l’environnement ?
I. La construction des questions environnementales comme
problème public
L’environnement, en tant que capital naturel, regroupe l’ensemble des ressources renouvelables et
non renouvelables de la planète. Il comprend des biens qui peuvent être privatisés, comme certaines
terres ou forêts, mais aussi des ressources dites communes, non excluables et rivales, telles que l’air,
les océans ou encore le climat. Ces biens communs mondiaux, par définition, ne peuvent pas être
gérés uniquement à l’échelle individuelle ou locale, car leur préservation implique une
responsabilité collective. Par exemple, le climat est un bien rival (puisqu’une trop grande émission
de gaz à effet de serre par un acteur peut nuire à tous les autres) et non excluable (aucun pays ne
peut se couper du climat global). Ce caractère collectif et universel justifie son traitement en tant
que problème public.
Un problème public n’est pas une réalité objective en soi, mais le fruit d’un processus social au
cours duquel un phénomène est progressivement reconnu comme nécessitant une intervention
politique. Ce processus se décompose en plusieurs étapes : l’identification d’un phénomène comme
problématique, le cadrage de la question, sa justification morale, scientifique ou économique, sa
diffusion auprès du grand public (popularisation) et enfin, son inscription à l’agenda politique. Les
problèmes environnementaux, comme la déforestation, la perte de biodiversité ou le dérèglement
climatique, suivent ce parcours avant de faire l’objet d’une politique publique. Toutefois, cette
inscription à l’agenda reste difficile, en raison notamment des intérêts divergents entre les pays,
certains refusant de restreindre leurs émissions de CO₂ afin de ne pas freiner leur croissance
économique. De plus, chacun reste libre de ses choix énergétiques, rendant les engagements
difficiles à contrôler.
La reconnaissance de ces enjeux comme problèmes publics résulte également de l’intervention de
multiples acteurs. Parmi eux figurent les entrepreneurs de cause, qui mobilisent leur expertise,
leur influence et des modes d’action variés (manifestations, campagnes, lobbying) pour faire
émerger et imposer un sujet dans l’espace public. Les ONG, telles que Greenpeace ou WWF, jouent
un rôle central en alertant l’opinion et en exerçant une pression sur les décideurs politiques. Les
mouvements citoyens, comme ceux initiés par Greta Thunberg, participent également à cette
dynamique en organisant des mobilisations de masse, telles que les marches pour le climat, afin
d’amener les pouvoirs publics à agir. Ces groupes d’intérêt, bien que souvent extérieurs à l’État,
cherchent à influencer l’action publique pour défendre la cause environnementale.
Cependant, les relations entre ces acteurs ne sont pas toujours harmonieuses. D’un côté, des formes
de coopération émergent : les pouvoirs publics peuvent s’appuyer sur les rapports scientifiques du
GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ou intégrer des ONG dans
leurs processus décisionnels. En France, par exemple, la création d’un Conseil de défense
écologique témoigne d’une volonté de faire participer les parties prenantes à l’élaboration des
politiques environnementales. À l’échelle internationale, l’Accord de Paris, adopté en 2015 lors de