En 1814, après la défaite de Napoléon Ier, les anciennes monarchies ouvrent une période de reconstruction de
l'ordre européen. Cette restauration n'est pas intégrale, car la domination française, qui a duré plus de vingt
ans, a largement diffusé les idéaux révolutionnaires. Au nom des libertés et des nations, de nouvelles
révolutions éclatent.
Pourquoi le retour à l'ordre voulu par les rois déclenche-t-il des révolutions après 1814 ?
I. L'ordre des princes face aux idées nouvelles (1815-1830)
A. Une “réaction” à la Révolution française
1. Le congrès de Vienne : une diplomatie d'équilibre
De septembre 1814 à juin 1815, les puissances victorieuses de Napoléon Ier se réunissent en congrès afin
d'effacer les traces de la domination française. C'est à Vienne, au centre de l'Europe, en Autriche, autour du
chancelier Metternich, que les diplomates remodèlent les frontières des États et réinstallent des princes au
pouvoir.
Le “concert européen” réunit périodiquement en congrès les quatre grandes puissances. Autour du Royaume-
Uni, la Prusse, l'Autriche et la Russie cherchent à rééquilibrer l'influence française sur le continent. L'essor de
cette nouvelle diplomatie est censé préserver la paix entre les Etats.
2. La Sainte-Alliance : un système répressif
Pour stabiliser cet ordre, les principales puissances signent le traité de la Sainte-Alliance. Ils y affirment
l'origine divine du pouvoir des rois et l'obligation faite aux peuples d'obéir à leur pouvoir absolu. Les
monarques coordonnent leurs interventions militaires et s'entraident.
Les princes poursuivent la modernisation de leurs armées. Les polices politiques se développent pour
écouter, surveiller et censurer, car les peuples ne sont pas tous, loin s'en faut, ralliés et soumis à leur autorité.
B. Une restauration : les rois au-dessus des peuples
1. La volonté des princes : refermer la Révolution française
Cette restauration se veut un retour aux principes antérieurs à 1789. Soutenus par un courant contre-
révolutionnaire appuyé sur les valeurs religieuses et traditionnelles, les souverains retrouvent leurs trônes et
toute autorité sur leurs sujets. Leurs royaumes sont considérés comme leurs propriétés, ils en définissent
entre eux les frontières.
Le sentiment national qui s'était déjà exprimé contre Napoléon est donc à nouveau nié. La Pologne est ainsi
partagée entre la Prusse, l'Autriche et la Russie. La péninsule italienne, elle, est fragmentée en de multiples
États, le nord passant sous la domination autrichienne. Le pape, depuis Rome, gouverne alors un grand Etat en
Italie centrale.
2. La volonté des peuples : liberté et nation
Les libéraux exigent des Constitutions et la reconnaissance des libertés individuelles, comme en Angleterre.
Ils cherchent à former l'opinion au-delà des bourgeoisies : tracts, chansons et caricatures contournent la
censure.