* L’Église et la société chrétienne *
L’ENCADREMENT DES SAVOIRS. P.224-250
L’Église est pour de nombreux chrétiens le moyen d’accès privilégié aux savoirs religieux. Les clercs forment une
communauté lettrée, détenant le monopole de l’écrit et de la maîtrise du latin. Évêques, prêtres, diacres sont des rouages
essentiels dans la transmission de la doctrine chrétienne, agissant en intermédiaires entre savants et fidèles. L’étude de la
Bible connaît un essor important au MÂ central. L’Église a un intérêt grandissant à la diffusion du message des Écritures.
I/ La diffusion des savoirs sacrés
A) Faire entendre le texte sacré : prédication et liturgie
La participation des fidèles au culte/la prédication aux laïcs connaissent des mutations importantes à l’époque
grégorienne. Latran IV rend obligatoire la confession annuelle et la communion à Pâques.
La liturgie fixe l’enchaînement des chants, prières et rites qui constituent la messe ou autres célébrations
(sacrements). La réforme grégorienne vise à généraliser le rite romain en Occident (ex ; fin de la liturgie mozarabe en Ibérie).
Par elle, les fidèles participent activement à la célébration du culte (chants, oraisons, gestuelle) et y acquierent les
rudiments de la doctrine chrétienne. Ex : le calendrier des fêtes liturgiques enseigne sur le cours d’une année les
épisodes de la vie du Christ et l’histoire du Salut qui trouve son apogée à la résurrection célébrée à Pâques. Ex : scènes
biblique présentées à partir de l’an mil puis des scènes de la vie des saints puis au XIIe s des drames liturgiques.
La prédication, en latin ou langue vernaculaire, est l’un des temps forts de la messe. Elle a pour objet de faire
entendre la parole sacrée et son explication. L’homélie permet de transmettre le sens du texte biblique et un
enseignement moral visant à l’acquisition des normes de vie chrétiennes. La prédication vise à pousser le chrétien à
oeuvrer dans le présent pour son salut, donc qu’il avoue ses fautes et fait pénitence en vue de la fin des temps. Au XIIIe s,
avec la création des ordres mendiant, elle devient itinérante (villes, marchés, places). Face aux prédicateurs hérétiques
(Vaudois, cathares), les prédicateurs catholiques doivent améliorer l’enseignement de la doctrine , notamment des
sacrements/croyances contestés par eux (ex Eucharistie). L’époque grégorienne marque un effort pastoral sans
précédent. Ex : Latran IV confirme la mission de la prédication au Clergé et tente de rendre l’assistance aux prêches
régulière. Des manuels de prédicateurs apparaissent au XIIe s pour transmettre les artes praedicandi (maîtrise de la
parole, effets oratoires). Ex : le théologien Alain de Lille, dans « Somme de prédication», leur propose des plans et citations.
B) Une littérature religieuse à destination des laïcs (commentaires bibliques et hagiographies)
Commentaires bibliques : les clercs les rédigent pour édifier, convertir et élever moralement les fidèles. Les grands laïcs
étaient commanditaires/destinataires de ces ouvrages. Ex : un manuscrit enluminé du Commentaire sur l’Apocalypse de
Beatus de Liébana a été réalisé pour Ferdinand Ier de Castille-Leon en 1047, intègrant une soixantaine d’images sur le thème.
Hagiographies : Les Vies offrent aux laïcs de véritables modèles à suivre. Les saints mis en valeur au XIIe s sont souvent
d’anciens pécheurs qui ont su faire pénitence et se convertir progressivement à une vie pieuse, les rendant plus proche des
laïcs. Ex : en Italie, pèlerins, recluses, personnes distingué pour leur charité à l’égard des pauvres.
C) La « vulgarisation » des savoirs sacrés : traductions et écrits en langue vernaculaire
Les clercs traduisent tant le texte sacré que son explication (homélies/sermons) pour s’adresser au plus grand nombre.
1. Les traductions de la Bible
Les communautés hérétiques souhaitent pouvoir accéder au texte sacré sans intermédiaire afin de pouvoir mener
une vie plus en conformité avec la description du mode de vie des apôtres. Ex : Valdès au XIIe s fait réaliser des traductions
d’extraits de la bible en langue vernaculaire pour nourrir sa prédication de l’évangile ; l’archevêque de Lyon s’y opposera.
Il y a une aspiration à un accès plus direct aux Écritures largement partagée dans les sociétés médiévales. Les
traductions se multiplient au MÂ centrale et circulent dans les monastères/cours des Grands laïcs. Les versets traduits,
d’abord gloses marginales, ont été progressivement mise au regard du texte latin. Ex : première Bible complète en
français date de la 2nd moitié du XIIIe s,
2. La prédication en langue vernaculaire
Les prédicateurs traduisent le sermon/homélie adressé aux laïcs après la messe dominicale.La prédication est
instaurée au concile de Tours (813). On conserve peu de manuscrits contenant des sermons en vernaculaire pour les hautes
époques. Les prédicateurs utilisaient probablement en support écrit des modèles de sermons en latin qu’ils traduisaient
directement à l’oral. Les plus anciens recueils de sermons en vieux français contiennent des textes courts/simples avec
des passages en latins, probablement utilisés pour préparer un sermon. Certains sermons très écrits, parfois en vers,
servaient à la méditation individuelle.
3. Autres textes
Dès le XIIe s, une littérature religieuse, plutôt moralisante/édifiante, destinée aux laïcs, est rédigée en langue vulgaire.
Hagiographie : Des vies sont rédigées en vers et en français/anglais dès le XIe s. Ex : une Vie de Thomas Becket est rédigée
directement en langue d’oïl entre 1172-74. La littérature mariale se développe au XIIIe s surtout en langue vulgaire ; elle
rapporte la vie et les miracles de la Vierge. Cette littérature de dévotion est lié à un essor du culte marial au MÂ central
encouragé par les cisterciens. Elle contient des exemples d’intervention de la Vierge en faveur de pécheurs repentis. Elle
encourage la pénitence. Ex : Les miracles de Notre-Dame (1218) de Gautier de Coincy.
D) L’illustration de la parole : les images religieuses
Évolution historio : la vision réductrice de l’image comme un enseignement de la Bible aux illettrés a laissé place à
des études montrant la complexité du rapport texte-image. Loin d’être de simples illustrations, les images sont de véri-
L’ENCADREMENT DES SAVOIRS. P.224-250
L’Église est pour de nombreux chrétiens le moyen d’accès privilégié aux savoirs religieux. Les clercs forment une
communauté lettrée, détenant le monopole de l’écrit et de la maîtrise du latin. Évêques, prêtres, diacres sont des rouages
essentiels dans la transmission de la doctrine chrétienne, agissant en intermédiaires entre savants et fidèles. L’étude de la
Bible connaît un essor important au MÂ central. L’Église a un intérêt grandissant à la diffusion du message des Écritures.
I/ La diffusion des savoirs sacrés
A) Faire entendre le texte sacré : prédication et liturgie
La participation des fidèles au culte/la prédication aux laïcs connaissent des mutations importantes à l’époque
grégorienne. Latran IV rend obligatoire la confession annuelle et la communion à Pâques.
La liturgie fixe l’enchaînement des chants, prières et rites qui constituent la messe ou autres célébrations
(sacrements). La réforme grégorienne vise à généraliser le rite romain en Occident (ex ; fin de la liturgie mozarabe en Ibérie).
Par elle, les fidèles participent activement à la célébration du culte (chants, oraisons, gestuelle) et y acquierent les
rudiments de la doctrine chrétienne. Ex : le calendrier des fêtes liturgiques enseigne sur le cours d’une année les
épisodes de la vie du Christ et l’histoire du Salut qui trouve son apogée à la résurrection célébrée à Pâques. Ex : scènes
biblique présentées à partir de l’an mil puis des scènes de la vie des saints puis au XIIe s des drames liturgiques.
La prédication, en latin ou langue vernaculaire, est l’un des temps forts de la messe. Elle a pour objet de faire
entendre la parole sacrée et son explication. L’homélie permet de transmettre le sens du texte biblique et un
enseignement moral visant à l’acquisition des normes de vie chrétiennes. La prédication vise à pousser le chrétien à
oeuvrer dans le présent pour son salut, donc qu’il avoue ses fautes et fait pénitence en vue de la fin des temps. Au XIIIe s,
avec la création des ordres mendiant, elle devient itinérante (villes, marchés, places). Face aux prédicateurs hérétiques
(Vaudois, cathares), les prédicateurs catholiques doivent améliorer l’enseignement de la doctrine , notamment des
sacrements/croyances contestés par eux (ex Eucharistie). L’époque grégorienne marque un effort pastoral sans
précédent. Ex : Latran IV confirme la mission de la prédication au Clergé et tente de rendre l’assistance aux prêches
régulière. Des manuels de prédicateurs apparaissent au XIIe s pour transmettre les artes praedicandi (maîtrise de la
parole, effets oratoires). Ex : le théologien Alain de Lille, dans « Somme de prédication», leur propose des plans et citations.
B) Une littérature religieuse à destination des laïcs (commentaires bibliques et hagiographies)
Commentaires bibliques : les clercs les rédigent pour édifier, convertir et élever moralement les fidèles. Les grands laïcs
étaient commanditaires/destinataires de ces ouvrages. Ex : un manuscrit enluminé du Commentaire sur l’Apocalypse de
Beatus de Liébana a été réalisé pour Ferdinand Ier de Castille-Leon en 1047, intègrant une soixantaine d’images sur le thème.
Hagiographies : Les Vies offrent aux laïcs de véritables modèles à suivre. Les saints mis en valeur au XIIe s sont souvent
d’anciens pécheurs qui ont su faire pénitence et se convertir progressivement à une vie pieuse, les rendant plus proche des
laïcs. Ex : en Italie, pèlerins, recluses, personnes distingué pour leur charité à l’égard des pauvres.
C) La « vulgarisation » des savoirs sacrés : traductions et écrits en langue vernaculaire
Les clercs traduisent tant le texte sacré que son explication (homélies/sermons) pour s’adresser au plus grand nombre.
1. Les traductions de la Bible
Les communautés hérétiques souhaitent pouvoir accéder au texte sacré sans intermédiaire afin de pouvoir mener
une vie plus en conformité avec la description du mode de vie des apôtres. Ex : Valdès au XIIe s fait réaliser des traductions
d’extraits de la bible en langue vernaculaire pour nourrir sa prédication de l’évangile ; l’archevêque de Lyon s’y opposera.
Il y a une aspiration à un accès plus direct aux Écritures largement partagée dans les sociétés médiévales. Les
traductions se multiplient au MÂ centrale et circulent dans les monastères/cours des Grands laïcs. Les versets traduits,
d’abord gloses marginales, ont été progressivement mise au regard du texte latin. Ex : première Bible complète en
français date de la 2nd moitié du XIIIe s,
2. La prédication en langue vernaculaire
Les prédicateurs traduisent le sermon/homélie adressé aux laïcs après la messe dominicale.La prédication est
instaurée au concile de Tours (813). On conserve peu de manuscrits contenant des sermons en vernaculaire pour les hautes
époques. Les prédicateurs utilisaient probablement en support écrit des modèles de sermons en latin qu’ils traduisaient
directement à l’oral. Les plus anciens recueils de sermons en vieux français contiennent des textes courts/simples avec
des passages en latins, probablement utilisés pour préparer un sermon. Certains sermons très écrits, parfois en vers,
servaient à la méditation individuelle.
3. Autres textes
Dès le XIIe s, une littérature religieuse, plutôt moralisante/édifiante, destinée aux laïcs, est rédigée en langue vulgaire.
Hagiographie : Des vies sont rédigées en vers et en français/anglais dès le XIe s. Ex : une Vie de Thomas Becket est rédigée
directement en langue d’oïl entre 1172-74. La littérature mariale se développe au XIIIe s surtout en langue vulgaire ; elle
rapporte la vie et les miracles de la Vierge. Cette littérature de dévotion est lié à un essor du culte marial au MÂ central
encouragé par les cisterciens. Elle contient des exemples d’intervention de la Vierge en faveur de pécheurs repentis. Elle
encourage la pénitence. Ex : Les miracles de Notre-Dame (1218) de Gautier de Coincy.
D) L’illustration de la parole : les images religieuses
Évolution historio : la vision réductrice de l’image comme un enseignement de la Bible aux illettrés a laissé place à
des études montrant la complexité du rapport texte-image. Loin d’être de simples illustrations, les images sont de véri-