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Dissertation

Dissertation de philosophie : La politique est-elle le règne des passions ?

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Corrigé complet de dissertation de philosophie (niveau bac +1 / prépa littéraire) sur le sujet « La politique est-elle le règne des passions ? ». Une analyse claire et structurée qui permet de comprendre les enjeux du sujet, de construire une problématique solide et de maîtriser la méthode de la dissertation. Idéal pour progresser efficacement et gagner en rigueur.

Aperçu du contenu

La politique est-elle le règne des passions ?




Première partie




La politique apparaît comme le règne des passions, sa finalité étant de
créer dans la cité de l'unité grâce à des principes communs et ordonnateurs. En
cela, la politique est la construction d'un ordre dans les affaires humaines contre
le chaos des passions. La politique peut alors se definir comme la science ou
l'élaboration théorique de la condition de possibilité de la vie en commun des
humains contre le règne des passions individuelles et séparantes.

A. La politique est une science, elle est saisie du ou des principes
permettant aux humains de s'extraire du seul régime de la passion, qui rend
impossible l'établissement d'une cité unifiée. En ce sens, elle est « règne » sur
les passions par l'établissement d'un gouvernement et de lois communes à tous.
Cela signifie qu'elle ne qualifie pas d'abord tel ou tel régime politique mais ce
qui fait qu'un régime politique est capable de réaliser de l'unité ou du commun à
partir de la diversité des vies des particularités affectives de chaque individu. La
politique apparaît alors comme la recherche théorique des premiers principes
nécessaires à l'établissement d'une telle unité, non pas suppressive des
différences, mais les articulant en un corps commun ou en un tissu social. Pour
Platon, seul le savoir de la justice peut indiquer au politique, défini comme
gouvernement, ce qu'il faut faire si l'on veut une cité non disloquée ou marquée
en permanence par des dissensions et des violences internes. En effet, l'essence
de la justice, c'est d'harmoniser à partir de la différence, c'est d'articuler des
parties antagonistes en vue d'un tout qui est supérieur au simple assemblage des
parties. Dans la justice, le tout n'est pas réductible à la somme des parties : il est
une harmonie qui donne aux parties leur sens et leur place. Pour Platon, seul
l'homme qui connaît la justice peut commander la cité, dans le même sens que
seul celui qui connaît les lois théoriques de la maçonnerie peut devenir maçon.
Si l'unité de la cité accorde les individus entre eux sans les désindividualiser
pour autant, puisque chacun a une nature différente, cela suppose de les
arracher à leur part volatile et excitable, rétive à toute forme d'ordre collectif et
de leur donner une place dans le tout, par laquelle chacun peut s'accomplir. Pour
Platon, cette part excitable est « l'epithumia », c'est-à-dire la partie la plus molle
et la plus lâche de l'âme, s'attachant aveuglément à des objets, au détriment de

, la raison. Si elle trouble l'intériorité du sujet en le rendant créature des objets, et
non plus maîtresse d'elle-même, elle crée également le trouble dans la cité,
puisqu'elle oppose les individus entre eux, chacun voulant assouvir sa passion.
La tâche du politique est de remédier au désordre des passions par l'instauration
d'un mode de vie tempéré, ce qui suppose la domination des passions par la
raison. Dans le Livre IV de la République, Platon montre que le gouvernement
légitime est seulement celui qui sait assurer l'enchevêtrement harmonieux des
classes qui composent la cité au nom de l'Idée de justice. Cette harmonie n'est
rien d'autre que la combinaison symphonique à partir de la différence, seule
capable d'écarter le vrai péril pour une cité, à savoir les divisions et les guerres
internes. Par exemple, une cité qui accumule l'or et l'argent « contient deux cités
ennemies l'une de l'autre, celle des pauvres et celle des riches » (422e). La
politique véritable, fondée sur l'Idée de justice comme accord entre les parties
unifie l'homme de désirs toujours écartelé entre « mille objets divers » et unifie
en même temps la cité en l'organisant et en ordonnant les différentes classes
entre elles. La politique comme art de faire de l'un avec du multiple est ici
justifiée par un raisonnement (logismos), ce qui signifie qu'elle trouve sa
légitimité dans une argumentation accessible à tous et non dans l'imposition
d'un avis ou d'un point de vue d'un seul sur ce que serait l'ordre d'une cité. Elle
est donc ce qui s'oppose à l'opinion selon laquelle la politique serait seulement
un ordre arbitraire, fondé sur les passions les plus puissantes de quelques-uns.
La politique se distingue, et doit se distinguer, des seules luttes politiciennes.

B. Affirmer que la politique est le règne sur les passions, c'est la
distinguer des luttes politiciennes ou sophistiques, ne cherchant pas à justifier
leurs discours politiques par des arguments rationnels mais seulement à les
imposer par la force et la séduction. De tels discours sont démagogiques, au
sens où ils ne s'adressent qu'à la part passionnelle de l'individu en vue de
susciter l'adhésion, indépendamment de la préoccupation de la vérité. Contre
une telle réduction appauvrissante de la politique à une seule lutte pour le
pouvoir, Platon rappelle qu'il y a un sens plus grand et plus noble de la
politique, faisant d'elle l'art de tous les arts, puisque c'est elle qui permet
d'équilibrer et d'adoucir les cités, c'est-à-dire pour les humains de vivre les uns
avec les autres en vue d'un commun partagé, et non contre les autres. Elle est ce
qui établit un ordre vivable, dans lequel il est possible pour chaque sujet de
s'accomplir parce qu'il est membre d'un tout, et non seulement isolé en sa
passion. La science politique se meut dans l'élément de la rationalité, là où les
luttes politiciennes se meuvent dans l'élément des passions. Autrement dit, la
politique introduit de la mesure et de l'intelligibilité dans le chaos des affaires
humaines. En produisant ainsi de l'unité dans la société, la politique l'organise
selon des rapports proportionnés : chacun a sa place dans la Cité platonicienne,
parce qu'elle lui a appris à réguler par la tempérance la fougue de ses désirs. La

Infos sur le Document

Publié le
13 avril 2026
Nombre de pages
11
Écrit en
2025/2026
Type
Dissertation
Professeur(s)
Inconnu
Qualité
Très satisfaisant
4,98 €

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