Histoire Contemporaine
Histoire contemporaine (Université Libre de Bruxelles)
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HISTOIRE CONTEMPORAINE
1. Une démocratie directe ?
1.1. Le peuple souverain
La révolution française impose une table rase du passé et rejette l’ancien régime et
l’absolutisme. Il faut tout réinventer, revenir sur les privilèges et les mesures illégitimes de
l’ancien régime et diminuer les pouvoirs de l’aristocratie et de l’Église.
Jean-Jacques Rousseau écrit « le contrat social » (1762) qui donne les bases d’une nouvelle
doctrine politique. Il affirme le principe de souveraineté du peuple, les notions de liberté
égalité et volonté générale. Il ne faut pas non plus sombrer dans l’anarchie mais aller dans
une organisation politique qui serait issue du consentement mutuel, d’un ensemble de
règles contraignantes fondées sur la participation et l’élaboration commune. On détruit
l’absolutisme monarchique pour le remplacer par l’absolutisme populaire.
La révolution à un sens copernicien : on passe d’une conception du peuple à l’extérieur des
processus politique à un moment où il se trouve au cœur des décisions.
Le peuple passe de sujet à citoyen et le pouvoir se fonde sur la représentation qui n’est pas
en accord avec la révolution prônant une démocratie directe.
Il y a un rejet des collectivités au profit de l’individualisation de la citoyenneté. Avant, les
décisions se déroulait à travers le Clergé, la Noblesse et le Tiers-État. Ces trois États-
Généraux sont convoqués exceptionnellement par le Roi en temps de crise. A la suite de la
révolution, ces États-Généraux seront remplacés par une Assemblée Nationale.
On demande maintenant une symétrie : les droits doivent être les mêmes pour tout le
monde.
La révolution française n’est pas fondée sur l’égalité mais fonde cette égalité.
L’objectif ultime serait la légitimité plébiscitaire mais celle-ci n’est pas sans risque : le peuple
peut se tromper ou exercer une vraie dictature sur les minorités.
Le parlementarisme permet de limiter cela. Le gouvernement essayer d’œuvrer pour le bien
commun.
L’obsession contemporaine du populisme est la « peur du peuple ».
1.2. Déclaration des droits de l’homme et du citoyen
L’idée du « peuple souverain » doit se fonder sur des droits individuels inaliénables.
La Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen à vocation de limiter le pouvoir du
peuple dans leur propre intérêt.
La déclaration implique la primauté du droit individuel sur la souveraineté du peuple.
Cependant, chaque individu a un pouvoir de décision mais a besoin d’un régime de droits
pour se protéger individuellement. Appliquer le droit contre la légitimité populaire est un
principe de la démocratie.
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La séparation des pouvoirs (aux USA) est un droit négatif qui a pour but d’empêcher les abus
de l’État. Évidemment, à ces droits négatifs, on oppose des droits positifs qui obligent l’État à
agir dans le bien de la masse (garantir l’éducation, la santé, ...).
Si la démocratie ne faisait qu’appliquer des droits, les juges seraient le dernier rempart à la
représentation du peuple. Cependant, il y a un gros danger à vouloir insister sur les droits
individuels pour ne pas entrer dans un régime immobile gérer par les tribunaux (exemple
des juges de la Cour Suprême, aux USA, nommés à vie).
Ce régime de droit sociaux a été exportés dans l’Europe permettant une grande avancée
dans l’ordre juridique européen.
Dans les années 30, l’idéal démocratique n’est toujours pas atteint. Plusieurs régimes
démocratiques (Allemagne, Italie, ...) tomberont dans un régime autoritaire par un besoin de
gestion de crises que les démocraties ne semblaient pas pouvoir affronter.
1.3. Une révolution universelle ? L’exemple Américain
En 1776, la révolution américaine doit tout créer et aura un impact différent de celui de la
révolution française.
Le fait qu’ils soient maintenant éloignés géographiquement des centres de pouvoirs
britanniques ne les rendent plus concernés par les évènements européens. De plus, ils sont
maintenant tous égaux économiquement.
Le territoire étant presque infini, tout le monde a la possibilité de revendiquer sa parcelle et
donc tout le monde commence sur les mêmes bases. Cependant, les plus riches ont
l’avantage de pouvoir se déplacer plus loin.
L’absence de dogme crée une diversité de culte, une liberté politico-socio-économique.
Tout est à nuancer, l’égalitarisme repose sur l’esclavagisme et la spoliation des terres
indigènes. Ceux-ci sont exclus de l’égalitarisme, ce qui est une différence avec la révolution
française. La révolution américaine n’est pas universaliste mais autocentrée.
La révolution française est le fruit du siècle des Lumières basé sur des valeurs humanistes
considérant le citoyen comme cosmopolite.
La langue française était le dialecte vecteur d’idée montrant une certaine domination
culturelle (hégémonie intellectuelle).
Cependant, cette hégémonie française fait peur aux autres créant des contre-révolutions à
cette révolution française.
En France, les paysans et classes populaires sont appelés à défendre la révolution en prenant
les armes.
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