Norbert Elias : Sociologie et histoire
Intro :
1897-1990
Sociologue allemand. Qui s'est formé à la lecture de Max Weber + Marx + Freud. Il a eu de
l'influence sur les historiens qui travaillaient sur l'Ancien régime, il reste encore une référence
fondamentale. Il cherche à élaborer des modèles théoriques qu'il va confronter à des données
empiriques ( qui s'inscrivent dans le temps long, on parle souvent de socio du temps long pour
caractériser le travail d'Elias) issues de l'histoire.
Texte p12.
Pour Elias, la sociologie doit chercher dans les phases antérieures des causes au présent. Ses deux
exemples sont Marx (capitalisme en allant chercher les raisons de son évolution) et Weber
(problèmes de socio : l'amènent à emprunter des concepts qui viennent du passé).
Elias montre originalité de sa génération. Weber sert d'exemple car pour comprendre le capitalisme
il remonte jusqu'à Luther. 3Ème partie : reprend idéaux-types. Modèle théorique a une valeur
universelle, au sens qu'il est général pour Elias (lignes 28-29). Attachés à créer modèle théorique
cohérent qu'il faut confronter avec données de l'histoire de l'humanité. Lecture critique de Marx,
refuse le primat de l'économie sur les autres domaines. Il retient l'idée (Weber) du contrat de la
violence à l'intérieur des groupes sociaux (besoin de contrôle pour exister). Freud : importance de la
socialisation de l'individu qui commence par la prime-éducation, il lui emprunte aussi l'idée d'auto-
contrainte. Il ne se contente pas de faire socio classique, il essaye de la faire sur temps long. Il
s'intéresse à la société d'ancien régime, élabore des concepts pour comprendre son originalité,
concepts encore utilisés aujourd'hui. Elias est pour les historiens une boîte à outils conceptuelle
toujours utile.
Plusieurs sujets : évolution des moeurs, sport dans société
I – La civilisation des moeurs.
Objectif = comprendre les manières de gérer les fonctions corporelles. Pour cela il remonte dans
le passé et s'intéresse aux "Manuels de civilité de la Renaissance", ouvrage qui explique comment
bien se comporter en société, en particulier pour les nobles (XVI° - XVII° siècle = renforcement
de la société de cour). Révèlent la façon de bien se conduire à cette époque, l'Etat des moeurs à un
moment donné de leur évolution, met au jour comment les hommes ont refoulé ce qui les faisait
, animal => On ne mange plus en public mais dans l'intimité, ou de moins en moins, baisse de la
nudité, dissimulation des odeurs corporels (parfums), crache dans crachoir, moucher dans
mouchoirs (avant manche), apparition des couverts (la fourchette arrive en Europe au XII ème
siècle et s'impose très lentement, notamment à l'Ancien régime). Les fonctions naturelles vont
s'exercer dans un lieu spécifique. Contexte explique l'apparition de la notion de dégout,
notamment et d'abord dans le milieu des élites. Processus de longue durée qui va jusqu'au début du
XXème, pour comprendre ces étapes Elias est allé jusqu'à la Renaissance avec les Manuels de
civilité. Cette évolution n'est pas continue, il y a des moments de régression. A la renaissance l'eau
est positive, mais au XVII ème siècle on considère que l'eau amène les microbes donc on se
parfume plus qu'on se lave.
Exemple :
– début XVI° cracher c'est bien (expulse mauvais microbes).
– XVII° : cracher ne se fait plus car il y a le risque de contagion pour les autres.
Cette évol se fait en fonction du seuil de sensibilité. Correspond au changement en 1er dans cour +
aristo, noblesse considérée comme une chevalerie violente et anarchique par Elias, à partir du
moment où elle tente de s'intégrer à la société de cour (curialisation), elle doit donc changer de
comportement, le noble doit apprendre à devenir un courtisan.
Processus de civilisation qui ne peut être compris que si on reconstitue le passé du processus. Elias
va plus loin.
II – La dynamique de l'Occident.
Part de la sociogénèse de l'Etat en Europe = sociologie de la génèse, de l'Etat en Europe, les débuts
de la construction de l'Etat en Europe. Il part de la seigneurie féodale du XI° siècle jusqu'à
l'apogée au siècle des Lumières. Pour Elias, l'Etat s'est construit autour d'un double monopole
de la monarchie/du roi.
1 – Fiscal : roi affirme qu'il est le seul à pouvoir lever l'impôt, qu'il fixe, qui ne cesse d'augmenter.
Progressivement construit un monopole fiscal. Il monétarise les biens, les échanges deviennent
monétaire et le roi fait la monnaie.
2 – la violence légitime : seul à pouvoir exercer violence dans société de façon légal = roi. Détient
force militaire. Monopolisation permet à Etat de se renforcer, d'être obéit. Le roi pacifie la société,
il a le droit de guerre. Possède gestion des affects (interdit duel). Cela implique un changement de
Intro :
1897-1990
Sociologue allemand. Qui s'est formé à la lecture de Max Weber + Marx + Freud. Il a eu de
l'influence sur les historiens qui travaillaient sur l'Ancien régime, il reste encore une référence
fondamentale. Il cherche à élaborer des modèles théoriques qu'il va confronter à des données
empiriques ( qui s'inscrivent dans le temps long, on parle souvent de socio du temps long pour
caractériser le travail d'Elias) issues de l'histoire.
Texte p12.
Pour Elias, la sociologie doit chercher dans les phases antérieures des causes au présent. Ses deux
exemples sont Marx (capitalisme en allant chercher les raisons de son évolution) et Weber
(problèmes de socio : l'amènent à emprunter des concepts qui viennent du passé).
Elias montre originalité de sa génération. Weber sert d'exemple car pour comprendre le capitalisme
il remonte jusqu'à Luther. 3Ème partie : reprend idéaux-types. Modèle théorique a une valeur
universelle, au sens qu'il est général pour Elias (lignes 28-29). Attachés à créer modèle théorique
cohérent qu'il faut confronter avec données de l'histoire de l'humanité. Lecture critique de Marx,
refuse le primat de l'économie sur les autres domaines. Il retient l'idée (Weber) du contrat de la
violence à l'intérieur des groupes sociaux (besoin de contrôle pour exister). Freud : importance de la
socialisation de l'individu qui commence par la prime-éducation, il lui emprunte aussi l'idée d'auto-
contrainte. Il ne se contente pas de faire socio classique, il essaye de la faire sur temps long. Il
s'intéresse à la société d'ancien régime, élabore des concepts pour comprendre son originalité,
concepts encore utilisés aujourd'hui. Elias est pour les historiens une boîte à outils conceptuelle
toujours utile.
Plusieurs sujets : évolution des moeurs, sport dans société
I – La civilisation des moeurs.
Objectif = comprendre les manières de gérer les fonctions corporelles. Pour cela il remonte dans
le passé et s'intéresse aux "Manuels de civilité de la Renaissance", ouvrage qui explique comment
bien se comporter en société, en particulier pour les nobles (XVI° - XVII° siècle = renforcement
de la société de cour). Révèlent la façon de bien se conduire à cette époque, l'Etat des moeurs à un
moment donné de leur évolution, met au jour comment les hommes ont refoulé ce qui les faisait
, animal => On ne mange plus en public mais dans l'intimité, ou de moins en moins, baisse de la
nudité, dissimulation des odeurs corporels (parfums), crache dans crachoir, moucher dans
mouchoirs (avant manche), apparition des couverts (la fourchette arrive en Europe au XII ème
siècle et s'impose très lentement, notamment à l'Ancien régime). Les fonctions naturelles vont
s'exercer dans un lieu spécifique. Contexte explique l'apparition de la notion de dégout,
notamment et d'abord dans le milieu des élites. Processus de longue durée qui va jusqu'au début du
XXème, pour comprendre ces étapes Elias est allé jusqu'à la Renaissance avec les Manuels de
civilité. Cette évolution n'est pas continue, il y a des moments de régression. A la renaissance l'eau
est positive, mais au XVII ème siècle on considère que l'eau amène les microbes donc on se
parfume plus qu'on se lave.
Exemple :
– début XVI° cracher c'est bien (expulse mauvais microbes).
– XVII° : cracher ne se fait plus car il y a le risque de contagion pour les autres.
Cette évol se fait en fonction du seuil de sensibilité. Correspond au changement en 1er dans cour +
aristo, noblesse considérée comme une chevalerie violente et anarchique par Elias, à partir du
moment où elle tente de s'intégrer à la société de cour (curialisation), elle doit donc changer de
comportement, le noble doit apprendre à devenir un courtisan.
Processus de civilisation qui ne peut être compris que si on reconstitue le passé du processus. Elias
va plus loin.
II – La dynamique de l'Occident.
Part de la sociogénèse de l'Etat en Europe = sociologie de la génèse, de l'Etat en Europe, les débuts
de la construction de l'Etat en Europe. Il part de la seigneurie féodale du XI° siècle jusqu'à
l'apogée au siècle des Lumières. Pour Elias, l'Etat s'est construit autour d'un double monopole
de la monarchie/du roi.
1 – Fiscal : roi affirme qu'il est le seul à pouvoir lever l'impôt, qu'il fixe, qui ne cesse d'augmenter.
Progressivement construit un monopole fiscal. Il monétarise les biens, les échanges deviennent
monétaire et le roi fait la monnaie.
2 – la violence légitime : seul à pouvoir exercer violence dans société de façon légal = roi. Détient
force militaire. Monopolisation permet à Etat de se renforcer, d'être obéit. Le roi pacifie la société,
il a le droit de guerre. Possède gestion des affects (interdit duel). Cela implique un changement de