Intro :
o Né en 1913,
o Albert Camus
Connait une enfance heureuse avant d’exercer plusieurs métiers comme comédien,
journaliste et bien sûr écrivain.
Pendant la seconde guerre mondiale, il écrit de nombreuses pièces engagées qui connaîtront
toutes un franc succès comme La Peste ou Les Justes
o En 1942, il publie l’Etranger, grâce auquel il s’inscrit dans le mouvement de l’absurde. Il y
raconte la vie de Meursault de la mort de sa mère à sa condamnation à mort en passant par un
meurtre qu’il commet.
o Les chapitres 3 et 4 relatent le procès du personnage. L'avocat de Meursault répond au
réquisitoire de l'avocat général qui voit en Meursault un monstre d'insensibilité. Il sera jugé le
lendemain comme s'il avait tué sa propre mère en la plaçant dans un asile et en ne pleurant pas
à son enterrement.
o Pb : Comment le plaidoyer de son avocat provoque-t-il le détachement de Meursault ?
o Mouvements :
1er : Une mascarade de procès de la l1 à la l2.
2e : Meursault dépossédé de sa parole de la l3 à la l9.
3e : La prise de distance de Meursault de la l10 à la l26.
Analyse 1er mouvement :
L1-2 : D'abord Camus pose le décor. La première phrase « l’après-midi…dans le même sens » donne
une impression de mise en scène. L’aspect mécanique des jurés qui agitent les « petits éventails »
dénonce la mécanique judiciaire ; leur attitude est d’autant plus mécanisée avec le déterminant
indéfini "même" l.2 qui fait des jurés de simples pantins. Ainsi, Camus dénonce la mécanique
judiciaire ou tout est joué d’avance, on parle de mascarade car la société l’a déjà condamné. De
plus, la construction de la phrase, avec les « grands ventilateurs », « petits éventails » et les verbes
« s’agiter » et « brasser » à l’imparfait, laisse entendre que les jurés brassent de l’air dans
littéralement et figurativement. L’on peut qualifier le procès de superficiel.
Conclusion 1er mouvement : Dans ce premier mouvement, Camus présente le procès comme une
mascarade avec des jurés mécanisés, il critique le système judiciaire qui condamne les accusés
avant même leur procès.
Analyse 2e mouvement :
L3 : L’affirmation à la ligne 3 présente un Meursault qui ne semble pas concerné, en effet la
négation totale « ne jamais » qui encadre le verbe « devoir » laisse entendre que le procès ne
garantit ni le devoir de l’avocat envers son client, étant sa défense, ni le droit de Meursault d’être
défendu. La plaidoirie de l’avocat semble alors interminable, voire maladroite. Meursault est rendu
spectateur de son propre procès, exclu, comme indigne de donner son avis.
L4 : A la ligne 4, le propos « Il est vrai que j'ai tué. », rapporté au discours direct, souligne
l'étonnement de Meursault. En effet, l’avocat emploie le pronom personnel « je » pour parler de son
client, il se met à sa place et parle à sa place. L’avocat dérobe la parole de son Meursault, ce dernier
se sent trahi et écarté puisqu’il ne se reconnaît pas dans les dires de son avocat. De surcroît, le
mépris de Meursault se traduit par l’expression « sur ce ton », son avocat continue de le mettre à
l’écart.
L7-9 : : Ensuite, l’énumération aux lignes 8 et 9 souligne la violence de la mise à l’écart que ressent
Meursault à cet instant. Les trois verbes forment une gradation. Cette phrase s’ouvre et se ferme
sur le pronom personnel tonique « moi » rappelant la complexité de caractère de Meursault qui se
laissent difficilement appréhender et contenir. À travers cette épanadiplose, le besoin de réaffirmer
sa présence et la subjectivité du personnage transparaît, Camus rappelle qu’il peint le ressenti du
personnage et pas forcément la réalité.
L9 : La distance de Meursault s’agrandit avec la proposition « Mais je crois que j’étais déjà très loin
de cette salle d’audience » l.9. Meursault se sent alors comme étranger à son procès. Cette