Socrate : on peut le considérer comme le père de la philosophie morale, il était critiqué car on disait
de lui qu’il remettait tout en doute, qu’il avait des discours qui ne servait à rien et qu’il n’apportait
jamais de solutions concrètes aux problèmes. Il fut accusé d’avoir corrompu la jeunesse, de porter
atteinte à l’ordre athénien et aux dieux à tel point qu’il fut condamné et trouva la mort (alors qu’il
était condamné à l’exil).
1. DEFINIR LA PHILOSOPHIE ?
Philo = aimer, désirer
Sophia = la sagesse
On peut dire de la philosophie qu’il s’agit de l’amour de la sagesse, de la recherche de celle-ci. La
sophia est une vertu, une qualité morale, un moyen de devenir serein équilibré : il ne s’agit pas d’un
objet à proprement parler => La philosophie n’a donc pas d’objet propre.
Le philosophe n’est pas un sage, il ne prétend pas détenir la sagesse : il la cherche.
La philosophie est un moyen de discuter sur le monde, on peut philosopher sur tout vu qu’elle n’a
pas d’objet propre. C’est un regard critique sur le monde. C’est une méthode, une discipline destinée
à libérer la pensée des clichés, stéréotypes, habitudes de pensées dont nous avons hérité.
La philosophie répond à des questions concrètes.
Ex : La prison
Deux opinions (assez opposées)
Justice trop laxiste (circulaire)
V° 2011 libération conditionnelle de Michelle Martin
Conditions de vie inhumaine (humanitaire)
Surpopulation ; violence ; récidive
Un échec de la prison ?
Michel Foucault (1926-1984) a écrit un livre sur la prison « Surveiller et punir – Naissance
de la Prison ». En 1972, il dit que les reproches faites à la prison (violence, récidive,
surpopulation), l’échec de la prison notamment, date déjà de la création de la prison
(). Selon Foucault, il faut se poser la question autrement : peut-être que la
prison n’est pas un échec mais rempli son rôle et qu’en fait, ce rôle serait mal connu.
Quelles sont les fonctions de la prison ? Et bien, communément il s’agit de punir et
réinsérer les délinquants. Pour Foucault, il émet l’hypothèse que la prison, à même titre
que les autres lieux d’enfermements auraient pour rôle de mettre à l’écart tous ceux que
le pouvoir considère comme inutiles, anormaux, dangereux.
Et du coup, il déduit et constate qu’en prison, gens sont enfermés alors qu’ils ne sont
pas forcément condamnés (40 % détention préventive – pas de condamnation, 10%
malades mentaux – pas condamnés) alors que parfois, des gens condamnés, eux, ne sont
pas enfermés. Ensuite, il parle également des centres fermés où on enferme les gens en
situation irrégulière (qui ne sont pas forcément des délits !), des IPPJ (qui sont supposés
1
, être des centres de rééducation pour jeune), etc.
Selon lui, la prison serait une « déchetterie sociale », la société feraient des « sélections
naturelles » des plus performants (d’où les moins performants, indésirables en prison) =>
darwinisme social. La société produirait des surnuméraires, « population poubelle ».
Et donc, dans l’hypothèse où la prison regroupent les « déchets de la société », on doit
admettre qu’elle empli bien son rôle. Bien-entendu, Foucault ne perçoit pas les
prisonniers comme des déchets.
Tout d’abord, faut-il regarder la prison d’un point de vue sécuritaire ou humanitaire ?
Est-ce que cette question est bien posée (1er déplacement) ? Le philosophe ne répond
pas directement à la question, il doit d’abord se poser la question quant à la formulation
de la question dont il doit donner la réponse (déplacement du regard). Selon Foucault, la
première question est mal posée.
Ensuite, il faut quitter le terrain moral et juridique pour aller vers un terrain politique
(2ème déplacement). Le but de toutes ces interrogations est d’avoir une pensée critique.
La pensée critique fonctionne par le dialogue (pensée dialogique).
Revenons-en à la définition de la philosophie. > Selon Foucault, la philosophie ne serait-
elle pas le fait de penser autrement ? (définition de la philosophie provisoire) : « Mais
qu’est-ce que la philosophie aujourd’hui si elle n’est pas le travail critique de la pensée sur
elle-même ? Et si elle ne consiste pas, au lieu de légitimer ce qu’on sait déjà, à
entreprendre de savoir comment et jusqu’où il serait possible de penser autrement ? »
M.Foucault, L’usage des plaisirs, Paris, Gallimard, 1984, p.14.
2. L’HOMME, LA SOCIETE ET LE POUVOIR
L’Homme
L’anthropologie : étude de l’homme en tant qu’être de culture.
Un être humain, une subjectivité : c’est un corps ayant des besoins, des désirs, des intérêts. Le corps
relie l’homme au monde par ses gestes (mains), par ses paroles (bouche), par ses désirs (sexe). Il
s’agit d’organes existentiels car en plus d’être physiologiques, ils sont culturels.
L’homme a intrinsèquement besoin de la société pour se créer. Quand l’humain naît, il est
« déficient », il ne peut pas se développer s’il n’est pas dans une société, dans une culture (il naît
« pré-maturé »). L’homme ne peut se satisfaire de ses besoins, de ses désirs que dans une société :
pour l’affection, il a besoin d’une famille ; pour travailler, il a besoin de coopérer, d’échanger ; pour
penser, il a besoin de communiquer.
La société
Les hommes qui n’ont pas grandi en société, peuvent grandir comme des « enfants sauvages » (voir
le film l’enfant sauvage) :
- « Jeté sur le globe, sans forces physiques et sans idées innées, l’homme ne peut trouver qu’au
sein de la société la place éminente qui lui fut marquée dans la nature, et serait sans la
civilisation, un des plus faibles et des moins intelligents des animaux » Docteur Itard
2
, - « L’homme n’est que ce qu’on le fait être » Docteur Itard.
Nous sommes conditionnés par la société dans laquelle nous vivons. Nous avons besoin
d’institutions : l’être humain évolue toujours dans les institutions parentales,
économiques, culturelles. > Institutions fondamentales. Ces institutions vont actualiser
la puissance d’exister de l’homme. Elles vont aussi à la foi freiner ma puissance
d’exister. Le plaisir, la peine ; la joie, la tristesse ; la liberté, l’aliénation… sont déjà des
passions politiques. En philosophie, la question du bonheur est une question
politique => l’homme est « toujours-déjà » un être politique (d’ailleurs, Aristote disait
« l’homme est par nature un vivant politique (zôon politikon). Et celui qui est sans Cité
(apolis) est soit un être dégradé ou dessus de l’humanité » - « la Cité, formée au début
pour satisfaire les seuls besoins vitaux, existe pour permettre de bien vivre (eû zen) »).
Travail, langage et sexualité
Il y a une distinction à faire entre le travail et le langage d’un côté, et la sexualité de l’autre.
Le travail et le langage (le geste –bouche- et la parole –main-) sont solidaires d’un point
de vue physiologiques. Le travail et le langage seraient du à l’hominisation (station
verticale). Le geste et la parole sont intégralement culturels : notre main produit
toujours des paroles culturellement codés, de même que notre bouche produit des
gestes culturellement codés. Il n’y a pas de geste ou de parole naturelle, l’activité est
constamment sociale.
André Leroi-Gourhan (1911-1986) montre dans 2 ouvrages que la main et la bouche sont
des organes sociaux. Technique et langage (1964) La mémoire et les rythmes
(1965)
La sexualité, et plus précisément le besoin sexuel n’a pas une origine directement sociale
(au contraire du travail et du langage). Il s’agit de phénomène « a-sociale », selon Freud,
il s’agit même de « passion égoïste » (la preuve de cet aspect égoïste est que nous avons
tous une part de nos fantasmes que nous ne dirions même pas à notre conjoint).
Jacques Lacan (1901-1981) a dit « il n’y a pas de rapport sexuel », il veut dire par là que la
sexualité n’est pas une relation.
La libido qui est irréductible à toute vie sociale, et qui est un réservoir imaginaire propre
à chaque individu, pourrait être un danger à la société car elle n’est pas directement
sociale. Cette libido est à la fois une condition pour la vie en société, et également un
danger pour celle-ci.
Comment est-ce que la société intervient au niveau du langage et du travail ?
La société intervient directement par des signes.
Et dans la sexualité ?
Elle intervient par des interdits (sexuels) qui vont obliger les individus à différer la libido (pas tout de
suite, pas avec celui-là, ou celle là). On va sublimer le désir : le désir qui était sexuel au départ va être
sublimé vers un autre désir comme celui de puissance par exemple (sublimation). La société impose
des interdits sexuels pour obliger les individus à s’allier les uns aux autres. Le premier de ces interdits
sexuels est l’inceste => le désir sexuel ne peut s’intérioriser qu’en dehors de la maison (ex : avec le
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