Quelle finalité l'humain, en tant qu'être raisonnable, doit-il viser dans son
existence pour la conduire avec discernement ?
Notions : le devoir, le bonheur, [la liberté]
🔷 INTRODUCTION : Morale vs Éthique
📌 Définitions clés à distinguer
● La morale : étymologie de morales = les mœurs, les coutumes. Règles et limites instituées dans un
groupe social qui orientent les comportements des individus. La morale est relative à chaque culture
(comme la religion). Elle appartient plutôt aux études sociologiques qu'aux études philosophiques.
● L'éthique : concerne l'ensemble de l'humanité quelle que soit l'appartenance sociale ou culturelle.
Elle consiste à chercher une dimension universelle qui puisse rendre nos existences respectueuses
ainsi que celle des autres. Elle se définit comme la capacité pour l'être humain de discerner comment
agir et choisir à la hauteur de sa dignité humaine (et celle des autres).
⚠️ Attention : chez Kant, moralité = éthique
Problématique : A priori, la plupart des individus ont pour finalité d'être heureux (L’homme cherche plutôt la
facilité pour lui alors tout ce qui réclame volonté et effort est considéré comme nécessaire, mais le plus
possible à éviter.)
Pourtant, notre nature humaine est-elle réellement constituée pour poursuivre le bonheur ? Posséder la raison
(qui nous apporte de la lucidité sur notre condition) n'implique-t-il pas d'emblée de ne pas pouvoir être heureux
?
Mais alors il s’agira de se demander si la finalité de toute existence humaine ne serait-elle pas d'atteindre la
dignité que suppose notre nature raisonnable?
De fait, donner du sens à ses actes, avoir une estime profonde de soi-même, viser la dignité des autres, ne
sont-ils pas les véritables valeurs de notre humanité ?
Échelle des états de satisfaction (du plus bas au plus élevé) :
jouissance → plaisir → satisfaction → bien-être → joie → fierté → allégresse → félicité → accomplissement →
épanouissement → plénitude / béatitude
🔷 I. La fin de l'existence : le bonheur ? (cf. Kant)
💬 Kant : le bonheur est défini comme "un idéal de l'imagination" → le concept du bonheur est singulier, relatif
à chacun. Quelque soit le moyen d'atteindre le bonheur (santé, richesse, longévité), il y a nécessairement en
contrepartie des souffrances et des malheurs.
Pourquoi le bonheur n'est-il pas la finalité d'un être raisonnable ?
Le bonheur au sens de plaisir ou de bien-être ne représente pas une finalité de la raison car le plaisir est
poursuivi par le penchant ou l'instinct.
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, 📌 L'être sensible (l'inclination)
L'homme qui répond à ses désirs de satisfaction immédiate, l'homme du sentiment et de l'émotion qui
n'exprime pas la raison en lui → il n'est pas être raisonnable. Cela ne nous distingue pas des autres
animaux.
Si la nature a donné à l'homme la raison, c'est pour qu'il poursuive une autre finalité que celle du bonheur :
atteindre une connaissance vraie et rationnelle et être capable d'être vertueux, éthique, responsable envers
les autres (= le sens de la raison raisonnable).
L'homme se sent raisonnable précisément en résistant au penchant, en limitant sa recherche de plaisir. C'est
par la raison que nous nous élevons vers une dignité noble.
🔷 II. La fin de l'existence : le devoir (cf. Kant)
📌 Définition du devoir
Le devoir = l'intention et la volonté de bien faire, exigence purement désintéressée, simplement motivée par
le respect de la loi morale (= éthique) et plus particulièrement par le caractère universel de celle-ci.
La métaphysique des mœurs : il convient de fonder "une métaphysique des mœurs" c.-à-d. "dégager une
philosophie morale pure qui serait complètement purifiée de tout ce qui peut être qu'empirique. En effet, sans
principe moral a priori (= avant ou en-dehors de toute expérience vécue ou particulière), l'homme — parce
qu'il est être sensible (penchants, émotions, sentiments) — peut exposer la morale à des corruptions
(impulsivement on est égoïste).
La volonté bonne
Si l'on recherche un critère a priori de la morale, ce critère est : l'intention ou la volonté bonne = vouloir le
bien pour lui-même et non pour une cause extérieure.
La volonté bonne ne se définit donc pas par le succès mais par la capacité interne d'être un humain digne
pour soi et pour les autres.
Acte fait par devoir vs acte conforme au devoir
Acte fait par devoir Acte conforme au devoir
La seule action moralement accomplie Une action sans intention bonne : seul le résultat est bon
Faite en vue du devoir lui-même, sans but en Ressemble à une action morale mais n'a pas
dehors du devoir d'authenticité/d'intention/de volonté bonne
Éthiquement pure/valable Éthiquement non valable
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existence pour la conduire avec discernement ?
Notions : le devoir, le bonheur, [la liberté]
🔷 INTRODUCTION : Morale vs Éthique
📌 Définitions clés à distinguer
● La morale : étymologie de morales = les mœurs, les coutumes. Règles et limites instituées dans un
groupe social qui orientent les comportements des individus. La morale est relative à chaque culture
(comme la religion). Elle appartient plutôt aux études sociologiques qu'aux études philosophiques.
● L'éthique : concerne l'ensemble de l'humanité quelle que soit l'appartenance sociale ou culturelle.
Elle consiste à chercher une dimension universelle qui puisse rendre nos existences respectueuses
ainsi que celle des autres. Elle se définit comme la capacité pour l'être humain de discerner comment
agir et choisir à la hauteur de sa dignité humaine (et celle des autres).
⚠️ Attention : chez Kant, moralité = éthique
Problématique : A priori, la plupart des individus ont pour finalité d'être heureux (L’homme cherche plutôt la
facilité pour lui alors tout ce qui réclame volonté et effort est considéré comme nécessaire, mais le plus
possible à éviter.)
Pourtant, notre nature humaine est-elle réellement constituée pour poursuivre le bonheur ? Posséder la raison
(qui nous apporte de la lucidité sur notre condition) n'implique-t-il pas d'emblée de ne pas pouvoir être heureux
?
Mais alors il s’agira de se demander si la finalité de toute existence humaine ne serait-elle pas d'atteindre la
dignité que suppose notre nature raisonnable?
De fait, donner du sens à ses actes, avoir une estime profonde de soi-même, viser la dignité des autres, ne
sont-ils pas les véritables valeurs de notre humanité ?
Échelle des états de satisfaction (du plus bas au plus élevé) :
jouissance → plaisir → satisfaction → bien-être → joie → fierté → allégresse → félicité → accomplissement →
épanouissement → plénitude / béatitude
🔷 I. La fin de l'existence : le bonheur ? (cf. Kant)
💬 Kant : le bonheur est défini comme "un idéal de l'imagination" → le concept du bonheur est singulier, relatif
à chacun. Quelque soit le moyen d'atteindre le bonheur (santé, richesse, longévité), il y a nécessairement en
contrepartie des souffrances et des malheurs.
Pourquoi le bonheur n'est-il pas la finalité d'un être raisonnable ?
Le bonheur au sens de plaisir ou de bien-être ne représente pas une finalité de la raison car le plaisir est
poursuivi par le penchant ou l'instinct.
1
, 📌 L'être sensible (l'inclination)
L'homme qui répond à ses désirs de satisfaction immédiate, l'homme du sentiment et de l'émotion qui
n'exprime pas la raison en lui → il n'est pas être raisonnable. Cela ne nous distingue pas des autres
animaux.
Si la nature a donné à l'homme la raison, c'est pour qu'il poursuive une autre finalité que celle du bonheur :
atteindre une connaissance vraie et rationnelle et être capable d'être vertueux, éthique, responsable envers
les autres (= le sens de la raison raisonnable).
L'homme se sent raisonnable précisément en résistant au penchant, en limitant sa recherche de plaisir. C'est
par la raison que nous nous élevons vers une dignité noble.
🔷 II. La fin de l'existence : le devoir (cf. Kant)
📌 Définition du devoir
Le devoir = l'intention et la volonté de bien faire, exigence purement désintéressée, simplement motivée par
le respect de la loi morale (= éthique) et plus particulièrement par le caractère universel de celle-ci.
La métaphysique des mœurs : il convient de fonder "une métaphysique des mœurs" c.-à-d. "dégager une
philosophie morale pure qui serait complètement purifiée de tout ce qui peut être qu'empirique. En effet, sans
principe moral a priori (= avant ou en-dehors de toute expérience vécue ou particulière), l'homme — parce
qu'il est être sensible (penchants, émotions, sentiments) — peut exposer la morale à des corruptions
(impulsivement on est égoïste).
La volonté bonne
Si l'on recherche un critère a priori de la morale, ce critère est : l'intention ou la volonté bonne = vouloir le
bien pour lui-même et non pour une cause extérieure.
La volonté bonne ne se définit donc pas par le succès mais par la capacité interne d'être un humain digne
pour soi et pour les autres.
Acte fait par devoir vs acte conforme au devoir
Acte fait par devoir Acte conforme au devoir
La seule action moralement accomplie Une action sans intention bonne : seul le résultat est bon
Faite en vue du devoir lui-même, sans but en Ressemble à une action morale mais n'a pas
dehors du devoir d'authenticité/d'intention/de volonté bonne
Éthiquement pure/valable Éthiquement non valable
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