FICHE - CHAPITRE 4 PHILO 22/01
Le Devoir - Dissertation
CTION
DU
O
INTR
“ Je m’en vais déserter », chantait Boris Vian en 1954, dans sa chanson intitulée Le déserteur, qui exprime le
refus de participer à la guerre d’Indochine. D’emblée, Boris Vian refuse de faire son devoir, d’exercer son
devoir de soldat envers sa patrie.
Le texte insiste sur la contradiction possible entre différents devoirs, celui de s’engager pour défendre les
intérêts de sa patrie et celui de ne pas participer à une guerre considérée comme injuste. Bien qu’il soit
possible de ne pas faire son devoir, il se présente toujours comme une obligation. Elle peut être morale
et/ou légale. Cette distinction repose sur le fait que la légalité d’une obligation ne la rend pas
automatiquement légitime du point de vue moral (EX. : l’esclavage, cela était considéré comme légal, mais
pas moral).
Ceci met en évidence la difficulté à reconnaitre son devoir. S’il existe un devoir moral, celui-ci doit valoir
universellement, sans quoi l’obligation propre au devoir ne peut que disparaître pour laisser la place à
l’intérêt personnel et aux préférences de chacun (EX. : une seule partie de la classe doit rester silencieuse).
Cependant, les valeurs morales dépendent de contexte historique, politique et culturel. Le bien et le mal
seraient donc bien des notions relatives qui échappent à toute tentative d’universalisation. Mais un tel
relativisme risque de conduire à renoncer à l’existence du devoir.
Est-il possible de fonder universellement la partie morale ?
Faut-il reconnaitre que toute valeur est relative ?
Si le moral n’est pas universel, alors tout est-il permis ?
I - L’origine culturelle et traditionnelle du devoir moral
CONTRAINTE COMME SOURCE DE MORALITÉ
Le devoir moral se manifeste avant tout à travers nos jugements moraux. Ceux-ci évaluent nos actions en
termes de bien et de mal, suscitant des sentiments comme la honte, la culpabilité ou le remords.
Mais sur quoi reposent ces jugements ? Sont-ils fondés sur la raison, la culture ou la nature ?
Il semble que notre sens moral résulte principalement de l’éducation et de la culture. C’est pourquoi l’enfant
doit apprendre à distinguer le bien du mal, souvent par le biais de la contrainte : sanctions, interdictions,
récompenses ou menaces. Ainsi, le devoir n’est ni instinctif ni inné, mais acquis.
Nietzsche, dans La Généalogie de la morale, retrace l’histoire des valeurs morales et en propose une critique.
Il met en évidence un renversement des valeurs : ce qui était d’abord imposé comme une contrainte (privation
de liberté, douleur) finit par être perçu comme une évidence et même comme une source de satisfaction.
L’éducation morale commence donc par une forme d’obligation extérieure, qui transforme peu à peu l’individu.
Mais une fois intériorisée, elle donne l’illusion d’être naturelle. Finalement, la moralité devient une source de
plaisir, car elle permet d’agir en accord avec soi-même et avec les principes que l’on a assimilés.
Le Devoir - Dissertation
CTION
DU
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“ Je m’en vais déserter », chantait Boris Vian en 1954, dans sa chanson intitulée Le déserteur, qui exprime le
refus de participer à la guerre d’Indochine. D’emblée, Boris Vian refuse de faire son devoir, d’exercer son
devoir de soldat envers sa patrie.
Le texte insiste sur la contradiction possible entre différents devoirs, celui de s’engager pour défendre les
intérêts de sa patrie et celui de ne pas participer à une guerre considérée comme injuste. Bien qu’il soit
possible de ne pas faire son devoir, il se présente toujours comme une obligation. Elle peut être morale
et/ou légale. Cette distinction repose sur le fait que la légalité d’une obligation ne la rend pas
automatiquement légitime du point de vue moral (EX. : l’esclavage, cela était considéré comme légal, mais
pas moral).
Ceci met en évidence la difficulté à reconnaitre son devoir. S’il existe un devoir moral, celui-ci doit valoir
universellement, sans quoi l’obligation propre au devoir ne peut que disparaître pour laisser la place à
l’intérêt personnel et aux préférences de chacun (EX. : une seule partie de la classe doit rester silencieuse).
Cependant, les valeurs morales dépendent de contexte historique, politique et culturel. Le bien et le mal
seraient donc bien des notions relatives qui échappent à toute tentative d’universalisation. Mais un tel
relativisme risque de conduire à renoncer à l’existence du devoir.
Est-il possible de fonder universellement la partie morale ?
Faut-il reconnaitre que toute valeur est relative ?
Si le moral n’est pas universel, alors tout est-il permis ?
I - L’origine culturelle et traditionnelle du devoir moral
CONTRAINTE COMME SOURCE DE MORALITÉ
Le devoir moral se manifeste avant tout à travers nos jugements moraux. Ceux-ci évaluent nos actions en
termes de bien et de mal, suscitant des sentiments comme la honte, la culpabilité ou le remords.
Mais sur quoi reposent ces jugements ? Sont-ils fondés sur la raison, la culture ou la nature ?
Il semble que notre sens moral résulte principalement de l’éducation et de la culture. C’est pourquoi l’enfant
doit apprendre à distinguer le bien du mal, souvent par le biais de la contrainte : sanctions, interdictions,
récompenses ou menaces. Ainsi, le devoir n’est ni instinctif ni inné, mais acquis.
Nietzsche, dans La Généalogie de la morale, retrace l’histoire des valeurs morales et en propose une critique.
Il met en évidence un renversement des valeurs : ce qui était d’abord imposé comme une contrainte (privation
de liberté, douleur) finit par être perçu comme une évidence et même comme une source de satisfaction.
L’éducation morale commence donc par une forme d’obligation extérieure, qui transforme peu à peu l’individu.
Mais une fois intériorisée, elle donne l’illusion d’être naturelle. Finalement, la moralité devient une source de
plaisir, car elle permet d’agir en accord avec soi-même et avec les principes que l’on a assimilés.