Amorce : La poésie est le genre le plus noble de la littérature. Poésie signifie en latin
« poein » qui veut dire « créer »
Introduction : Baudelaire précurseur du symbolisme considère que la peinture et la
poésie sont une évocation, une opération magique. Il publie les Fleurs du Mal en 1857, il
s’agit d’un recueil de poème qui suivent un itinéraire secret. Ici, nous sommes dans la
section Spleen et Idéal avec un poème intitulé Que diras-tu ce soir ? Le poète met en scène
l’idéalisation de la femme. Or dans quelle mesure la femme est-elle idéalisée ?
Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon cœur, cœur autrefois flétri,
A la très-belle, à la très-bonne, à la très-chère,
Dont le regard divin t'a soudain refleuri ?
- Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :
Rien ne vaut la douceur de son autorité ;
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges,
Et son œil nous revêt d'un habit de clarté.
Que ce soit dans la nuit et dans la solitude,
Que ce soit dans la rue et dans la multitude,
Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau.
Parfois il parle et dit : " Je suis belle, et j'ordonne
Que pour l'amour de moi vous n'aimiez que le Beau ;
Je suis l'Ange gardien, la Muse et la Madone. "
On trouve dans le texte 3 mouvements : 1er mouvement, double dialogue entre le cœur du
poète et lui-même du vers 1 à 4. 2ème mouvement, la louange du vers 5 à 11 (rappelons que
la louange vient du latin laudare = chanter pour célébrer en chantant une divinité, ceci
apparait au 12ème siècle dans des ouvrages religieux qui célèbrent la gloire de dieu) Pour finir
le 3ème mouvement est la prise de parole de l’idéale féminin du vers 12 à 14.
Avant de commencer, le sonnet ici met en scène l’opposition entre le spleen et l’idéale, le
poète se transforme grâce à sa bienaimée idéalisée, c’est le vecteur de la transformation du
poète. Il y a ici un effet de cristallisation (ceci est lorsque qu’on idéalise une personne qui
n’existent pas car on l’imagine mais elle n’est pas comme ça dans la vraie vie. Lorsque qu’on
se rend compte de comment elle est, on est déçu et il y a la phase de décristallisation.
1er mouvement :
-on voit le sonnet qui s’ouvre par une interrogation « que diras-tu ce soir ?» et va couvrir
l’ensemble du premier quatrain. Cela montre que le poète s’intéresse à la femme en
question dès le début.