vs 84), plus urbaine/industrielle/riche. En excluant la Seine-maritime, les départements ont peu de grandes
villes et de communes densément peuplées, et connaissent une forte littoralisation.
B) Une littoralisation prononcée
Les principales aires urbaines se situent sur le littoral. Le Havre, sur la rive nord de l’embouchure de la Seine, est
connecté à un hinterland dense (Rouen, Paris). Rouen, ville de fond d’estuaire (60km du rivage) , agglomération de 800 000
habitant joue un rôle d’interface avec son port capable de recevoir de gros bateaux. L’estuaire de la Seine apparaît donc
comme un centre régional : sa centralité résulte des pôles de Rouen et du Havre ainsi que de la concentration d’activités
entre ces deux agglomérations. L’agglomération de Caen s’étend au littoral.
Globalement, la Normandie est la seule région littorale perdant des habitants (-0,1 pour cent par an de 2014-2020).
La Seine-Maritime a connu une chute de 10 hab/km2 depuis les années 1960. Les petites/moyennes villes, sauf celles
périurbaines/littorales, connaissent une dévitalisation. L’in uence du littoral sur leur dynamisme s’étend peu dans
l’arrière-pays. Ex : Coutance, à 12 km de la côte, a de nombreux logements vacants/commerces en di cultés. D’ailleurs,
certaines communes littorales dans le pays d’Auge perdent des habitants (ex Cabourg : 5810 hab en 2013 ; 5270 en 2019).
Seuls les communes proches de Caen ont une croissance démographique de 1 pour cent voir plus.
L’arti cialisation des sols progresse à un rythme 5X supérieur à la croissance démographique, et concerne les
littoraux/communes littorales/périphéries des agglomérations. Si la loi climat et résilience (2021) vise Zéro Arti cialisation
Nette, son applicat° est délicate sur les littoraux qui subissent une forte pression immobilière (Deauville, 7000 euro/m2).
C) Littoralisation des activités industrielles et modi cation des paysages
La Normandie est la région française la plus industrialisée (20 pour cent de la VA vs moyenne nationale de 13). Ex du
Havre et sa zone industrialo-portuaire : un des coeurs industriels de la Normandie ; a connu une évolution de son paysage
(destructions de la 2nd GM, reconstruct° d’une ville bétonnée classée à l’UNESCO + extension de son port). La ville a
cherché à gagner en attractivité (reconversion de friches industrielles et marketing urbain). Le LH Port Center (2015), installé
au terminal de la citadelle, est un lieu présentant des expositions, conférences, ateliers valorisant de l’activité portuaire.
Le littoral normand est exploité pour la production d’énergie nucléaire ( 11 pour cent de la prod nationale ; Penly et
Paluel en Seine-maritime, Flamanville dans le Cotentin) et de retraitement des déchets (centre de recyclage des combustibles
de la Hague). Les centrales utilisent la Manche pour le refroidissement des réacteurs. Les littoraux dépendant fortement de
la lière nucléaire, et constituent des « territoires du consentement ».
D) Des littoraux diversement touchés par la pression urbaine
Le littoral de la Manche, plus agricole, moins urbanisé et moins attractifs pour les touristes, reste peu bétonné.
Cela est aussi liée à l’action préventive du Conservatoire du littoral qui achète des hectares de littoral pour les protéger de
la pression urbaine. Ex : Le Conservatoire a empêché une urbanisation naissante au site de la Pointe d’Agon (Manche) dès
1980’s, empêchant notamment la construction d’un parc de loisirs de 100 chalets et d’un hôtel et un 2e golf. Il mène aussi
des projets de renaturation. Ex : projet concernant le site de la Falaise d’Amont à Étretat, visant le déplacement du
stationnement.
E) Des paysages et des activités façonnés par les marées
Le littoral normand présente une grande diversité de paysages. À l’est, la Côte d’Albâtre (du Havre-Tréport), des
plateaux creusés par des vallées et des hautes falaises de craie entaillées de petites vallées débouchant sur une plage. Au
sud, la Côte eurie : stations balnéaires anciennes au foncier coûteux (Deauville), fréquentées par les parisiens. À l’Ouest,
le massif armoricain : des paysages variés avec la péninsule du Cotentin, de grande plage de sable à l’est, des falaises du
au Nord, les polders du Mont-Saint-Michel, et des marais littoraux (pré-salés mis en valeur pour l’agriculture).
Les marées, phénomène naturel de déformat° des océans, sont spectaculaires sur les littoraux normands.
La Manche est peu profonde, et la mer peut se retirer à plusieurs km, dégageant un vaste estran. La baie du Mont-St-
Michel de Cancale à Granville (Manche) présente les plus grandes marées d’Europe. Le Mont est visité par 3 M de touristes.
Sa fréquentation s’accentue lors des grandes marées (coef 110) venant l’encercler, spectacle permis par les travaux/barrage
qui lutter contre l’ensablement. Son vaste estran vaste est à l’origine d’activités de loisir.
Les grandes marées expliquent le développement de l’ostréiculture/mytiliculture. Les moules de bouchot (elles sont
sur des pieux en bois recouverts par la mer, et qui se découvrent lors des grandes marées).
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