Olympe de Gouges est une auteure engagée dont les écrits traduisent ses nombreux combats pour l’égalité et
la justice entre les êtres humains. Féministe avant tout, elle aspire à réhabiliter les femmes dans la société en
leur octroyant une place légitime en tant que citoyennes. C’est dans cette optique qu’elle écrit La Déclaration
des droits de la femme et de la citoyenne pour pallier les lacunes de La Déclaration des droits de l’homme et
du citoyen. L’extrait étudié est tiré du postambule et souligne que les inégalités ne se limitent pas aux femmes
mais également aux esclaves. En s’appuyant sur les idéaux des Lumières, elle défend l’universalité des droits
humains et milite pour des lois capables de garantir la liberté et l’égalité.
Ainsi, nous pouvons nous demander : Comment Olympe de Gouges démontre-t-elle l’inhumanité et la
cruauté des colons pour critiquer et dénoncer l’esclavage ?
Dans un premier temps, nous examinerons le rappel de la situation dramatique dans les îles, présenté de la
ligne 1 à 7. Ensuite, nous analyserons le traitement inhumain infligé aux esclaves par les colons, décrit de la
ligne 7 à 16. Enfin, nous étudierons la nécessité de la loi pour garantir la liberté universelle, mise en avant de la
ligne 16 à 22.
I. Le rappel de la situation dramatique dans les îles
L’extrait s’ouvre sur la tournure impersonnelle “Il était bien nécessaire”, soulignant l’importance de rappeler
l’actualité politique, en réponse au décret de 1791. L’euphémisme “quelques mots” minimise l’ampleur du
combat d’Olympe de Gouges contre l’esclavage tout en traduisant l’intention de sensibiliser la société à cette
injustice.
L’utilisation du subjonctif “dise” marque une obligation morale de dénoncer les atrocités coloniales, tandis
que le terme “troubles” met en lumière les inégalités sociales. Par ailleurs, l’incise “dit-on” introduit une prise
de distance critique.
L’anaphore “c’est là” accentue la gravité de la situation coloniale, en insistant sur la souffrance des esclaves
et la résistance des esclavagistes aux idéaux abolitionnistes. La personnification “frémit d’horreur” amplifie
l’effroi suscité par l’esclavage et contraste avec la cruauté humaine, dénonçant la domination coloniale et les
injustices sociales.
En adoptant un registre pathétique, le terme “âme” cherche à éveiller les consciences politiques et sociales.
L’opposition entre nature et raison illustrée par l’expression “c’est là où la raison et l’humanité n’ont pas
encore touché les âmes endurcies” souligne la nécessité des idéaux des Lumières pour améliorer le sort des
esclaves.
L’adverbe “surtout” accentue l’engagement passionné d’Olympe de Gouges. Enfin, les nombreuses
personnifications, telles que “la nature qui frémit d’horreur”, “la raison et l’humanité” ou encore “la division et
la discorde”, traduisent les émotions du texte et les incohérences sociales de l’époque. Enfin, les tournures
impersonnelles comme “il y en a” permettent de dénoncer implicitement les responsables sans les accuser
directement, tout en critiquant l’inaction de l’Assemblée nationale. La métaphore “instigateurs de ces
fermentations incendiaires” dénonce les effets dévastateurs des politiques esclavagistes et des résistances
aux réformes.
La tournure impersonnelle négative “il n’est pas difficile de deviner les instigateurs” suggère que la société est
pleinement consciente des problèmes liés à l’esclavage, mais préfère les ignorer. Olympe de Gouges désigne
ainsi deux grandes puissances comme responsables de l’aggravation des tensions : l’Europe et les États-Unis.