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Résumé Église, société et pouvoir dans la chrétienté latine 910-1274 * Emprise territoriale de l'Église et logiques de peuplement

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Résumé du thème "emprise territoriale de l'Église et logiques de peuplement", issu du manuel Atlande "Église, société et pouvoir dans la chrétienté latine 910-1274". Utile pour la préparation du capes bac+5 histoire

Aperçu du contenu

* L’Église et la société chrétienne *
EMPRISE TERRITORIALE DE L’ÉGLISE ET LOGIQUE DE PEUPLEMENT. P.166-182
I/ La spatialisation du sacré
A) Genèse des loca sancta : reliques et sanctuaires
Les chrétiens des premiers siècles étaient peu attachés à l’existence de lieux sacrés. St Augustin mort en 430
rappelle que Dieu est « sans lieu ni espace privilégié. Par la suite, se développe l’idée de l’existance de lieux saints : la
sainteté étant liée à la présence des reliques des saints martyrs qui s’y trouvent (martyria : édifice abritant tombes d’un Saint).
Les reliques sont les traces laissées par le saint (corps, fragments de corps). Il y a les reliques secondaires. Désignées
par le terme « pignus » (gage), elles sont des signes tangibles, considérées comme incorruptibles ; des restes réputés pour
avoir conservé la force (virtus) du Saint utilisée dans sa défense de la foi. Le saint demeure actif en ces lieux et peut
procurer des bienfaits aux hommes qui s’y rendent. La distribut° massive de fragments des corps durant le haut MÂ
produit un accroissement du nombre des loca Sancta/sanctuaires qui attirent des pèlerins et polarisent l’espace.
Le sanctuaire est « l’enracinement spatial d’une manifestation de l’invisible » (Vauchez) : il se distingue des autres
édifices religieux par la présence d’au moins un objet sacré, le souvenir de miracles qui s’y sont produits et la fréquentation
spontanée du lieu. « Sanctuarium » désigne les reliques des saints puis le contenant, et l’aire autours des églises/cimetières.
Les reliques dessinent une géographie du sacrée : elles ont contribué à l’affirmation du caractère sacré des édifices les
abritant et ont structuré leur géo intérieure. Ex : les reliques étaient disposées partout dans l’église, puis se rapprochent du
maître-hôtel dès le IXe s faisant de celui-ci le pôle le plus sacré. Le bâtiment ecclésial est réputé être sous la protection
du saint dont il abrite les reliques. Ex : XIIe s, un maçon a touché sans précaution la pierre angulaire du sanctuaire de
Rocamadour et aurait été châtié par la Vierge, selon un récit.
Les reliques polarisent l’espace : elles attirent les pèlerins qui se rendent sur les lieux qui les abritent afin de les vénérer.
Le sanctuaire régional est accessible aux pèlerins en 2/3 jours de marches (ex tombeaux de St Guillaume à Norwich) ; les
grands sanctuaires (ex Rome, St-Jacques-de-Compostelle, Rocamadour). L’attractivité de ces pôles évoluent dans le temps.
Par ses reliques, un établissement inscrit son histoire locale dans celle de l’Église universelle et établit des liens
avec les grands pôles historiques (Rome, Jérusalem) : Au XIe s, les églises défendent l’apostolicité des saints dont elles
possèdent les restes. Ex. de Vézelay : Au XIe s, l’abbé Geoffroy affirme avoir trouvé les restes de la Madeleine dans la crypte
de l’abbaye et rédige une Vie expliquant pourquoi les restes de la Madeleine sont à Vézelay. Le culte à la Madeleine confère
un grand prestige à la ville, sur la route de St-Jacques-de-Compostelle, et permet la construct° d’une grande église au XIIe s.
B) Le rituel de la consécration et ses conséquences
Pour prendre en charge l’ancrage spatial du sacré, les autorités religieuses dès l’époque carolingienne utilisent la
consécration des églises. La consécration définit une inscription spatiale du sacré en cercles concentriques. Le coeur
est l’autel (abrite les reliques, sacrifice de la messe) ; l’église est l’espace sacré ; les alentours sont « saints ».
Les lieux saints bénéficient de l’immunité : le Code théodosien (Ve s) reconnaît un droit d’asile aux églises. Dès le Xe s,
l’immunité a été promue par la papauté pour renforcer la protection des biens d’Eglise. Ex : une notice du cartulaire de
Cluny évoque la réparation d’un homicide perpétré vers 1023 par Josseran de Merzé devant la porte du monastère ; il doit
payé 600 sous mais il choisit finalement de cédé des terres à l’abbaye. .
La réforme grégorienne : avec le mouvement de centralisat° romaine, les papes eux-mêmes procèdent à de nombreuses
consécrations. Ex : Léon IX au XIe s a effectué une trentaine de consécration, surtout en Lotharingie, l’occasion d’instaurer
un lien particulier entre une église locale et Rome. La filiation passe par la mise en place d’usages d’inspiration romaine.
Ex : filiation de Cluny au XI e s. à Rome avec la création de deux zones d’immunités définies par les autorités pontificales.
Urbain II se rend lui-même à Cluny en 1095, y consacre 5 autels de la nouvelle église, et défini un espace saint (« ban sacré »).

II/ Églises, cimetières et paroisses
A) L’église et l’Église
Essor documenté des constructions de bâtiments ecclésiaux aux Xe-XIe s lié à l’essor du réseau paroissial et de
changements profonds dans la conception des édifices. Ex : le moine Raoul Glaber, an mill, explique que le monde aurait
revêtu une « blanche robe d’églises ». Ex : apparition du type hagiographique de l’abbé réformateur et constructeur vers 980.
La construction d’église est considérée comme une caractéristique apostolique. Ex : Les moines de St-Martial de Limoges
au XIe s réélaborent les récits du Saint pour en faire l’apôtre de toute la Gaulle ; il apparaît comme un constructeur/
consécrateur de lieux de culte avec la présence de sermons de consécration qu’il aurait prononcés.
Personnalisation de l’église : on met en parallèle la consécration de l’église avec le baptême ; un nouveau genre littéraire
au XIe s, identifié par D.Iognat-Prat comme « De constructione-De dedicatione ecclesiae », vise à dresser des panégyriques
aux églises traitées comme des personnes saintes à l’occasion de leur consécration. Dès l’époque carolingienne, le mot
ecclesia s’impose pour désigner le bâtiment ecclésiastique. Un emploi métonymique : Ecclesia (Église-communauté)/
ecclésia (église-monument).
B) Le cimetière
Le cimetière paroissial, terre destinée à l’inhumation des corps attenant à l’église, est une réalité qui prend forme
progressivement dès l’époque carolingienne. Dès le VIIIe s, il y a une désaffectation des cimetières « en plein
champ » (souvent privés d’édifices religieux), au profit des cimetières paroissiaux, intégrés à l’habitat, jouxtant les églises.
Au Xe s, ils deviennent véritablement un espace consacré. Ex : première mention d’un cimetière sanctifié en
Angleterre sous le roi Aethelstan au Xe s. La consécration a pour objet de purifier, de retirer de l’usage commun pour le
réserver à Dieu et de placer l’espace funéraire sous la protection divine. Il s’agit de mener les âmes des fidèles au salut.

Infos sur le Document

Publié le
11 mai 2026
Nombre de pages
2
Écrit en
2023/2024
Type
Resume
7,66 €

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