La Première République (1792-1804) et la Deuxième République (1848-1852) ont conduit à la mise en place
d’un régime impérial et autoritaire. Contrairement à ses deux ainées, la Troisième République (1870-1940)
trouve enfin le secret de la durée : elle propose de constituer une nation, unie autour d’un idéal républicain.
Malgré les oppositions qu’elle rencontre, comment la Troisième République regroupe-t-elle les Français
autour d’un projet politique commun ?
I. La fondation de la République (1870-1879)
A. L'humiliante défaite face à la Prusse (1870)
1. La défaite de Sedan et la proclamation de la République
Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Le 2 septembre 1870 à Sedan, l'empereur des
Français Napoléon III est capturé par l'armée prussienne. La nouvelle parvient à Paris. Les députés de
l'opposition républicaine, comme Léon Gambetta ou Jules Ferry, proclament alors la déchéance du Second
Empire et l'avènement de la République (4 septembre 1870). Soutenus par une foule de plus de 100 000
personnes, ils décident de former un “gouvernement de Défense nationale”. Ce changement de régime
s'effectue sans insurrection générale ni émeute.
2. La poursuite de la guerre à l’humiliation
Les Prussiens encerclent la capitale. Paris a faim, Paris a froid. Le gouvernement appelle les Parisiens à
s'enrôler dans la garde nationale : environ 250 000 volontaires, appartenant à toutes les catégories sociales,
défendent la ville avec un héroïsme réel.
Cependant, en province, la situation militaire se dégrade. Malgré l'opposition de Gambetta, le gouvernement
se résout à signer l'armistice avec l'Allemagne (26 janvier 1871), qui impose l'annexion de l'Alsace et de la
Moselle. C'est l'humiliation.
B. La Commune de Paris : une guerre civile (1871)
1. Le retour des monarchistes au pouvoir exaspère la population parisienne
Des élections législatives portent au pouvoir les monarchistes, qui choisissent Adolphe Thiers comme chef du
gouvernement. Thiers autorise l'armée allemande à défiler triomphalement dans Paris, il choisit Versailles
comme nouvelle capitale et ne verse plus les salaires de la garde nationale. Il est décidé à signer la paix avec
l'Allemagne.
Contrairement à la province, Paris a voté massivement en faveur des candidats républicains et pour la
poursuite de la guerre et s'oppose aux décisions de Thiers. En réaction, la majorité des bataillons de la garde
nationale refuse de se soumettre à l'autorité des Versaillais.
2. La Commune de Paris face aux “Versaillais”
Le 18 mars 1871, le drame éclate. Thiers ordonne de s'emparer des canons de la garde nationale sur la butte
Montmartre. Furieux, les Parisiens s’opposent, à l'image de Louise Michel. Thiers ordonne à ses troupes de se
retirer de la ville, pour en faire le siège. La ville entière se révolte et élit les représentants de la Commune de
Paris qui adoptent le drapeau rouge en remplacement du drapeau tricolore.