Olympe de Gouges, de son vrai nom Marie Gouze, est considérée comme l’une des
premières féministes, bien avant que ce mouvement visant à défendre l’égalité politique,
juridique et sociale entre les femmes et les hommes ne prenne officiellement ce nom.
Rédigée en 1791, la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne intervient au
cœur de la Révolution française, une période de bouleversements politiques et sociaux
majeurs en France
> lien avec le parcours de lecture :
Ce texte s'inscrit dans le parcours “écrire et combattre pour l’égalité” par les critiques et
d'interrogations sur le rôle des femmes dans la société, invitant à réfléchir sur les évolutions
historiques et les défis contemporains en matière d'égalité des sexes.
> mouvement littéraire :
Olympe de Gouges s'inscrit dans le mouvement des Lumières, marqué par un
questionnement profond des structures sociales et une affirmation des droits naturels de
l'homme et de la femme.
> situation d’énonciation :
L’extrait à l’étude se situe au début du Postambule qui est, comme son nom l’indique, situé
après les dix-sept articles constituant la Déclaration à proprement parler. Il a été ajouté par
Olympe de Gouges, qui s’en sert pour interpeller directement les femmes sur leur sort. Il
s’agit pour l’autrice de montrer aux femmes qu’elles peuvent être maîtresses de leur destin
en unissant leurs forces.
-- Lecture à haute voix du passage --
—problématique
Comment Olympe de Gouge incite les femmes à revendiquer leurs droits anticipant ainsi les
mouvements féministes à venir ?
—annonce de plan
I] de la ligne 1 à la ligne 6, l’autrice invective les femmes en leur rappelant la situation
historique
II] de la ligne 7 à la ligne 17, la révolutionnaire pousse les femmes jusque dans leurs
derniers retranchements pour provoquer une prise de conscience efficace
III] de la ligne 17 à la fin, elle invite les femmes à se soulever contre les hommes en leur
rappelant combien elles pourraient devenir maîtresses de leur destin.
Projet de lecture (problématique)
, La lecture de ce texte nous amène à nous demander par quels moyens Olympe de Gouges
tente de créer une prise de conscience forte dans l’esprit des femmes, quitte à les mettre en
position d’accusées.
**DÉVELOPPEMENT**
I] l’autrice invective les femmes en leur rappelant la situation historique
● Citation : « Femme, réveille-toi; reconnais tes droits. »
● Procédé : Apostrophe et impératif présent
● Interprétation : Le texte s'ouvre sur une apostrophe directe à la femme, engageant
immédiatement le lecteur et soulignant l'urgence et l'importance du message.
L'utilisation de l'impératif présent dans « réveille-toi » et « reconnais tes droits »
appelle à une action immédiate et proactive. Cette injonction évoque un écho au
discours adressé aux hommes dans les textes précédant la Déclaration des droits de
la femme et de la citoyenne, où Olympe de Gouges pousse les femmes à prendre
conscience de leur situation et à revendiquer leurs droits. Le terme « femme » est
utilisé de manière générale, s'adressant à toutes les femmes, et l'utilisation du verbe
à l'impératif présent souligne que cette action est non seulement nécessaire mais
aussi légitime.
● Citation : « reconnais tes droits » vs « usurpation »
● Procédé : Opposition
● Interprétation : L'opposition entre les mots « droits » et « usurpation » renforce
l'idée que les droits des femmes sont légitimes et naturels, tandis que leur déni est
une usurpation injustifiée. Cette construction met en lumière l'importance de la prise
de conscience et de la revendication des droits, suggérant que les femmes ont une
part de responsabilité dans leur émancipation.
● Citation : « le tocsin de la raison [se fait entendre] »
● Procédé : Métaphore
● Interprétation : La métaphore du « tocsin de la raison » évoque une alarme
puissante et urgente qui appelle au réveil et à la prise de conscience. Le tocsin,
traditionnellement utilisé pour alerter les populations en cas de danger, symbolise ici
un appel à la raison et à l'action. Ce bruit du changement est suffisamment puissant
pour éveiller les consciences, suggérant que l'époque est propice à l'émancipation et
aux réformes.
● Citation : « n’est plus environnée » et « dans tout l'univers »
● Procédé : Hyperbole et adverbe de négation
● Interprétation : L'usage de l'adverbe de négation « plus » dans « n'est plus
environnée » indique clairement que l'époque ancienne est révolue. L'hyperbole «
dans tout l'univers » souligne l'ampleur du changement, affirmant que les progrès et
les avancées ne sont pas limités à la France mais ont une portée universelle. Cette
déclaration amplifie l'importance et l'inévitabilité du changement, renforçant l'idée