L’inégalité d’accès aux savoirs académiques est évidente. L’université médiévale est exclusivement
masculine. Il y a des mouvements littéraires et artistiques qui peuvent être féminin, comme les troubadours
et les trobairitz.
L’iconographie atteste de la présence féminine dans l’éducation. Ce style d’attestation est-il ponctuel,
révélateur ? Ou est-ce des exceptions ?
I – Le sexe de l’écriture et de la lecture au Moyen-Âge :
A – Le sexe des épistolaires et de la délégation d’écriture :
Ce qu’il nous reste de l’écrit médiéval, ce sont des épaves ponctuels. Les premières archives de chancellerie
viennent au XIVème siècle ; et encore ce sont seulement les lettres reçus, non écrit. A coup sûr les hommes
écrivent plus que les femmes.
Les femmes capables de lire et d’écrire ne sont pas nombreusement connues. On se rend compte que les
filles de la noblesse, souvent, sont lettrées. Par exemple, MARIE DE FRANCE , dans un lai de 1160, fait parler
un de ses personnages sur l’écriture et la lecture. CHRÉTIEN DE TROIS met en scène une jeune fille en train
de lire à ses parents. La musique fait parler de l’enseignement fondamental.
L’enseignement est dispensé dans le cercle familial grâce à des précepteurs. Les hommes ont plus tendance
à déléguer leurs écritures. Les épistolaires n’écrivent pas de leur propre main, les femmes écrivent plus
souvent à la main par contre.
On a longtemps méconnu l’alphabétisation des franges supérieures de la société.
B – Commanditaires et mécènes :
Les cours se forment lentement. La cour implique une certaine stabilité. On voit alors des personnages de la
cour devenir des commanditaires et des mécènes. Les femmes ont jouer un rôle aussi important que les
hommes dans les commandes et la protection des artistes. A partir du XIIème se constituent, autour de ce
mécénat, de véritable bibliothèque.
L’exemple le plus évidant est celui D’ALIÉNOR D’AQUITAINE. Deux des grands auteurs du XIIème lui
dédient leurs œuvres : WACE et BENOIT DE SAINT-MAUR. MARIE DE FRANCE est la fille d’Aliénor ; elle
va épouser le comte de Champagne. Poétesse elle-même, deux des œuvres de CHRÉTIEN DE TROIE lui sont
dédicacées.
A côté de ces femmes mécènes, des femmes ont commandés des œuvres ; en particulier des traduction.
THÉODORA COMÈNE épouse le duc de Bavière et commande une traduction en allemand de la Chanson de
Roland. MARGUERITE DE PROVENCE, l’épouse de Saint-Louis demande la traduction en français de Bible
historiale.
C – Le sexe des bibliothèques :