François Furet (1927 – 1997)
et la Révolution Française
Enseignant d'histoire formé dans l'immédiat après guerre, après 1945. Influencé au départ par un
engagement politique qui le lie au parti communiste. Il y entre en 1949, il choisit de faire de
l'histoire car pour lui l'histoire est la discipline la plus englobante. Il mène des travaux de recherche
d'abord au CNRS à partir de 1956 sur le XVIII ème siècle et la Révolution Française. C'est lié à
son engagement politique. Au départ, son travail est très influencé par les historiens marxistes,
notamment Pierre Vilar et Ernest Labrousse. Sous leur influence, il choisit de s'intéresser à l'histoire
sociale, en particulier l'histoire de la bourgeoisie parisienne au XVIII ème siècle. En 1959, Furet
quitte le parti communiste et en même temps, en tant qu'historien, il s'écarte progressivement des
thèses marxistes pour essayer de construire une nouvelle histoire de la R-F, à partir de 1960 à
l'école Pratique des Hautes Etudes, puis il les continue en 1975 en faisant parti de l'EHESS. En tant
que chercheur il va continuer son travail à partir de 1985 à l'université de Chicago. Dans ces 3
institutions il va développer une nouvelle histoire de la R-F. Pour Furet, il s'agit de penser la part du
politique dans les sociétés démocratiques, la R-F est le moment fondateur de la conscience
politique moderne. C'est pour cela qu'il s'y intéresse. Furet cherche aussi à redonner à la R-F sont
caractère problématique, elle n'a pas qu'un sens, en dehors des thèses marxistes.
I – Faire l'histoire d'une nation en révolution
Pour Furet, faire l'histoire de la R-F c'est faire l'histoire d'une nation qui se veut en révolution.
Selon lui, la R-F n'est pas un événement singulier, isolé. C'est un événement qui est le résultat
d'un certain nombre d'évolutions. Ce refus va s'affirmer à partir du travail qu'il fait sur les
structures de la société parisienne au XVIII ème siècle. Furet va travailler sur 3 thèmes, les
structures sociales de la société parisienne, le commerce des livres au XVIII ème siècle et
l'alphabétisation des français au XVIII ème siècle. A chaque fois, Furet voit les choses sur un
siècle, voire jusqu'au XIX ème siècle. Avec cette vision sur le temps long, il remet en cause l'idée
que la R-F est un événement singulier.
Désacralisation progressive de la monarchie française, cela aboutirait à la RF. Ce n'est pas
seulement la conséquence de tous les éléments du XVIII ème siècle, c'est aussi un début qui pour
François Furet, va d'une période allant jusqu'à 1880 où la question principale est de savoir si on
continue la RF ou si on l'arrête. Question de l'héritage de la RF. François Furet conçoit toujours la
RF dans une perspective comparative, il ne tient pas compte que de l'histoire de France. Elle est à
, comparer avec l'évolution politique des pays voisins. D'abord avec l'Angleterre (1688 1689 :
évolue vers une monarchie parlementaire, avec un équilibre entre les deux souverainetés : la
souveraineté du roi et du peuple.) La RF ne s'inspire pas du modèle anglais, elle refuse l'équilibre
entre les deux souverainetés. Pour les révolutionnaires il n'y a qu'une souveraineté, celle de la
nation. Il compare la RF et la révolution américaine. L'indépendance des Etats-Unis aboutit à une
nouvelle constitution, une nouvel Etat. Il propose un nouveau régime politique. Les pères de la
révolution américaine prétendent revenir aux origines de l'exercice du pouvoir tandis que les
révolutionnaires français veulent rompre avec le passé. On a donc l'illusion de croire que la
population peut rompre avec son passé. L'intérêt d'étudier la RF pour Furret est constitué des
problèmes que révèle cette révolution, elle comprend en elle tous les problèmes d'une démocratie
moderne. D'abord, la déchirure du lien social traditionnel, on ne respecte plus la société d'Ancien
Régime. La fragilité de l'ordre politique, ce nouvel ordre politique est instable et va durer jusqu'à
la III ème république. La tension entre un régime qui met en avant la déclaration des droits de
l'homme et du citoyen et les nécessités de l'unité nationale = répression contre la noblesse, les
modérés, tout le processus révolutionnaire jusqu'à la terreur. Cette vision de la RF amène
Furret à étudier la violence politique qui est au coeur de la révolution française.
II – La question de la violence politique
Texte p.17
F. Furret revient sur l'originalité de la RF et de ceux qui l'écrivent. Ecrire l'histoire de la RF pose
deux problèmes : on va en faire un récit politique, on va donc y projeter son propre point de vue
(histoire communiste de la RF, socialiste...). Le deuxième problème est la notion d'une période
courte, une suite d'événements très rapprochés. Ils ne rentrent pas dans l'histoire quantitative du
temps long des annales. Cette RF, jusqu'aux années 80, n'a été étudié que sur un angle politique.
F. Furret voit deux façons d'aborder la RF : étudier les causes (chercher dans l'histoire d'un long
XVIII ème siècle les choses qui amènent la RF, le danger étant de surdéterminer ce XVIII ème,
considérer que chaque événement expliquerait la RF). 2Ème : s'attacher à ses acteurs, à sa
sociologie (personnel politique : révolutionnaires, à leurs idées, à leurs actions). La violence est au
coeur de leurs actions (affrontements entre les différentes factions politiques). Que l'on étudie les
causes ou le personnel politique on arrive toujours à la question de la rupture, en quoi la RF est-elle
une rupture par rapport à l'Ancien Régime?
Au départ, F. Furret est lié au parti communisme, il est influencé par le marxisme. Il va essayer de
s'en détacher. Avec D. Richet, il va publier une première histoire qui s'appelle La Révolution
Française en 1965, dans cet ouvrage la RF est encore une révolution bourgeoise, c'est la prise de
et la Révolution Française
Enseignant d'histoire formé dans l'immédiat après guerre, après 1945. Influencé au départ par un
engagement politique qui le lie au parti communiste. Il y entre en 1949, il choisit de faire de
l'histoire car pour lui l'histoire est la discipline la plus englobante. Il mène des travaux de recherche
d'abord au CNRS à partir de 1956 sur le XVIII ème siècle et la Révolution Française. C'est lié à
son engagement politique. Au départ, son travail est très influencé par les historiens marxistes,
notamment Pierre Vilar et Ernest Labrousse. Sous leur influence, il choisit de s'intéresser à l'histoire
sociale, en particulier l'histoire de la bourgeoisie parisienne au XVIII ème siècle. En 1959, Furet
quitte le parti communiste et en même temps, en tant qu'historien, il s'écarte progressivement des
thèses marxistes pour essayer de construire une nouvelle histoire de la R-F, à partir de 1960 à
l'école Pratique des Hautes Etudes, puis il les continue en 1975 en faisant parti de l'EHESS. En tant
que chercheur il va continuer son travail à partir de 1985 à l'université de Chicago. Dans ces 3
institutions il va développer une nouvelle histoire de la R-F. Pour Furet, il s'agit de penser la part du
politique dans les sociétés démocratiques, la R-F est le moment fondateur de la conscience
politique moderne. C'est pour cela qu'il s'y intéresse. Furet cherche aussi à redonner à la R-F sont
caractère problématique, elle n'a pas qu'un sens, en dehors des thèses marxistes.
I – Faire l'histoire d'une nation en révolution
Pour Furet, faire l'histoire de la R-F c'est faire l'histoire d'une nation qui se veut en révolution.
Selon lui, la R-F n'est pas un événement singulier, isolé. C'est un événement qui est le résultat
d'un certain nombre d'évolutions. Ce refus va s'affirmer à partir du travail qu'il fait sur les
structures de la société parisienne au XVIII ème siècle. Furet va travailler sur 3 thèmes, les
structures sociales de la société parisienne, le commerce des livres au XVIII ème siècle et
l'alphabétisation des français au XVIII ème siècle. A chaque fois, Furet voit les choses sur un
siècle, voire jusqu'au XIX ème siècle. Avec cette vision sur le temps long, il remet en cause l'idée
que la R-F est un événement singulier.
Désacralisation progressive de la monarchie française, cela aboutirait à la RF. Ce n'est pas
seulement la conséquence de tous les éléments du XVIII ème siècle, c'est aussi un début qui pour
François Furet, va d'une période allant jusqu'à 1880 où la question principale est de savoir si on
continue la RF ou si on l'arrête. Question de l'héritage de la RF. François Furet conçoit toujours la
RF dans une perspective comparative, il ne tient pas compte que de l'histoire de France. Elle est à
, comparer avec l'évolution politique des pays voisins. D'abord avec l'Angleterre (1688 1689 :
évolue vers une monarchie parlementaire, avec un équilibre entre les deux souverainetés : la
souveraineté du roi et du peuple.) La RF ne s'inspire pas du modèle anglais, elle refuse l'équilibre
entre les deux souverainetés. Pour les révolutionnaires il n'y a qu'une souveraineté, celle de la
nation. Il compare la RF et la révolution américaine. L'indépendance des Etats-Unis aboutit à une
nouvelle constitution, une nouvel Etat. Il propose un nouveau régime politique. Les pères de la
révolution américaine prétendent revenir aux origines de l'exercice du pouvoir tandis que les
révolutionnaires français veulent rompre avec le passé. On a donc l'illusion de croire que la
population peut rompre avec son passé. L'intérêt d'étudier la RF pour Furret est constitué des
problèmes que révèle cette révolution, elle comprend en elle tous les problèmes d'une démocratie
moderne. D'abord, la déchirure du lien social traditionnel, on ne respecte plus la société d'Ancien
Régime. La fragilité de l'ordre politique, ce nouvel ordre politique est instable et va durer jusqu'à
la III ème république. La tension entre un régime qui met en avant la déclaration des droits de
l'homme et du citoyen et les nécessités de l'unité nationale = répression contre la noblesse, les
modérés, tout le processus révolutionnaire jusqu'à la terreur. Cette vision de la RF amène
Furret à étudier la violence politique qui est au coeur de la révolution française.
II – La question de la violence politique
Texte p.17
F. Furret revient sur l'originalité de la RF et de ceux qui l'écrivent. Ecrire l'histoire de la RF pose
deux problèmes : on va en faire un récit politique, on va donc y projeter son propre point de vue
(histoire communiste de la RF, socialiste...). Le deuxième problème est la notion d'une période
courte, une suite d'événements très rapprochés. Ils ne rentrent pas dans l'histoire quantitative du
temps long des annales. Cette RF, jusqu'aux années 80, n'a été étudié que sur un angle politique.
F. Furret voit deux façons d'aborder la RF : étudier les causes (chercher dans l'histoire d'un long
XVIII ème siècle les choses qui amènent la RF, le danger étant de surdéterminer ce XVIII ème,
considérer que chaque événement expliquerait la RF). 2Ème : s'attacher à ses acteurs, à sa
sociologie (personnel politique : révolutionnaires, à leurs idées, à leurs actions). La violence est au
coeur de leurs actions (affrontements entre les différentes factions politiques). Que l'on étudie les
causes ou le personnel politique on arrive toujours à la question de la rupture, en quoi la RF est-elle
une rupture par rapport à l'Ancien Régime?
Au départ, F. Furret est lié au parti communisme, il est influencé par le marxisme. Il va essayer de
s'en détacher. Avec D. Richet, il va publier une première histoire qui s'appelle La Révolution
Française en 1965, dans cet ouvrage la RF est encore une révolution bourgeoise, c'est la prise de