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Résumé Église, société et pouvoir dans la chrétienté latine *les laïcs dans l'Église grégorienne

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Résumé du thème "les laïcs dans l'Église grégorienne", issu du manuel atlande "Église, société et pouvoir dans la chrétienté latine". Utile pour la préparation du CAPES BAC+5.

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* L’Église et la société chrétienne *
LES LAÏCS DANS L’ÉGLISE GRÉGORIENNE. P.151-166
I/ Les laïcs dans l’Église
D’après le Décret de Gratien, il y a deux types de chrétiens : les clercs ont été choisis par Dieu pour prendre en
charge l’office divin et mener une vie de prière et de contemplation ; ils ont reçu un ordre. Les laïcs sont destinés au
mariage et aux activités économiques pour assurer le bon fonctionnement de l’institution ecclésiale. L’historiographie
s’est intéressé davantage à la place des laïcs dans l’Église médiévale après le concile Vatican II (62-65), réputé pour avoir
assigné un rôle actif aux laïcs. André Vauchez : la réforme grégorienne est un mouvement « clérical » car elle affirme la
distinction hiérarchisée des deux ordres au sein de l’Église et la subordination des laïcs aux clercs, mais il faut nuancer
l’ampleur de ce changement et mettre en lumière le développement d’une « religion volontaire » au XIIe siècle.
A) Une place subalterne dans l’Église renforcée par la réforme grégorienne
Une distinction clerc/laïc très ancienne, qui s'est consolidée durant le haut Moyen Âge. Elle impose au clergé une
série de signes distinctifs. Ex : La tonsure se traduisant par une couronne de cheveux sur le crâne apparaît en Gaule au VIe
siècle et se généralise au VIIe s. Ex : L’interdiction du port d’arme date du Haut MÂ, en lien avec des prescriptions
vestimentaires ; l’objectif étant de les distinguer des laïcs ; cela induit une interdiction de la chasse. Il y a la chasteté.
La réforme vise à affirmer davantage cette distinction et de faire réellement appliquer les prescriptions. Elle prôle
une vision hiérarchisée et binaire de la société. Les réformateurs éclipsent donc le schéma tripartite (oratores,
bellatores, laboratores) au profit de cette distinction clercs/laïcs. Ex : L’ordre sacerdotal se voit doté d’une dignité
nouvelle, fondée sur le pouvoir des clefs et aussi sur la capacité à « faire Dieu », de rendre Dieu présent lors de la messe ;
cette capacité est affirmée à l’occasion de la querelle de Bérenger de Tours au cours de laquelle la papauté dans les conciles
romains de 1059 et 1079 impose une profession de foi à Bérenger qui inclue la présence substantielle du Christ dans les
espèces eucharistiques. Le rôle des laïcs est subalterne mais parfois important lors des moments de crise. Ex : Pataria
milanaise du XIe s. Ce fossé grandissant entre prêtres et non-prêtres encouragé par la Réforme amène l’historiographie
(Tellenbach) à considérer qu’il y a un passage d’une distinction fonctionnelle (ordo) à une distinction essentielle (genus)
entre clercs et laïcs.
B) Le XIIIe siècle, un « temps des laïcs » ? (A.Vauchez)
Durant le XIIe siècle, des aspirations laïques à prendre une part plus active à la vie de l’Église se sont exprimées. Il y a un
désir d’un accès plus direct aux Écritures et d’une participation plus active des laïcs à leur salut. Ces mouvements (ex
Pierre Valdès à Lyon) sont souvent jugés « hérétiques » et sont réprimés, l’Église y voyant un risque de remise en cause
globale de son rôle de médiation indispensables entre les fidèles et Dieu. Se développe particulièrement dès le début du
XIIIe s, des formes de vie semi-religieuse pour répondre en partie à ces aspirations. Ex en Italie avec le développement de
nombreuses confréries de pénitents administrées par des laïcs. Elles offrent un cadre nouveau à l’épanouissement des
laïcs qui sont alors des laici religiosi ; ils ne prononcent pas de voeux mais se donnent un propositum, un programme de vie
leur permettant de vivre une spi plus exigeante que celle du commun des fidèles ; ; les pénitents refusent de porter les armes.

II/ Les femmes
Depuis 70’s-80’s, on parle de Frauenfrage (Koch,62) pour désigner le pb de l’insertion des femmes dans l’Église. Les
femmes ont été précocement exclues d’un certain nombre de responsabilités (cléricature, sacerdoce). Ex : Le Décret
reconnaît son état d’infériorité et lui interdit de baptiser/prêcher. Ex des décrétales de Grégoire IX 1234 : interdiction de
pénétrer dans le sanctuaire, de servir la messe, de lire l’Évangile en public, de se confesser. Leurs aspirations spirituelles
étaient partiellement comblées par la vie cloîtrée, mais les maisons religieuses sont peu nombreuses et la nécessité
d’offrir une dot réserve leur accès aux femmes issues de la classe supérieure. Les mouvements dissidents ont donc du
succès auprès d’elles.
A) Le prophétisme et les visions
Le pouvoir des femmes s’exprime plutôt à travers des fonctions charismatiques (cf modèles bibliques comme
Déborah). Exemple d’Hildegarde de Bingen (1098-1179) : ses capacités visionnaires et prophétiques sont reconnues par le
Pape Eugène III qui approuve lors d’un synode en 1147 ses révélations mises par écrit dans « le Scivias ». Hildegarde n’hésite
pas à s’adresser directement aux papes/empereurs ; cf 4 lettres adressées à Barberousse dans lesquelles elle reprend les
grands thèmes réformateurs. Hildegarde ne remet pas en cause l’ordre clérical, et rejette l’idée d’une ordination des femmes.
B) Mulieres sanctae et béguines
Les confréries de béguines aux PB sont le pendant des pénitents fin XIIe/XIIIe s. Elles donnent aux femme la
possibilité de vivre une vie religieuse sans prononcer de voeux, en restant en partie dans le siècle. Nommées « femmes
religieuses », le terme «béguines» est péjoratif. Certaines vivent isolées, d’autre se rassemblent dans des maisons autour
d’un oratoire (le « béguinage »). C’est un mouvement apostolique, avec activités de soin, d’instruction, prédication. Les
béguines sont souvent lettrées. Ex : lettres d’Hadewijch d’Anvers vers 1240 constituent des petits traités/exhortat°.
Les mulieres sanctae des PB, un type de sainteté féminine nouveau. La spiritualité féminine se caractérise par
l’emphase sur les jeûnes et la dévotion eucharistique. Bynum : les femmes, contrairement au pouvoir, à l’argent, à leur
sexualité, maîtrisent la nourriture. Par le jeûne, les visions et le miracles qu’on leur attribue, les femmes créent des fonctions
de substitution de nature laïque/charismatique qui leur sont accordées non par l’ordination mais par l’inspiration, à l’imitation
du Christ. Il y a aussi une place importante accordée par l’émotion dans cette spiritualité.

Infos sur le Document

Publié le
11 mai 2026
Nombre de pages
2
Écrit en
2023/2024
Type
Resume
5,86 €

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