démocratiques
La fin de la Première Guerre mondiale et la signature des traités de paix, imposés par les vainqueurs, font
espérer un nouvel ordre international démocratique. En Europe, les frontières sont redessinées et de nouveaux
États apparaissent, créant des sources de tensions et de conflits. Les sociétés peinent à panser leurs
blessures et à revenir à la vie quotidienne
Comment reconstruire l'Europe après la Grande Guerre ?
I. Les traités de paix et leur difficile mise en œuvre (1919-1923)
A- Les traités de paix
1. Principes et objectifs
Le 8 janvier 1918, le président des Etats-Unis, Wilson, définit les 14 points sur lesquels il souhaite bâtir la paix
future. C'est sur cette base que la conférence de la paix se réunit à Paris entre janvier et juin 1919 : le tracé des
nouvelles frontières doit tenir compte du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et du principe des
nationalités.
Le traité de Versailles, signé avec l'Allemagne le 28 juin 1919, sert de modèle aux traités suivants, conclus avec
ses anciens alliés : traités de Saint-Germain avec l'Autriche, de Neuilly avec la Bulgarie, de Trianon avec la
Hongrie, de Sèvres avec la Turquie. L'Europe comporte désormais 9 nouveaux États, dont la Pologne. Celle-ci
bénéficie d'un accès à la mer, le corridor de Dantzig, qui sépare l'Allemagne en deux parties.
2. Le traité de Versailles
Le traité de Versailles est essentiellement l'œuvre de Wilson, de Clemenceau, président du Conseil français,
et de Lloyd George, Premier ministre britannique. Les termes sont durs envers l'Allemagne : elle perd un
septième de son territoire et l'ensemble de ses colonies ; son armée est limitée à 100 000 hommes ; la rive
gauche du Rhin est occupée pendant 15 ans. L'article 231 la juge responsable de la guerre et l'oblige à payer
aux vainqueurs de lourdes réparations, dont le montant doit correspondre aux dommages causés.
L'Allemagne est depuis l'abdication de Guillaume II, le 9 novembre 1918, une république démocratique, la
République de Weimar. Elle n'a cependant pas été invitée à discuter de la paix. Elle doit l'accepter mais la
considère comme un Diktat, imposé par la force. Elle demeure toutefois un État unitaire et échappe au
démembrement que subissent les empires austro-hongrois et ottoman.
B. Une paix fragile
1. Des traités contestés
Les traités sont l'objet de nombreuses critiques. Des considérations d'ordre économique et stratégique
prennent parfois le pas sur les principes wilsoniens ; le tracé des frontières, lorsqu'il s'avère litigieux, se fait
toujours au détriment des États vaincus. Dans plusieurs régions, toutefois, comme au Schleswig ou en Silésie,
des plébiscites sont organisés pour recueillir l'avis des populations.
L'économiste britannique John M. Keynes considère, quant à lui, que les traités ne tiennent pas compte des
solidarités économiques et commerciales nouées avant-guerre entre les pays d'Europe. Il préconise une
reconstruction de l'ensemble du continent qui inclurait l'Allemagne ; il ne faut donc pas écraser celle-ci sous
le poids des réparations.