Le réalisme
Cours de français
, “La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y
défilaient dans leur costume ordinaire, sans exciter d'émotion, de rire ou de rêverie. Il n'avait jamais
été curieux, disait-il, pendant qu'il habitait Rouen, d'aller voir au théâtre les acteurs de Paris. Il ne
savait ni nager, ni faire des armes, ni tirer le pistolet, et il ne put, un jour, lui expliquer un terme
d'équitation qu'elle avait rencontré dans un roman. Un homme, au contraire, ne devait-il pas, tout
connaître, exceller en des activités multiples, vous initier aux énergies de la passion, aux
raffinements de la vie, à tous les mystères ? Mais il n'enseignait rien, celui-là, ne savait rien, ne
souhaitait rien. Il la croyait heureuse ; et elle lui
en voulait de ce calme si bien assis, de cette pesanteur sereine, du bonheur même qu'elle lui
donnait.”
“Un homme, au moins, est libre ; il peut parcourir les passions et les pays, traverser les obstacles,
mordre aux bonheurs les plus lointains. Mais une femme est empêchée continuellement. Inerte et
flexible à la fois, elle a contre elle les mollesses de la chair avec les dépendances de la loi. Sa
volonté, comme le voile de son chapeau retenu par un cordon, palpite à tous les vents ; il y a toujours
quelque désir qui entraîne, quelque convenance qui retient.”
"Elle se répétait : ‘J’ai un amant ! un amant !’ se délectant à cette idée comme à celle d’une autre
adolescence qui lui reviendrait. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l’amour, cette fièvre
du bonheur dont elle avait désespéré. Elle entrait dans quelque chose de merveilleux où tout
serait passion, extase, délire ; une immensité bleue l’entourait, les sommets du sentiment
étincelaient sous sa pensée, et la vie ordinaire n’apparaissait qu’au loin, dans l’ombre, entre les
intervalles de ces hauteurs."
Cours de français
, “La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y
défilaient dans leur costume ordinaire, sans exciter d'émotion, de rire ou de rêverie. Il n'avait jamais
été curieux, disait-il, pendant qu'il habitait Rouen, d'aller voir au théâtre les acteurs de Paris. Il ne
savait ni nager, ni faire des armes, ni tirer le pistolet, et il ne put, un jour, lui expliquer un terme
d'équitation qu'elle avait rencontré dans un roman. Un homme, au contraire, ne devait-il pas, tout
connaître, exceller en des activités multiples, vous initier aux énergies de la passion, aux
raffinements de la vie, à tous les mystères ? Mais il n'enseignait rien, celui-là, ne savait rien, ne
souhaitait rien. Il la croyait heureuse ; et elle lui
en voulait de ce calme si bien assis, de cette pesanteur sereine, du bonheur même qu'elle lui
donnait.”
“Un homme, au moins, est libre ; il peut parcourir les passions et les pays, traverser les obstacles,
mordre aux bonheurs les plus lointains. Mais une femme est empêchée continuellement. Inerte et
flexible à la fois, elle a contre elle les mollesses de la chair avec les dépendances de la loi. Sa
volonté, comme le voile de son chapeau retenu par un cordon, palpite à tous les vents ; il y a toujours
quelque désir qui entraîne, quelque convenance qui retient.”
"Elle se répétait : ‘J’ai un amant ! un amant !’ se délectant à cette idée comme à celle d’une autre
adolescence qui lui reviendrait. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l’amour, cette fièvre
du bonheur dont elle avait désespéré. Elle entrait dans quelque chose de merveilleux où tout
serait passion, extase, délire ; une immensité bleue l’entourait, les sommets du sentiment
étincelaient sous sa pensée, et la vie ordinaire n’apparaissait qu’au loin, dans l’ombre, entre les
intervalles de ces hauteurs."