Ce régime a crée un espace de stabilité pendant deux siècles jusque dans les années 250 ap. J.-C.
C’est l’une des périodes stabilité et de paix les plus longues de l’Humanité.
Si les guerres civiles ont secoué la République c’est qu’elle n’a pas su s’adapter à son extension
territoriale. Ce sont les conséquences des conquêtes qui provoquent ces crises.
Après Actium, c’est à Octavien qui revient de résoudre cette crise. Il se pose deux types de pb :
• Quelles formes pourrait prendre un régime pour remédier aux blocages de la République
oligarchique ?
• Comment gouverner cet espace immense, sur la base de quel principe, avec quels moyens et
quels objectifs ?
Derrière ces questions, il y a deux aspects : les institutions politiques et l’organisation
administrative (gv et gestion de l’empire).
Il y a déjà des réponses qui sont élaborées durant les troubles civiles par Sylla, Pompée ou encore
César mais n’ont pu être menées à bien car il y avait trop d’opposition à ces réformes de la part des
Optimates.
I. L’importance de l’oeuvre d’Auguste : la mise en place du Principat ou la Republica
Restituta
Auguste, à la fin de sa vie, a écrit les Res gestae : il dit lui-même qu’il prétend avoir restitué la
République au travers du Principat.
Après Actium, on a un régulation des pv d’Auguste car le triumvirat n’a pas été reconduit en 32 av.
J.-C. Il dispose de fait par ses faits d’armes et a sous son commandement 40 légions. Mais il doit
régulariser sa position au sien de l’État. C’est ce qui l’amène à fonder un nv régime.
A. Les étapes de la restauration de la République
Le 2 sept 31, il gagne Actium. Le 1 er août 30, il prend Alexandrie et le 11 janv. 29, il fait fermer les
portes du temple de Janus, ce qui signifie que la guerre était terminée.
Avec le retour officiel de la paix, il peut se consacrer à la restitution de la République car c’était la
mission officielle confiée par le Sénat par la lex pedia en 43 au triumvirat.
La mise en place est empirique. Ses conseillers, Agrippa et Mécène, ont eu le temps de réfléchir à la
façon de s’y prendre => réflexion politique depuis 43. Cette restitution se fait sans qu’Octavien ne
perde sa domination.
=> fondation du Principat ou Empire mais finalement, cette régularisation permet le pv de type
personnel qui laisse subsister et utilise même les institutions traditionnelles à son profit, au terme
d’arrangements avec l’aristocratie.
• Entre 29 et 27 av. J.-C. : Depuis 31, Octavien exerce le pv par le biais du consulat + a reçu
du Sénat tout un ensemble d’honneurs durant le deuxième triumvirat (droit de nommer les
Patriciens, le us auxilii (compétence des Tribuns de la Plèbe en 36), le titre d’imperator en
prénom, droit de nommer des candidats au sacerdoce public). En 1 er janv. 29, les magistrats
et les sénateurs, prêtent serment de reconnaître toutes les dispositions accordées. En 28, il
est consul avec Agrippa, où il procède à un grd recensement et à la lectio senatus (révision
de l’album sénatorial [liste des noms de sénateurs pour enlever et rajouter des noms]). Du
Sénat, il reçoit le titre de princeps senatus, le premier parmi les sénateurs. A la fin de l’année
28, il publie un édit au terme duquel, il annule toutes les dispositions illégales et contraires
au droit prises durant le triumvirat. Il procède donc à une remise en ordre. En janv. 27, il
règle la question du gouvernement des provinces et du commandement des légions. C’est
une question essentielle concernant la nature de l’imperium. C’est une question complexe
qui a été débattue. Le 13 jav. 27, Octavien, tjs consul, se rend au Sénat et rend tous ses
pouvoirs au Sénat. Finalement, il accepte de conserver le gv d’une partie des provinces
tandis que l’autre partie revient à des pro-consuls désignés par le Sénat. C’est ce qu’on
appelle communément le « partage de 27 ». Le 16 janv. 27, le Sénat donne à Octavien le
, surnom Augustus, qualificatif religieux et le Sénat lui permet de fixer sur la porte de sa
maison du Palatin des lauriers qui symbolisent la victoire et une couronne civique en feuilles
de chênes avec l’inscription « pour avoir sauvé des citoyens ». Il est décidé de déposer dans
la Curie un bouclier d’or avec une inscription selon laquelle le Sénat honore les 4 vertus
d’Auguste => clipeus virtutis. Le gv d’Auguste sur les provinces est exceptionnel. Il obtient
un imperium consulaire pour commander des troupes sans quitter Rome et de désigner des
légats qui bénéficient de la délégation du l’imperium. Au départ, cet imperium est donné
pour 10 ans et être exercé en tant que consul ou pro-consul.
Ces deux cérémonies sont importantes pour l’instauration du Principat puisque une partie
des légions et les provinces sont données à Auguste sans tirage au sort. On reste dans des
pratiques républicaines car précédent avec Pompée. Par ailleurs, le Prince est au centre du
fonctionnement des institutions, prémunis contre toute concurrence car exerce le consulat
d’une année sur l’autre, se voit attribuer toutes les provinces stratégiques, son
commandement dure 10 ans alors que les autres magistrats sont renouvelés tous les ans.
C’est donc une comédie du pouvoir qi permet à Auguste de proclamer la restauration de la
République tout en assurant sa domination politique sur les autres sénateurs.
Ce surnom d’Augustus consacre son autorité morale et lui confère une prééminence sur les
autres citoyens.
• La redéfinition des pv de 23 à 18 av. J.-C. : En 23, Auguste a déposé le consulat qu’il
exerçait depuis 31 sans interruption. Cette déposition a entraîné une redéfinition de ces pv.
Pourquoi ? X raisons : Auguste aurait craint de mourir, des rumeurs de complots. Ajd, on
pense qu’il était préoccupé par la monopolisation du consulat et que cela aurait eu une
répercussion sur son régime. Quand on prétend restituer la République, monopoliser le
consulat, c’est contraire au régime qu’on prétend restituer. A terme, cela peut avoir pour
conséquence de dévaloriser cette fonction. La confiscation d’un poste du consulat réduit les
chances de l’atteindre pour la nobilitas à la fin du cursus honorum => fonder son propre pv
pour renforcer le compromis tacite avec la nobilitas pour qu’elle conserve les fonctions
qu’elle détient traditionnellement. Déposer le consulat pose pb car le prive de son imperium
consulaire (domi comme militaire) qui ne peut s’exercer que dans les provinces car devient
pro-consul. Quand il dépose son consulat, il s’établit à Albe, loin du pomerium. Dans les
provinces sénatoriales, cet imperium ne s’applique pas. Il fallait donc trouver des solutions
pour palier à cette perte de pv.
Pour la perte des pv civils, Auguste s’est fait conférer le contenu de la charge des Tribuns
(puissance tribunitienne) qui comprend le droit de convocation du Sénat et de la Plèbe (ius
agendi) supérieur aux magistrats accompagné d’un droit d’introduction d’une question
prioritaire au Sénat, droit de veto (intercessio), droit d’aide et de secours (ius auxilii), la
sacro-sainteté (personne intouchable). C’est donc un pv civil important et le fait de se le
faire attribuer est essentiel. Auguste, patricien, ne peut être tribun de la Plèbe, il contourne
cet interdit en s’attribuant le contenu de la charge. Comme n’étant pas un tribun, il ne peut
pas avoir le veto d’un autre tribun. Il devient le défenseur privilégié des intérêts de la Plèbe.
A partir de là, tous les empereurs comptent leurs années de règne dès qu’ils ont la puissance
tribunitienne.
Pour l’imperium sur les provinces, la première mesure consiste à autoriser Auguste à
franchir le pomerium comme il veut, sans le perdre ni le faire renouveler tout le temps. Cette
mesure lui permet de concilier la puissance tribunitienne avec cet imperium. Cette mesure a
pour conséquence que ce droit devient perpétuel, cela revient à lui reconnaître un imperium
indéfini, surtout après 23 ap. J.-C.. La seconde mesure est l’imperium majus qui est redéfini
comme supérieur à celui de ceux qui gouvernaient chaque province. Cette redéfinition
s’exerce qu’à partir de 20, il s’arroge le droit d’intervenir dans les provinces sénatoriales,
au-dessus des pro-consuls.
En 19, le Sénat lui propose la surveillance des mœurs pour 5 ans mais Auguste refuse. Cela
permet de trouver une place à lui donner au Sénat car il n’est plus consul. Il siège donc sur