TROIS DISCOURS SUR LA CONDITION DES GRANDS
NB : Ce sont des paroles rapportées de son enseignement à un jeune
prince, le discours n’est pas de sa plume et est posthume.
Visée : remédier à trois défauts auxquels la grandeur porte d’elle-même
ceux qui y sont nés.
Plan :
I/ méconnaissance de sa vraie nature : Les honneurs ne sont pas dus par
nature mais par un certain hasard
II/ être ainsi illusionné et n’avoir aucun égard pour des qualités plus
réelles et plus estimables : le grand confond grandeur d’établissement et
de nature
III/alors il peut-être sujet à des emportements et des dérèglements bas :
car il ne sait pas qu’il est un roi de concupiscence et qu’en en prenant
conscience il peut élever son maniement du pouvoir.
PREMIER DISCOURS
Le roi doit prendre conscience de sa véritable condition => image de
l’homme jeté en pleine tempête sur une île inconnue où il est pris pour
roi conflit interne :
- Sa situation extérieure : il feint d’être roi, de le mériter
- Sa situation intérieure : il sait qu’elle est sa vraie nature
« Ainsi tout le titre par lequel vous possédez votre bien n’est pas un titre
de nature, mais d’un établissement humain. Un autre tour d’imagination
dans ceux qui ont fait les lois vous aurait rendu pauvre ; et ce n’est que
cette rencontre de hasard qui vous a fait naître, avec la fantaisie des lois
favorables à votre égard, qui vous met en possession de tous ces biens. »
Néanmoins Dieu autorise le roi à l’être ce qui le légitime mais en aucun
cas ne prouve des qualités.
Le roi doit avoir la pensé double de l’homme et toujours avoir en tête sa
vraie nature tout en assurant son image extérieurement.