production
I. Les espaces de production dans le monde : une diversité croissante
A. La diversité des espaces productifs
La production mondiale est contrôlée par les grandes puissances économiques. Elle se définit par l'ensemble
des opérations (création, conception) qui, localisées dans différents pays, permettent de réaliser un produit
fini et contribuent à produire de la valeur ajoutée. À l'échelle mondiale, les puissances occidentales (Etats-
Unis, Allemagne, Royaume-Uni, France) et le Japon sont de plus en plus concurrencées par les puissances
émergentes (Chine, Inde, Brésil). Mais les États-Unis conservent encore un tiers des dépenses de Recherche-
Développement (R&D).
Le système productif mondial demeure dominé par les industries. La valeur de la production industrielle a
augmenté de plus de 30 % au cours des dix dernières années. Si l'Asie concentre 80 % de cette croissance, la
Chine est la première puissance industrielle depuis 2013. Cependant, les tâches de fabrication (textile,
automobile, électronique...) sont de plus en plus dispersées et se délocalisent en Turquie, au Maroc, en
Europe orientale (Pologne, Roumanie...), en Asie du Sud-Est (Thaïlande, Indonésie, Vietnam) et en Afrique
(Afrique du Sud, Nigeria, Éthiopie).
Certaines économies reposent sur l'exploitation des ressources énergétiques, minières et agricoles. C'est
surtout le cas des pays d'Amérique latine, d'Afrique ou de la Russie. La valeur des productions agricoles et
minières a été multipliée par deux depuis le début du XXIe siècle. La Russie dépend encore largement de sa
production d'hydrocarbures alors que les pétromonarchies du Golfe persique se diversifient (le Qatar dans les
investissements sportifs).
B. Une production organisée par des entreprises multinationales
Les firmes transnationales (FTN) sont les acteurs majeurs de la production. Sur les 500 premières FTN en
2017, plus de 427 sont concentrées dans les pays développés, États-Unis en tête suivis des pays d'Europe de
l'Ouest et au Japon. Elles peuvent être d'importants groupes pétroliers (Schell, Exxon, Total), agroalimentaires
(Nestlé, Danone), automobiles (Toyota, Ford). Toutefois, les pays émergents, en particulier les BRICS,
comptent de plus en plus de FTN (Sinopec, Petro China en Chine, Tata en Inde, Gazprom en Russie).
Les FTN structurent leur production en réseaux. De nombreux produits (textiles, chaussures, matériels
électroniques) sont fabriqués dans des usines appartenant à des sous-traitants extérieurs, sans lien juridique
avec les grands groupes donneurs d'ordres (par exemple, le groupe taïwanais Foxconn qui assemble les
smartphones d'Apple en Chine).
Les entreprises des pays développés sont des acteurs de l'économie numérique. Plus de 60 % sont
étatsuniennes (les GAFAM : Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), britanniques et allemandes. Avec
seulement quatre multinationales, le poids des pays émergents reste marginal (Alibaba en Chine). Par ailleurs,
de toutes petites entreprises et start-up aux Nords comme aux Suds utilisent les plateformes numériques
(EBay) pour vendre dans le monde entier. Dans les pays développés, les services aux entreprises (activités
comptables, numérique, publicité...) constituent, en termes d'emplois et de chiffre d'affaires, le principal
contributeur au secteur des services.
C. Une compétition entre acteurs et territoires productifs